Le châle d’Orenbourg: l'art du tissage porté à sa perfection

Les châles d’Orenbourg, souvent imités, jamais égalés. Crédit photo :  Lori / Legion media

Les châles d’Orenbourg, souvent imités, jamais égalés. Crédit photo : Lori / Legion media

En 1958, la région d’Orenbourg était représentée à l’Exposition Universelle de Bruxelles par ses châles. Ce fut justement le cadeau officiel choisi pour la Reine de Belgique.

La région d’Orenbourg compte une race de chèvres unique au poil très doux et résistant. Elles sont parfaitement adaptées au grands froids et aux rudes hivers de la région. L’épaisseur du poil et de 17 microns, 4 fois plus fin qu’un cheveu humain et 1,5 moins que le poil de l'angora.

L’art du tissage de ce poil fin est apparu il y a 250 ans. Les vêtements en poil de chèvre avaient fait impression sur les cosaques Ïaitsky, venus s’installer dans cette ville forteresse.

Ce qui a frappé avant tout les nouveaux arrivants, c’est cette capacité des Kalmuks et des Kazakhs de résister au grands froids (souvent -40 degrés) dans des vêtements qui semblaient assez légers.

Une fois leur secret percé, les cosaques ont commencé à troquer ces vêtements avec les éleveurs contre du thé et du tabac. Avec le temps, les tisseuses kazakhes de l’Oural ont adapté les techniques de tissage, du tissage « serré » elles sont passées à la trame en dentelle et aux points de broderie.

C’est ainsi que les châles d’Orenbourg ont acquis leur réputation internationale, présentés pour la première fois à l’étranger en 1857 à l’exposition Universelle de Paris. Mais leur renommée est venue tard, juste avant la chute de l’Empire russe à la fin du XIXème siècle.

À l’époque, les marques anglo-saxonnes utilisaient des étiquettes « à la Orenbourg » pour désigner les imitations, tant les châles d’origine coûtaient cher.

Il n’y a que trois sortes de foulards : le simple (le châle), la « toile d’araignée » et le « palantine ». Les deux derniers sont particulièrement fins, ajourés avec des motifs élaborés.

Les meilleures tisseuses se trouvent dans les village de Jeltoe et Chichma. Malgré leur grande dimension (la taille standard est de 210x210 cm), la « toile d’araignée » peut tenir dans la coquille d’un œuf d’oie ou même passer par une bague de fiançailles – c’est comme ça au siècle dernier que l’on vérifiait l’authenticité du châle.

Ils sont tissés avec du fil de soie (2/3 poil et 1/3 de soie). Il faut compter un mois pour la fabrication d’un tel foulard.

Mais tous ne sont pas faits à la main. Dans la région d’Orenbourg, il y a plusieurs fabriques où ils sont tissés à l’aide de machines. Ils coûtent moins cher mais le tissage est moins fin et leurs motifs ne sont pas uniques.

Les châles sont très variés et portent des noms simples : en sapins, en patte de chat, en framboisette, en damier, etc. Selon la difficulté d’élaboration et les dimensions, le prix d’un tel foulard peut varier de 100 à 1500 euros. Les châles faits à la main n’existent que dans des couleurs naturelles : blanc, marron et gris.

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