La Russie est de retour à Villefranche-sur-Mer

De g. à dr.:  Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, Gérard Grosgogeat, maire de Villefranche-sur-Mer, et Alexandre Troubetzkoï, président exécutif du Dialogue Franco-Russe. Crédit : Dialogue franco-russe

De g. à dr.: Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, Gérard Grosgogeat, maire de Villefranche-sur-Mer, et Alexandre Troubetzkoï, président exécutif du Dialogue Franco-Russe. Crédit : Dialogue franco-russe

Le 28 janvier 2014 un mémorandum sur la Fondation franco-russe a été signé à Villefranche-sur-Mer par Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, Gérard Grosgogeat, maire de Villefranche-sur-Mer, et Alexandre Troubetzkoï, président exécutif du Dialogue Franco-Russe.

Cette Fondation est destinée à entretenir et renforcer les liens existants entre la Commune et la Russie et soutenir de nouveaux projets culturels et scientifique communes. Dans l’avenir proche des résidences d’artistes, 4 au moins, seront proposées à de jeunes artistes russes, sur place, à Villefranche. Un prix littéraire devrait, également, être annuellement décerné. Un événement culturel de référence sera organisé sous l’égide de la Fondation tous les ans. En 2015, notamment, une grande exposition d’art contemporain aura lieu à Moscou à l'occasion du Salon international.

Le nom de Villefranche-sur-Mer, une petite ville, située entre Nice et Monaco, n’est pas méconnu aux Russes. Et pas uniquement parce que le milliardaire Mikhaïl Prokhorov y a perdu en 2009 39 millions d'euros, suite à la vente avortée d'une des plus somptueuses demeures de la Côte d'Azur, la villa Leopolda. En effet, la présence russe à Villefranche-sur-Mer remonte à la fin du XVIIIe siècle.

La rade de Villefranche est un des ports naturels les plus profonds de la Méditerranée occidentale, elle offre un mouillage sûr à l’abri des vents et accueille aujourd’hui de nombreux navires de croisière. En 1770, une escadre russe sous le commandement du comte Alexis Orlov (le frère du favori de Catherine II, Grigori Orlov) a fait escale dans la rade de Villefranche. C'est de là qu'elle est partie pour la célèbre bataille de Tchesmé, grande victoire russe sur la Turquie.

L’intérêt stratégique de la rade n’avait pas échappé aux autorités maritimes russes de l’époque, qui y mouillaient à chaque conflit avec la Turquie. Après la catastrophique guerre de Crimée en 1856, la Russie a perdu l'accès à la Méditerranée par le Bosphore. Nice n'est pas encore française à cette époque et c’est le roi de Piémont-Sardaigne Victor Emmanuel II qui rend visite à l'impératrice douairière Alexandra Fédorovna à Nice pour évoquer la possibilité d'une concession de la rade de Villefranche à la Russie. Les pourparlers aboutissent et Villefranche devient une base navale russe avec un dépôt de vivres et combustibles. Cela a provoqué la construction d’infrastructures importantes, notamment la route qui relie Nice à Villefranche par le bord de mer. Et c’est encore Alexandra Fédorovna qui a aidé à financer la construction de la route. Pour son inauguration, un arc de triomphe orné de mimosa avait été érigé, et l'impératrice était conviée à couper le ruban symbolique. En 1996 un boulevard portant son nom a été inauguré à Villefranche.

Lorsque Nice est rattachée à la France en 1860, Napoléon III ne remet pas en cause la concession accordée par le roi de Sardaigne et Villefranche reste une base russe jusqu'à la fin des années 1870. Elle devient également le lieu de villégiature prisé par les aristocraties russes.

La dernière visite officielle d'un membre de la famille Romanov a eu lieu au début du XX siècle. Le grand-duc Boris Vladimirovitch a alors reçu le président Loubet à bord du croiseur Avrora (Aurore), le futur symbole du coup d'Etat d'octobre 1917 aujourd'hui ancré à Saint-Pétersbourg.

Dans les années 1880, les Russes ont fondé à Villefranche un institut zoologique marin qui existe encore de nos jours, mais c'est l'université Paris VI et le CNRS qui en ont la charge.

Une équipe de scientifiques russes remplace les militaires pour pratiquer des recherches océanographiques en profitant de la présence d’un courant ascendant de la rade. Ces études, financées par la Russie, malgré les aléas politiques entre les deux nations, se poursuivent jusqu’aux années 1930.

Les créations d’Elsa ont fascinés les plus grands stylistes, joailliers et photographes d’art. Crédit : service de presse

Pour marquer la relances des échanges qui ont une ci belle histoire, une exposition exceptionnelle « Elsa Triolet, les bijoux », est présentée par la Fondation du 24 janvier au 10 février dans la Citadelle de Villefranche-sur-Mer. Cette exposition fait découvrir au public la collection restaurée de colliers et bijoux créés dans les années 1930 par Elsa Triolet, écrivaine française d’origine russe, la muse de Louis Aragon. Des parures ont été commandées à l’artiste par les plus grands couturiers, de Poiret à Schiaparelli en passant par Vionnet etMolyneux. Les créations d’Elsa ont fascinés les plus grands stylistes, joailliers et photographes d’art, par leur créativité et leur originalité, y compris dans les matériaux utilisés :  noix de coco, os, pâte à papier mâchée, métal, strass, nacre, porcelaine, perles, bakélite, cuir ou boules de cotillon.

L’exposition partira ensuite à l’Espace Cardin, puis sur les Champs Elysées, à Paris, pour le Salon international : un défilé de mode de créations de l’époque les mettra en scène, grâce à 30 robes d’exception.

 

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