La diaspora russe en France fête les 400 ans de la dynastie Romanov

L'exposition a attiré des représentants des plus célèbres familles de l'aristocratie russe. Beaucoup d'entre eux ont pu retrouver dans les légendes des photos les noms de leurs ancêtres. Crédit : Natalia Medvedeva

L'exposition a attiré des représentants des plus célèbres familles de l'aristocratie russe. Beaucoup d'entre eux ont pu retrouver dans les légendes des photos les noms de leurs ancêtres. Crédit : Natalia Medvedeva

En 2013, la Russie célèbre le 400e anniversaire de la fin de la période de l'histoire nommée les « grand troubles », et l'élection au trône du premier représentant de la dynastie des Romanov, Mikhaïl Fedorovitch. La diaspora russe de France a célébré cette date mémorable avec une exposition photo unique et la présentation du livre Les Gardiens du patrimoine, publié par le Club Aurora Expertum.

L'expo-photo, organisée à l'ambassade de Russie avec le soutien du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie, montre les portraits des participants d'un grand bal costumé qui eut lieu le 13 février 1903 au Palais d'Hiver. Ce fut le dernier bal de la Russie impériale. Tous les invités devaient venir habillés en costumes du XVIIe siècle. Sur ordre de l'impératrice Alexandra Fedorovna, les meilleurs photographes de Saint-Pétersbourg ont réalisé portraits et des photos de groupe des invités. Ce sont ces clichés qui ont été présentés à Paris.

L'exposition a attiré des représentants des plus célèbres familles de l'aristocratie russe. Beaucoup d'entre eux ont pu retrouver dans les légendes des photos les noms de leurs ancêtres de la noblesse russe : Dolgoroukov, Vorontsov, Ioussoupov, Soumarokov, Kotchoubeï, Orlov, Narychkine, Obolenski, Lopoukhine, Gortchakov... C'est à eux qu'est dédié le projet « Club de discussion », dans le cadre duquel seront publiés plusieurs recueils d'entretiens. Les descendants de la noblesse russe évoqueront la vision du monde de l'aristocratie russe et la compréhension qu'elle a de son rôle dans le passé et l'avenir de la Russie.

Le premier livre, Les gardiens du patrimoine, édité par Andreï Novikov-Lansky, a déjà été publié. Il comprend un entretien avec six émigrés russes éminents, descendants des « Russes blancs » : le secrétaire perpétuel de l'Académie française Hélène Carrère d'Encausse, l'ancien diplomate et président de la Croix-Rouge russe, le comte Serge Kapnist, le collectionneur et connaisseur du théâtre et de l'art décoratif russe, le prince Nikita Lobanov-Rostovsky , le président exécutif de l'association « Dialogue franco-russe », le prince Alexandre Troubetsloï, le professeur d'histoire de l'Eglise russe et de philosophie russe de l'Institut de théologie Saint-Serge de Paris, le prince Dmitri Chakhovskoï ,et le président du Présidium du Conseil international des compatriotes russes, architecte et mécène, le comte Pierre Cheremetiev.

Les ancêtres des protagonistes de ce livre sont étroitement liés à l'histoire de la dynastie des Romanov. Pierre Cheremetiev, dont la lignée remonte à Riourik, rappelle que c'est son ancêtre, le seigneur Cheremetiev, qui a décidé il y a 400 ans, avec le patriarche Philarète, de mettre sur le trône le premier Romanov. Un autre Cheremetiev, vaillant gouverneur, arrière-cousin de Pierre le Grand, a libére l'Europe et la Russie de Charles XII.

Les ancêtres d'Hélène Carrère d'Encausse du côté maternel sont les Orlov et le comte Panine. Le père d'Alexandre Troubetzkoy, qui porte lui aussi le prénom d'Alexandre, un officier du Régiment de cavalerie de la Garde impérial, a pris part à l'une des tentatives infructueuses de sauver Nicolas II et sa famille lors de leur arrestation à Tobolsk.

Ce ne sont que quelques pages de l'histoire d'un pays qui aujourd'hui se tourne de plus en plus vers le passé à la recherche d'une idée nationale. Selon Alexandre Troubetzkoy, pour remplir sa mission, la nouvelle élite russe doit respecter le principe de « servir la Russie et le peuple russe, et surtout être un exemple spirituel pour lui ».

Suivant cette idée, Pierre Cheremetiev donne un exemple : « Lors de la guerre de 1914, le tsar Nicolas II a ordonné à tous les aristocrates ayant des biens en Europe ou dans d'autres pays de vendre leurs maisons et leurs terres, et de remettre l'argent à la Russie pour aider l'armée à lutter contre les Allemands. Demandez donc aujourd'hui à un oligarque qui vit dans cinq bateaux et achète des clubs de football de vendre ses yachts ou ses maisons et de remettre l'argent à la Russie pour promouvoir son développement. Jamais ! Voici la différence entre un aristocrate et un oligarque ».

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