« Les deux baptêmes de la Russie » en photos

Située dans la station du métro de Moscou Vystavotchnaïa, dans le quartier d’affaires Moskva-City, la galerie de photographie Métro peut rivaliser avec les salles d’expositions les plus fréquentées de la capitale russe. Crédit : Itar-Tass

Située dans la station du métro de Moscou Vystavotchnaïa, dans le quartier d’affaires Moskva-City, la galerie de photographie Métro peut rivaliser avec les salles d’expositions les plus fréquentées de la capitale russe. Crédit : Itar-Tass

L’exposition « Les deux baptêmes de la Russie », consacrée à l’époque moderne de l’orthodoxie russe, ouvre ses portes à Moscou.

Située dans la station du métro de Moscou Vystavotchnaïa, dans le quartier d’affaires Moskva-City, la galerie de photographie Métro peut rivaliser avec les salles d’expositions les plus fréquentées de la capitale russe. Des passagers visitent souvent la galerie en attendant leur train.

Cette fois, Métro accueille une exposition très particulière. Appelée « Les deux baptêmes de la Russie », l’exposition est consacrée à la fois au 1025ème anniversaire du baptême de la Russie (début de la christianisation du pays, célébré officiellement le 28 juillet - ndlr) et au 25ème anniversaire de la renaissance de l’orthodoxie sur le territoire de l’ex-URSS, souvent appelée « le second baptême ». Les 30 photos prises durant les 25 dernières années, présentent la vie de l’Église orthodoxe russe à travers le pays : les prières, les activités de bienfaisance, les portraits du clergé et des paroissiens. L’exposition a été organisée grâce à la coopération entre le magazine orthodoxe Foma, le département de presse du Synode de l’Église orthodoxe russe et le Métro de Moscou.

En juin 1988, l’URSS organise des célébrations à l’occasion du 1000ème anniversaire du baptême de la Russie. C’était un événement extraordinaire : pour la première fois dans l’histoire de l’Union soviétique, une fête religieuse fut célébrée officiellement. Il s’agissait d’un point tournant pour les relations entre l’État et l’église : les autorités ont finalement rendu hommage à l’importance de l’Église orthodoxe dans la vie et l’histoire de la Russie. Cette même année, le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a rencontré le Patriarche Pimène Ier, annonçant que la perestroïka a rendu possible et même désirable la participation de l’église dans la vie de la société soviétique.

Sur les photos de Roman Iarovitsine l’on voit l’arrivée des reliques de Séraphim de Sarov, un des Saints orthodoxes russes les plus populaires, au monastère de Diveevo. L’histoire des reliques de Saint Séraphim est très symbolique et représente en effet l’histoire de l’Église orthodoxe russe en URSS. Durant les années 1920, le monastère de Diveevo, fondé par Saint Séraphim, fut liquidé et son temple, contenant ses reliques, fut démoli. Les reliques n’ont été trouvées qu’en 1991, dans le musée de l’histoire de la religion et de l’athéisme de Saint-Pétersbourg. Elles ont été reconstituées à l’Église et transportées à la Cathédrale de l’Épiphanie de Moscou, attirant des milliers de croyants orthodoxes. Puis, les reliques entament leur retour à Diveevo qui prend un mois; au cours de ce voyage, le Patriarche Alexis II organise dans chaque ville et monastère des rites consacrés au Saint. Le 1 août 1991, Journée de commémoration du Saint Séraphim, les reliques sont restituées au monastère de Diveevo; la cérémonie est assistée par des milliers de croyants.

C’est depuis ce moment-là que le public russe commence à s’intéresser à l’orthodoxie et à la vie de l’église. Les temples sont restaurés dans tout le pays. L’Église proposait aux citoyens une aide spirituelle, leur donnant de l’espoir pour la normalisation de la vie durant l’époque chaotique de la dissolution de l’Union soviétique.

Sur les photos du célèbre parachutiste russe Piotr Zadirov l’on peut voir l’Église de la Trinité de l’île du Roi-George en Antarctique, le temple orthodoxe le plus méridionale. Cette église en cèdre a été construite dans l’Altaï russe, puis démontée et transportée vers l’Antarctique avant d’être à nouveau assemblée.

Le photographe Maksim Vorobiov a capturé la Procession de Velikoretsky, une des traditions orthodoxes restaurées au début du XXIème siècle. Les croyants portant l’icône de Nicolas de Myre, vont de la ville de Viatka, qui hébergeait le temple avec l’icône, perdu en 1924 après sa destruction, au village de Velikoretskoïe, traversant 150 km à pied. Les pèlerins passent les nuits dehors. En 2010, plus de 32.000 personnes ont pris part à la cérémonie.

Les photos de Vladimir Echtokine, correspondant du magazine Foma, montrent la vie moderne de l’église orthodoxe. On voit une sœur de charité dans un orphelinat et les gens distribuant de l’aide humanitaire, recueillie par l’Église pour les sinistrés de l’inondation de 2012 en Russie. Sergueï Teterine a pris une cérémonie dans le temple de l’orphelinat pour les enfants sourds et aveugles de la ville de Serguiev Possad . On voit également le prêtre Dmitri Loukianov qui dirige un service sur la côte de l’océan Antarctique; des enfants souriant durant une journée glaciale devant un temple orthodoxe en Sibérie (photo de Sergueï Klimtsov); et le retour d’une croix sanctifiée des îles Solovki à l’ex-Polygone de Boutovo à Moscou, site d’exécutions de masse et d’enterrement des victimes de la répression stalinienne, y compris de nombreux prêtres orthodoxes (photo de Sergueï Goubatchiov).

Bien évidemment, aucune photo ne montre les récents scandales liés à l’Église orthodoxe. Cependant, l’exposition ne semble pas du tout trop officielle ou partiale. Les organisateurs ont trouvé un bon équilibre entre les reportages officiels, la photographie artistique, les photos ethnographiques et les images d’archives. Sur les portraits, on voit des gens vivants qui ont choisi une vie spirituelle.

L’exposition est ouverte jusqu’au 10 septembre durant les heures d’ouverture du métro.

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