Le grand retour de Pierre Lacotte au Bolchoï

Les danseurs français Mathias Heymann et Ludmila Pagliero dans le ballet Paquita. Crédit photo : AFP / EastNews

Les danseurs français Mathias Heymann et Ludmila Pagliero dans le ballet Paquita. Crédit photo : AFP / EastNews

C’est avec le ballet « Marco Spada », qui mit en vedette Rudolf Noureev dans les années 1980, que Lacotte revient au théâtre Bolchoï dont il avait fait le gala de réouverture en 2011.

À l’origine, l’œuvre avait été présentée à l’Opéra de Paris en 1857, mise en scène par Joseph Mazilier sur une musique de Daniel Auber.

Exhumé par Pierre Lacotte il y a trente ans pour l’Opéra de Rome – avec Noureev dans le rôle-titre –, Marco Spada fait aujourd’hui l’objet d’une nouvelle version pour le grand théâtre moscovite. C’est la première fois qu’il sera représenté en Russie. 

« C’est un ballet à la fois magnifique et complexe », commente le metteur en scène dans le journal Izvestia

« Bien que ce soit un ballet classique, l’action se passe à la fois dans un château, dans la rue et à la campagne. Il se passe tout le temps quelque chose, comme au cinéma. Je pense que le public sera agréablement surpris ».

Passionné par la danse depuis l’enfance, Pierre Lacotte a d’abord commencé comme petit rat à l’Opéra de Paris où il côtoie les danseurs Serge Lifar – qui sera un temps son parrain au sein de l’institution – et George Balanchine.

Sa rencontre avec Lioubov Egorova influencera l’ensemble de sa carrière : l’ancienne ballerine du Mariinsky, émigrée en France à la Révolution, décèle chez le jeune homme le talent requis pour le ballet classique et lui fait jurer de se consacrer à cet art. 

Fasciné par La Sylphide et son interprète féminine, la danseuse Marie Taglioni, Pierre Lacotte rêve de ressusciter ce ballet romantique. C’est chose faite en 1971.

Dès lors, il consacre son travail à ce patrimoine enfoui, s’attachant à reconstituer des œuvres du passé, parmi lesquelles Paquita (1846), recréé pour l’Opéra de Paris en 2001. La troupe est passée par Novossibirsk en 2010 avant de donner plusieurs représentations au Bolchoï le mois dernier. 

« Je me sens proche des Russes, aussi bien du public que des danseurs », confie à Izvestia le chorégraphe. En 2000, il donne à Svetlana Zakharova le premier rôle de La Fille du pharaon, monté pour le Bolchoï.

Quelques années plus tard, Lacotte s’entiche d’une autre ballerine, Evguénia Obraz­tsova, aperçue dans Les Poupées russes de Cédric Klapisch. L’étoile russe, qui excelle dans La Sylphide, devient l’une de ses interprètes privilégiées. 

Infatigable, le chorégraphe de 71 ans a reçu en 2012 une distinction spéciale du jury du Prix Benois, une récompense honorant son apport considérable à la connaissance du ballet du XIXème siècle.

Lisez plus sur le ballet russe

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.