Le festival « Le Masque d’or »

« Le Masque d’or » c’est un événement qui récompense le meilleur spectacle russe de l’année. Crédit : Itar-Tass

« Le Masque d’or » c’est un événement qui récompense le meilleur spectacle russe de l’année. Crédit : Itar-Tass

Pendant les trois prochains mois, Moscou, comme tous les ans, va vivre au rythme de la programmation théâtrale du festival Le Masque d’or. C’est un événement qui récompensera le meilleur spectacle russe de l’année 2012. Le concours accueillera lors de la compétition officielle et en ‘off’ les spectacles de toute la Russie mais aussi des troupes venant de l’étranger. Un événement incontournable dans le monde théâtral russe.

Dès fin février le programme démarre par des ballets et des spectacles musicaux hors compétition, pour faire place en mars au théâtre.

Elle se scinde en deux : le programme de la compétition et le programme « Nouvelle pièce », remplaçant le festival « Nouveau drame », présentant une sélection de pièces tout juste mises en scènes sur des textes contemporains.

Nouvelle pièce

Cette année, on découvre beaucoup de spectacles documentaires basés sur des faits réels venus de la province russe. Podrostok s pravogo berega (l’Adolescent de la rive droite) du théâtre de krasnoïarsk du metteur en scène Roman Feodoridi inspiré par le quotidien de jeunes de quartiers défavorisés. Ou bien Pesni nasheï tiourmy (Les Chansons de notre prison) du moscovite Teatr.doc. Nach klass (Notre classe) du scénariste Andreï Spisok du théâtre na Voli de Varsovie d’après la pièce de Tadeush Slobodjank sur les habitants du petit village polonais d’Edvabne, où avec l’arrivée des Allemands les Polonais ont brûlé une bonne partie de leurs voisins juifs. Pièce écrit également d’après des archives mettant au jour comment les Polonais font pour vivre avec la conscience d’un tel acte.

Les auteurs des spectacles présentés à Nouvelle pièce sont à la recherche de la figure du héros des temps modernes. Dans Kedy (Les Baskets) de Lioubov Strijak du ON.Teatr de Saint-Pétersbourg, le personnage principal est un ‘hipster’ représentatif de la génération apolitique venu à la suite des carriéristes des années 2000. Une journée de la vie d’un glandeur qui aime la musique, les soirées et les fringues. Il n’arrivera pas à s’acheter ses baskets, par contre il sera pris dans l’engrenage des manifs moscovites du printemps 2012.

Le Masque d’or

Cette année, on assiste à un changement de génération. Des auteurs ou metteur en scène nominés il y a encore trois quatre an dans la catégorie « Experiment » réservé à un théâtre alternatif et jeune,  passent dans la cour des grands.

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Ainsi, le spectacle de Mikhaïl Ougarov et Talgat Batalov du Teatr.doc Dvoe v tvoem dome (Deux dans ta maison) sur les relations entre les agents du KGB biélorusse et les membres de la famille du candidat aux présidentielles Andreï Sannikov lors de son arrestation chez lui, est nominé pour le Masque d’or. Face à la pièce Zlaïa devouchka (Méchante fille) du jeune moscovite Dmitri Volkostrelov d’après la pièce du dramaturge biélorusse Pavel Prajko.

D’autres spectacles retournent dans l’histoire. Comme le joyeux spectacle scénographique de Dmitri Krymov « Gorki-10 », qui exploite le kitsch soviétique et où les objets, les symboles et les décors sont au centre de la mise en scène. Ou la pièce Okoupatsiïa, miloe delo (L’Occupation, quelle affaire) du Théâtre « Okolo doma Stanislavskogo » d’après la nouvelle de Tatiana Egorova racontant le quotidien des soldats soviétiques envoyés en Allemagne.

Pour le prix Spectacle de la grande forme, nous avons God, kogda ya ne rodilsia (L’Année où je ne suis pas né) de Konstantine Bogomolov : l’histoire d’un enfant né dans le milieu des années 70, perdant ses espoirs avec son pays. Face à lui, deux Allemands travaillant en Russie : le résident du berlinois Schaubunne Tomas Ostermaïer, avec sa mise en scène pour le théâtre des Nations moscovite Freken Julie d’après August Strindberg avec les grandes vedettes russes comme Evgueni Mironov, Tchoulpan Khamatova et Ioulia Peresild, et  Sophocle. Œdipe. Tyran de Mattias Langhof pour le théâtre de la jeunesse de Saratov.

Expriment

C’est dans cette catégorie que le suspens est au comble. Teatr.Doc présente sa farce politique « Berluspoutine », d’après la pièce acerbe du prix Nobel Dario Fo, L’Anomalie à deux têtes. Le spectacle a déjà été récompensé lors de sa représentation en version courte dans la colonie de protestation Occupy Abbaï en mai dernier. Face à elle le « mono spectacle » de Talgat Batalov, Ouzbek pour le théâtre Ioseff Boïs, sur l’intégration d’un immigré en Russie. Puis, la performance extravagante de Phlippe Grigorian Polnolounie (la Pleine lune) et Istoriïa soldata (L’Histoire d’un soldat) pour le théâtre Platforma par la compagnie Tsekh et la troupe hollandaise Club Guy and Roni. Un spectacle multi genre avec une interprétation de Stravinski par Alexeï Syssoev et le texte d’Ekaterina Bondarenko sur un soldat revenant de guerre transposé à notre époque.

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