Ecoutez les voix de vos écrivains russes préférés en français

Des enregistrements exclusifs des voix de deux grands écrivains russes, dont les œuvres ont marqué les XIXe et XXe siècles : Boris Pasternak (l'auteur du Docteur Jivago) et Léon Tolstoï (Guerre et Paix, Anna Karénine...)

Sur cet enregistrement réalisé à Moscou, on entend Boris Pasternak parler français. Dans un discours qui s’adresse à de jeunes musiciens français étudiant en Russie, le poète parle de ce qu’il y a de plus important dans son travail : « la grandeur en toutes choses ». Un principe qu’il honorera toute sa vie. Source : les archives de la bibliothèque électronique ImWerden

Boris Pasternak (1890-1960) est un poète et écrivain russe. Dans les années 20 du siècle dernier, le jeune poète, compositeur et philosophe Boris Pasternak est connu non seulement en Russie, mais aussi à l’étranger. Il publié activement en Russie et se rend souvent en Europe où il a de la famille. Au cours de sa vie, il se lie d’amitié avec Rainer Maria Rilke, entretient une correspondance avec la poétesse russe en émigration Marina Tsvetaïeva. Cependant, Pasternak ne voit pas la vie en rose : en Russie, nombre de ses amis connaissent la répression et, à l’époque, la pression idéologique exercée sur les écrivains se renforce. Pasternak tombe dans la dépression. Amaigri, au bord de la crise de nerfs, il est envoyé en 1935 au Congrès international des écrivains pour la paix à Paris. Au début, les responsables soviétiques pour la culture refusent de l’accepter en tant que membre de la délégation qui se compose d’auteurs anonymes et peu doués, mais idéologiquement fiables. Cependant, les frères Mann et André Malraux qui participent au congrès déclarent que sans Pasternak, grand poète de son temps maîtrisant plusieurs langues européennes qui n’appartient à aucun parti ni ne cautionne celui des Bolcheviks, la représentation de l’URSS ne sera pas totale. Durant le voyage, un costume neuf lui est fabriqué spécialement pour l’occasion. En réalité, l’écrivain, pourtant si célèbre, est tellement pauvre qu’il n’avait rien à se mettre pour passer la frontière.

Une fois en France, Pasternak comprend dans quel but on l’a envoyé à Paris : on attend de lui qu’il raconte aux européens combien l’URSS respecte les droits de l’homme et soutient la culture. Le chef de la délégation russe Ilya Erhenbourg déchire le discours de Pasternak et lui remet celui préparé par le Parti. Lorsqu’il monte sur la scène, Pasternak est surpris de l’accueil chaleureux et enthousiaste du public : il reçoit une standing ovation de 15 minutes. Une vraie star ! Et au lieu de débiter le discours officiel qu’on lui a remis, il se met à parler de poésie. Car elle participe au bonheur et qu’elle est partout, littéralement sous nos pieds, il suffit de l’observer. Il signe là son dernier voyage à l’étranger. L’année suivante, commence sa persécution, qui durera jusqu’à sa mort. Sous la pression des autorités soviétiques, il est contraint de refuser le prix Nobel de littérature, attribué pour son roman magistral Le Docteur Jivago. Mais pour le reste du monde, il restera le lauréat du prix Nobel de littérature et l’un des plus grands poètes russes du 20e siècle.

Sur cet enregistrement, Tolstoï lit un extrait de son article en français « Qu’est-ce que la religion et quelle est son essence ? ». L’enregistrement a été réalisé dans le domaine de l’écrivain à Iasnaïa Poliana en 1909, un an avant sa mort. Source : les archives de la bibliothèque électronique ImWerden

Léon Tolstoï (1828-1910) est sans doute l’écrivain russe le plus connu en Europe. Dans sa jeunesse, le comte Tolstoï vit une vie insouciante, se contentant de sa modeste popularité littéraire. Tout change après le service militaire, qu’il effectue dans le Caucase, et sa participation à la guerre de Crimée. Tolstoï passe presqu’un an à Sébastopol, alors que la ville est assiégée par la coalition qui comprend la Grande-Bretagne, la France et l’Empire Ottoman. Il décrira cette expérience dans ses Récits de Sébastopol. Il y raconte les atrocités et la dureté de la vie dans les tranchées et de l’héroïsme des soldats russes qui ont ému la Russie, récompensés par le Tsar Alexandre II en personne. Grâce à ses récits, Tolstoï rencontre enfin le succès.

A son retour, Tosltoï épouse Sophie Bers, amie fidèle et véritable conseillère de ses oeuvres littéraire. Durant ses années de mariage, Tosltoï écrit ses oeuvres majeures : les romans Guerre et Paix et Anna Karénine, qui feront de lui l’écrivain russe le plus connu et le plus apprécié.

En janvier 1908, Tolstoï reçoit un cadeau de Tomas Edison : un phonographe (de son invention) qui sera immédiatement mis au service de l’écriture. Tolstoï affirmait que parfois, il avait « envie, en lisant sa lettre, de répondre là, tout de suite, spontanément, mais répondre au phonographe était plus facile et plus rapide que de poser une réponse sur du papier ».

 

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