Honfleur, une ville cinéphile et russophile

La promenade dans les rues de Honfleur met en évidence que le festival du cinéma russe ne laisse pas indifférents les commerçants de la ville. Crédit : Maria Tchobanov

La promenade dans les rues de Honfleur met en évidence que le festival du cinéma russe ne laisse pas indifférents les commerçants de la ville. Crédit : Maria Tchobanov

Très apprécié par les cinéastes russes et cinéphiles français, le Festival du cinéma russe a aussi une place non négligeable dans la vie économique de Honfleur.

Tous les ans, depuis 1995, au mois de novembre lacharmante ville de Honfleur (Basse-Normandie) se transforme, pour une semaine, en un haut lieu du cinéma russe en Europe. C’est ici que se tient le plus grand festival de France consacré au cinéma russe. Organisé par l’Association des Amis du Festival, cet événement culturel a depuis longtemps percé le cercle réduit des cinéphiles russophiles et a sugagner l’attention d’un public non initié, ignorant tout sur Eisenstein ou Tarkovski.

En dehors de son rôle de propulseur du cinéma russe en France, et plus largement, en Europe, le festival a déclenché l’intérêt particulier des Russes pour la ville et la région. Le maire de Honfleur Michel Lamarre est convaincu que le festival a contribué à la popularité de la ville auprès des voyageurs russes. « S’il fallait investir dans une campagne via les médias russes pour faire connaître Honfleur en Russie, ce serait beaucoup plus cher que cela coûte de recevoir les festivaliers. Il y a le retour sur l’investissement au niveau médiatique : tous ces reportages à la télé et dans la presse autour du festival et les stars du cinéma se déclinent par l’affluence des visiteurs en provenance de Russie tout au long de l’année. Il est évident, que cet événement est intéressant économiquement », dit-il.

La promenade dans les rues de Honfleur met en évidence que le festival du cinéma russe ne laisse pas indifférents les commerçants de la ville.  « - 15% pour les festivaliers », « Ici le menu est en russe », ou encore « Promotions spéciales Festival russe », peut-on lire sur les vitrines.

Julien, le serveur au restaurant L’Alcyone. Crédit : Maria Tchobanov

Le restaurant traditionnel L’Alcyone affiche en grand « Café Paris-Moscou » et décore les vitres de la terrasse avec des dessins de poupées russes. Pour une semaine, il se transforme en une sorte de cantine officielle des stars du cinéma russe et lieu des rencontres des festivaliers. Les repas sont servis jusqu’à très tard le soir, après les dernières projections.

Julien, serveur à L’Alcyone depuis deux ans, trouve beaucoup plus qu’un simple intérêt économique dans cette alliance avec le festival. « Bien sûr, le festival nous ramène plus de clientèle en cette période de basse saison, mais il nous permet aussi d’apprendre beaucoup de choses sur les autres. Nous y voyons des gens d’un peu partout », dit-il.

Sandrine Bertrand, la gérante de Le Bistrot du Port. Crédit : Maria Tchobanov

Dans Le Bistrot du Port, situé à deux pas du Grenier à Sel qui accueille le festival, la gérante Sandrine Bertrand reçoit les clients russes voici déjà plusieurs années. « Depuis quelque temps, nous avons davantage de Russes tout au long de l’année, et au moment du festival ces trois dernières années nous en avons beaucoup. C’est très intéressant d’avoir ce genre de clientèle en cette période : nous sommes beaucoup plus disponibles et à l’écoute de ces clients, on a le temps pour les comprendre et répondre à leurs attentes. Les Russes dépensent beaucoup plus, par rapport à nos clients habituels. Ils apprécient beaucoup les produits de la mer et ils aiment bien découvrir, ils vont de l’avant. C’est une très bonne clientèle et je les sens beaucoup plus ouverts par rapport a il y a quelques années », avoue Sandrine.

Magaly, la propriétaire d'une boutique alimentaire. Crédit : Maria Tchobanov

Magaly, la propriétaire de la boutique alimentaire à proximité du Vieux Bassin, distingue les Russes par leur demande de produits de luxe, comme le foie gras, le calvados, mais elle est étonnée de ne pas voir les Russes se jeter sur les alcools forts, malgré leur réputation. « On a parfois des clichés qui ne se confirment pas en réalité », remarque la commerçante.

Elodie, la réceptionniste de l’Hôtel du Dauphin. Crédit : Maria Tchobanov

Elodie, la réceptionniste de l’Hôtel du Dauphin avoue également que tous ses a priori sur les Russes ont disparu, depuis que l’hôtel accueille les festivaliers. « Je trouve les Russes très sympathiques. Nous ne les connaissions pas beaucoup avant ce festival. C’est un immense plaisir pour moi de revoir les Russes chaque année en cette période, autrement triste, cela crée une certaine ambiance, et économiquement c’est intéressant pour l’hôtel. Les deux années dernières, les 50 chambres de nos deux hôtels ont toutes été occupées pendant le festival, cette année il y en a moins. L'association avec le festival est très avantageuse, parce qu’en cette basse période l’hotel restait quasiment vide », témoigne Elodie.

Michel Lamarre espère renforcer davantage ce pont qui relie sa ville à la Russie. Lors de la remise des prix du 21e Festival du cinéma russe de Honfleur le 30 novembre dernier, il a annoncé le projet de jumelage avec la ville de Pliosse, une petite et pittoresque bourgade russe sur la fleuve Volga. Et il n'est pas à court d'idées. La ville veut créer un lieu d’accueil pour des artistes russes désirant venir s’inspirer en Normandie, sur les traces des peintres russes du mouvement Peredvizhniki qui, à la fin du XIXe siècle, ont jeté leur dévolu sur le village Veules-les-Roses (Haute-Normandie). Et il ne faudra pas s’étonner si un hôtel 5 étoiles émerge prochainement à Honfleur pour accueillir les clients russes aisés.

 

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