Un week-end à Sotchi

Le port de Sotchi. Crédit : Mikhaï Mordassov

Le port de Sotchi. Crédit : Mikhaï Mordassov

Sotchi, charmante station balnéaire de la mer Noire, est en train de se métamorphoser à vitesse grand V et ressemble dorénavant à un immense chantier.

Samedi

10 heures

Tout touriste fraîchement débarqué à l’aéroport sera d’emblée confronté à une horde de taxistes aux aguets. Sur ce point, rien n’a changé depuis les années 80. Tenez vous prêts à être assaillis à grand renfort de regards complices, d’ attrapage de manche et de susurrements insistants : « Je t’emmène au centre, pour pas cher. Trois fois rien... ».


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Un mot d’ordre: résistez. Soyez ferme. La première chose à faire en descendant de l’avion est de se requinquer à l’aide d’un bon déjeuner. À quelques minutes de l’aéroport, sur les berges de la pittoresque rivière Mzymta, se trouve un élevage de truite arc-en-ciel datant de l’époque de Nikita Khrouchtchev.

Promenez-vous autour des bassins pour contempler les reflets argentés dans leurs écailles pendant que le chef fait son travail. Ce met vous paraît un peu lourd pour commencer la journée ? Rien ne vous empêche de vous contenter de poisson fumé accompagné d’une pointe de citron ou de caviar frais.

13 heures

Le meilleur moyen de se rendre au centre de Sotchi depuis Adler est de prendre la navette ferroviaire Aéroexpress qui vous permettra de survoler les bouchons et de contempler d’en haut les mutations de la ville. Pour 5 euros seulement!

15 heures

Pour réussir votre voyage dans le temps, arrêtez-vous à l’hôtel « Primorskaïa », véritable vestige de l’ère soviétique, pour le peu qu’il en reste. Situé en plein cœur de la ville, proche du musée d’Histoire et de riviera.

Construit en 1936, l’édifice est très représentatif du « constructivisme balnéaire », patrimoine architectural soviétique. Le rez-de-chaussée donne sur un parc tropical planté de magnolias, d’oléandres et de cyprès et qui débouche droit sur la mer. Une suite panoramique donnant sur le coucher de soleil vous reviendra à 140 euros, une chambre standard à 100 euros.

19 heures

Soyez prêts à des journées courtes, le soleil ici se couche très tôt. Une fois la nuit tombée, le meilleur remède : une soirée au théâtre. Sotchi est connu pour son Opéra, accueillant de grands noms tels que Katchalov ou Lemechev.

L’édifice de style néo-classique, agrémenté de colonnes corinthiennes et de statues grèques est d’une harmonie irréprochable. N’hésitez pas non plus à profiter de l’Orchestre à cordes de Sotchi, pour la modique somme de 8 à 10 euros.

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Dimanche

10 heures

Pour votre petit-déjeuner, rendez-vous au restaurant « Cascade », quelques minutes plus bas sur le Kourortny prospekt. Le Prix Nobel de la poésie, le fameux Joseph Brodski en personne, n’a pas manqué d’immortaliser cet établissement dans l’un des poème.

Plus bas dans la rue, vous pourrez au café Alionka déguster les meilleures pâtisseries de la ville.

12 heures

Le point de rencontre incontournable est le parc Riviera. Des aires de jeux pour les enfants et des allées ombragées, où les parents se détendront en savourant un café turc sous les feuillages.

Pour vous abriter de la brise du Nord (appelé ici « Bor »), filez à l’Océanorium avec les spécimens de requins de la mer Noire, les raies aux airs de ballons de foot écrasés ou encore ses piranhas, auxquels on jettera des morceaux de viande en essayant de ne pas y perdre un doigt.

Les moins téméraires pourront flâner dans le jardin aux magnolias, dont les arbres ont été plantés dans les années 80 par les cosmonautes soviétiques et les hauts fonctionnaires du parti.

14 heures

Rien de mieux qu’un tour au marché pour dénicher des souvenirs pour tous les goûts. De la Tchourtchkhela, une sucrerie orientale à base de jus de raisin, du kaki confit, des épices géorgiennes (comme le sel de Svansk ou le outskho-souneli).

Du hareng séché, à bien emballer dans du papier journal pour éviter les odeurs persistantes ou bien plutôt un « balai » en branches d’eucalyptus pour se fouetter au sauna, qui passera mieux que le hareng auprès de vos voisins dans l’avion. Sans oublier, la feijoa (goyave locale), seul fruit brésilien à pousser en Russie et les mandarines d’Abkhazie à l’odeur inoubliable.

Pour les bijoux, camés et autres joaillerie d’artisans locaux mieux vaut vous rendre au Salon des Arts (Kourortny prospekt, 29). Vous pourrez également vous y laisser tenter par un tableau de peintre local, juste pour le souvenir.

16 heures

Une fois à Sotchi, il serait dommage de passer à côté de la mer. Le restaurant Prichal No1 (Quai numéro 1) se trouve derrière le port.

Vous y goûterez la burrata, fromage onctueux servi en salade avec des tomates de Bakinski, le tout agrémenté d’un filet d’huile d’olive et de poivre mouliné ; les moules « marinières » ou le filet de cabillaud noir pané au miel avec ses asperges vertes, le rouget-barbet aux herbes de Provence ou encore tous les fruits de mer possibles et imaginables. Addition moyenne : 75 euros.

19 heures

Le temps est passé si vite. Il est déjà temps de rentrer. Maintenant vous connaissez le chemin : la gare – l’aéroexpress - l’aéroport. Vous reviendrez chez vous de ce coin de paradis stalinien, beau comme un dieu, un magnolia à la main et du soleil plein les yeux. Par le hublot, n’oubliez pas de jeter un dernier coup d’œil à cette ville, d’ici votre prochaine visite, elle sera sûrement méconnaissable.

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