Le métro au cinéma

Le film-catastrophe Métro. Source : kinopoisk.ru

Le film-catastrophe Métro. Source : kinopoisk.ru

« Métro », le premier film-catastrophe de fabrication locale depuis le hit de 1979, « Equipage », joue sur la peur que suscite réellement le métro chez les citadins, des attaques terroristes des dernières années, à la cohue suffocante de l’heure de pointe. Le métro est un personnage à part entière du film. Déjà, à l’époque soviétique, le métro était souvent utilisé au cinéma, porteur d’une signification idéologique.

Le film-catastrophe Métro, montrant des voyageurs moscovites qui cherchent à échapper à une inondation torrentielle du réseau souterrain, a eu un succès immense au boxoffice. Acclamé par la critique, il a rapporté 3,5 millions d’euros dès le premier week-end en salles. Trois semaines après sa sortie, il avait déjà réuni 7,8 millions d’euros, ce qui est un bon chiffre pour le marché russe.

Les créateurs du long-métrage ont fait un choix judicieux en prenant le métro pour cadre, et en s’inscrivant ainsi dans une longue lignée de films qui ont utilisé le métro comme élément essentiel. Les scènes, très réalistes, ont été tournées dans le métro légèrement plus décrépi de Samara, plutôt qu’à Moscou.

« Ça ruissèle de partout, nous n’avons pas eu besoin d’ajouter des effets de synthèse », a blagué le réalisateur Anton Megerdichev, lors d’une conférence de presse.

Le chaos contre l’ordre

Trois ans après son inauguration en 1953, le métro de Moscou avait déjà le premier rôle dans Novaya Moskva (Nouvelle Moscou) d’Alexandre Medvedkin, le périple d’un ingénieur de province dans la capitale.

Le métro était présenté comme le symbole de la nouvelle cité que les bolcheviks étaient en train de créer : économique, rapide et beau, par antithèse au reste du pays, en dehors de Moscou, encore représenté comme chaotique.

Une scène en particulier résume bien le nouvel ordre incarné par le métro, quand une employée de kolkhoze est obligée d’envelopper son porcelet dans du papier avant de pouvoir entrer dans le métro avec l’animal.

Le film « Dobrovoltsy » (les volontaires) de Iouri Egorov (1958) chronique la vie des constructeurs du métro entre les années 30 et 50, en montrant comment leurs caractères se forgent dans le processus. Une scène de passagers mécontents dans un tramway bondé renforce l’importance du travail des constructeurs du métro.

Le film « Dobrovoltsy » (les volontaires) (1958). Source : kinopoisk.ru

Sans doute le plus célèbre et le plus adulé des films sur le métro est Romance à Moscou de Guéorgui Danielia, avec Nikita Mikhalkov, qui y incarne Kolka, un constructeur de métro. A la fin du film, Kolka monte sur l’escalator à la station Universitet, en chantant la chanson titre, après avoir réuni deux amoureux.

C’est un jeune insouciant mais un travailleur efficace, pressé de faire le bien pour ses amis et sa patrie, écrit le professeur Brigitte Beumers dans un article sur le métro et le cinéma russe. 

Dans d’autres films, comme Moscou ne croit pas aux larmes, le métro est présent, mais ne joue pas le rôle principal.

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Plongée au cœur des ténèbres

Ce n’est qu’après la perestroïka que les cinéastes russes sont redescendus sous terre avec des intentions sérieuses, mais pas celle d’utiliser le métro pour des contes héroïques.

Après tout, un réseau de tunnels souterrains obscurs, remplis de mythes et de légendes, fréquenté par des voyageurs et des employés bizarres, est un décor naturel pour les films d’horreur.

Le réalisateur Andrei I exploite le métro dans son Club scientifique des pilotes (1996) : une série de meurtres impitoyables dans le métro sèment la panique dans la capitale. Les tueurs sont introuvables car ils se cachent dans les tunnels et n’émergent que pour revendiquer leurs victimes.

Dix ans plus tard, Igor Chavlak réalise Le garde-voie. Des braqueurs de banque prennent trois clients en otage et descendent dans le métro après que leur braquage tourne mal. Ils parviennent facilement à échapper à la police en se cachant dans le labyrinthe des voies actives ou abandonnées, mais ils attirent aussi l’attention d’un habitant mystérieux du souterrain, Le Garde-voie, qui commence à les poursuivre.

Plus réaliste est l’histoire de Kostya, un jeune conducteur de atteint d’une grave maladie cardiaque mais qui dissimule la vérité et continue de travailler rame (Le boomerang du cœur, Nikolai Khomeriki, 2011).

Plus récemment, Hollywood s’est essayé à la destruction du métro moscovite dans le film Resident Evil : le châtiment de Paul W.S Anderson. Dans l’une des scènes, un monstre géant et une bande de tireurs, menés par Milla Jojovitch, détruisent le GUM et la station Arbatskaya.

Resident Evil : le châtiment. Source : Kinopoisk.ru

Le métro est un élément essentiel de la vie moscovite. Avec de plus en plus d’utilisateurs dans une ville qui ne cesse de s’étendre, il devrait continuer à jouer des rôles importants au cinéma.

Selon la critique Maria Kouvchinova dans le magazine Afisha, les créateurs de « Métro » ont bien choisi leur toile de fond : « Comme dans tous les films réussis qui touchent à l’inconscient collectif – et l’angoisse du métro n’est-elle pas la plus grande peur des citadin ? – celui de Megerdichev est une réflexion précise sur la réalité dans laquelle nous vivons »

Source : The Moscow News  

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