« Grand Livre Russie – Pays-Bas » : des étudiants soutiennent la puissant douce

Même si certains stéréotypes se sont confirmés sur place, les jeunes Néerlandais ont changé d’avis concernant la Russie après cette excursion. Crédit : Anna Eremina

Même si certains stéréotypes se sont confirmés sur place, les jeunes Néerlandais ont changé d’avis concernant la Russie après cette excursion. Crédit : Anna Eremina

Près de 315 ans après la première visite aux Pays-Bas du tsar Pierre le Grand, douze étudiants, six Russes et six Néerlandais, travaillent avec détermination sur un projet culturel commun consacré à l’année croisée entre les deux pays.

Environ 15 mois avant la cérémonie d’ouverture de l’Année croisée Pays-Bas – Russie, les professeurs de l’École des sciences appliquées Fontys sont venus à l’Université d’État Lomonossov de Moscou pour travailler sur un projet éducatif conjoint : le Grand Livre Pays-Bas – Russie 2013, ouvrage écrit en trois langues (russe, anglais et néerlandais).     

« En février 2012, les professeurs de la Hauté École Fontys de Tilburg aux Pays-Bas ont présenté un projet imaginé par un étudiant en journalisme et consacré à la collaboration russo-néerlandaise », raconte Anna Gladkova de l’Université d’État de Moscou, une des organisatrices du programme. « Nous avons évidemment répondu à cette offre avec beaucoup d’enthousiasme ».

« Le Grand Livre Pays-Bas – Russie 2013 est un ouvrage unique offrant des informations sur tous les aspects des modes de vie russe et hollandais, de la culture à la cuisine, en passant par la politique, l’enseignement et l’histoire », ajoute Gladkova. « Le livre comprend également des expériences personnelles d’étudiants russes et néerlandais ».

Source : Windows to Russia organization

Les participants au programme ont non seulement eu l’occasion d’améliorer leurs compétences professionnelles, mais ils ont en plus appris à connaître une culture totalement différente grâce à cette expérience internationale.         

« Le principal objectif du programme est de montrer que la Russie ne se limite pas à Moscou et Saint-Pétersbourg, qu’elle abrite d’autres villes intéressantes », indique Maria Vinogradova, étudiante à l’Université d’État de Moscou. « Tout comme les Pays-Bas offrent d’autres lieux fascinants en plus d’Amsterdam et de Rotterdam. C’est pourquoi nous avons privilégié les villes provinciales ».  

Les étudiants russes ont atterri aux Pays-Bas en été 2012, alors que leurs homologues néerlandais se sont rendus en Russie à l’automne. Durant leur voyage de 10 jours, ils ont visité une série de villes et de monuments des deux pays. Les Néerlandais ont voyagé à travers Moscou et les villes de l’Anneau d’or avec des guides russes. De leurs côté, les Russes sont passés par Amsterdam, Tilburg et d’autres villes accompagnés de leurs camarades hollandais (cartes – itinéraire).

Même si certains stéréotypes se sont confirmés sur place, les jeunes Néerlandais ont changé d’avis concernant la Russie après cette excursion.

« Je n’avais pas d’attentes particulières sur la Russie sauf pour la nourriture bizarre et la vodka, tout comme les étrangers pensent aux tulipes et aux moulins quand on leur parle des Pays-Bas », explique Deborah Huisman, 23 ans, étudiante à l’Université de sciences appliquées Fontys. « J’ai cependant été surprise par l’hospitalité des autochtones. Les grands-parents d’une étudiante russe qui m’ont accompagnée étaient vraiment sympas ».

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« Ils ont préparé un magnifique repas géant et nous avons été dans les banias (bains russes) de leur maison de campagne. J’ai me suis sentie comme une vraie Russe », ajoute Deborah.

Interrogée sur l’impact du programme, la jeune fille a répondu qu’il était « utile pour en apprendre plus sur une nouvelle culture », prendre le contre-pied des préjugés et trouver des points communs.

Pour ce qui est du choc culturel, des étudiants néerlandais ont parlé des toilettes publiques, des routes en mauvais état, des trains et du comportement surprenant de certains hommes russes. 

« Les toilettes publiques sont très sales comparées à chez nous. C’était donc une sorte de défi pour moi », dit-elle. « De plus, les toilettes des grands-parents de mon amie étaient à l’extérieur, ce qui m’a vraimen frappée ! ».

« Les routes étaient vraiment très mauvaises parfois », poursuit Deborah. « Quant aux hommes, ce sont de véritables males dominants. Ils veulent toujours porter nos valises ! C’était surprenant car je n’avais jamais vécu cela auparavant dans mon pays. J’ai aussi été choquée par le haut degré d’alcoolisme. Il y avait des personnes complètement saoules dans le train en plein après-midi ».

Les étudiants russes sont également rentrés de la patrie de Rembrandt avec de multiples impressions.

« C’était mon premier voyage aux Pays-Bas et en Europe », raconte ainsi Maria Vinogradova, étudiante à l’Université d’État de Moscou. « Je suis tombée amoureuse de la vie calme et provinciale de ce pays. J’aime bien sûr les grandes villes, mais les petites n’en sont pas moins intéressantes et fabuleuses ! J’ai passé plusieurs jours dans un tel endroit et remarqué que les Néerlandais étaient très gentils et accessibles ».

« Ils se rassemblent souvent pour regarder du football, par exemple, transformant une simple fête en spectacle incroyable : un grand show fait de t-shirts orange, de chapeaux et de sifflets », se souvient la jeune fille.   

Maria a également vécu un choc culturel au pays des moulins à vent. Visiter le célèbre quartier chaud et voir tous les « conforts » fut une expérience surprenante pour elle. Même si elle n’a pas changé d’avis sur cet endroit, s’y rendre l’a aidée à mieux comprendre la mentalité néerlandaise.

« Oui, beaucoup de gens critiquent les Pays-Bas pour leur libéralisme excessif », dit-elle. « Mais la légalisation de la prostitution, de l’avortement, des mariages entre personnes du même sexe et de l’euthanasie est plutôt une question de tolérance et de liberté dont tout le monde est responsable ».

« En ce qui concerne la légalisation des « drogues douces », les Hollandais sont très vexés lorsqu’on leur dit qu’ils sont la “nation de la drogue”. Ils sont tous d’accord pour dire que la légalisation des « drogues douces » ne signifie pas que ces produits bons ou inoffensifs », précise Maria. « Au contraire, ils les autorisent pour éviter que les gens ne se tournent vers les « drogues dures », estimant qu’une politique de prohibition pourrait avoir l’effet inverse. Ils comprennent véritablement les répercussions d’un tel problème et essayent de le résoudre d’une manière plus libérale ».    

Anna Eremina, étudiante en troisième année à l’Université d’État de Moscou, a également remarqué certaines habitudes propres aux Néerlandais. « Ils aiment siffler, mangent beaucoup de pain et vivent dans des maisons avec des fenêtres extrêmement grandes, ce qui permet de voir tout leur intérieur de dehors », explique-t-elle.

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