Cédric Gras : nouveau regard sur les confins de la Russie

Il reste fidèle à la Russie orientale et ne se fatigue pas d’explorer des régions où parfois même peu de Russes mettent leurs pieds. Cette fois-ci, l’auteur de "Vladivostok, neiges et moussons" (2011), Cédric Gras, nous emmène dans les terres froides et hostiles. En ce mois de février, il publie son deuxième ouvrage "Le Nord, c’est l’Est. Aux confins de la Fédération de Russie" en continuant à contribuer à son genre préféré : la littérature de voyage.

Géographe de formation, diplômé de l’Université Paris VII et doctorant en géographie à l’INALCO, Cédric Gras fait partager dans ce nouveau livre sa passion pour les voyages lointains. Source : service de presse

« Ce livre me semble accessible à toute personne prête à se plonger dans l’univers de la Russie orientale par la magie de la littérature », explique Cédric Gras. « Je comprends de mieux en mieux ce que veut dire voyager par les livres. Cela ne signifie pas obligatoirement rester chez soi, mais tout simplement profiter des itinéraires et du talent des auteurs pour se promener via la lecture dans des contrées que l’on a pas toujours les moyens ou l’occasion de visiter ».

Le Nord, c’est l’Est. Aux confins de la Fédération de Russie est  paru le 7 février chez Phébus à Paris. Source : service de presse

Géographe de formation, diplômé de l’Université Paris VII et doctorant en géographie à l’INALCO, Cédric Gras fait partager dans ce nouveau livre sa passion pour les voyages lointains sans oublier de faire part au lecteur de son expérience personnelle et de ses connaissances. Ayant passé plusieurs mois à parcourir des milliers de kilomètres à pied, en camion-stop, en pirogues, en train, il raconte une traversée des « territoires assimilés au Nord », de la République de Touva à Magadan, des cimes de Sikhote-Alin au BAM,  ou encore de la frontière chinoise à Sakhaline.

 « Adieu continent ! », écrit-il dans son livre. « J’ai embarqué, non pour Magadan, mais pour Sakhaline. Le bateau sort doucement du port, où alternent équipements soviétiques et dépôts de matières inflammables – signes des nouveaux temps – étincelants au soleil. Ils indiqueront longtemps le havre, alors que la baie s’élargit et que nous nous éloignons des côtes rases et verdoyantes. Après l’averse, les hommes – il n’y a presque que des hommes – remontent fumer en scrutant le large. (…) Ils sont la main-d’œuvre censée donner une réalité au mot « potentiel», dont le Nord est bien garni, mais que les hommes fuient. »

Pour Cédric Gras, à ce qu’il paraît, il n’existe pas de chemins impraticables : il y voit l’une des sources d’inspiration. Même s’il lui faut aller loin pour trouver son bonheur et subir chemin faisant toute la rudesse des conditions climatiques : ce Français de trente et un ans, né dans la banlieue parisienne, avoue simplement ne pas être frileux ! Grâce à de nombreux voyages entrepris depuis tout jeune dans les Alpes, le Caucase, les Andes, l’Himalaya, il a pu faire preuve de sa trempe. De plus, il n’a pas pu s’empêcher d’entrer en contact avec les autochtones. Cherchant constamment à progresser en russe, il a souvent mené des conversations avec les gens de là-bas et les a beaucoup observés dans la vie quotidienne. Finalement, les lecteurs pourront lire un récit très humain, plein d’empathie voire d’admiration envers ceux qui peuplent les territoires du Nord et assimilés, du mode de vie desquels l’on ne connait toujours pas grand-chose.

« Ce qui m'a passionné, c'est de découvrir les « îlots » de cette constellation qu'est le peuplement russe en Sibérie orientale, de comprendre comment l'état a réussi à envoyer des gens vivre et travailler dans ces lieux austères en proposant des avantages calculé sur "un degré de nordicité", de constater ce qu'il en reste aujourd'hui, à l'heure où la question démographique est devenue cruciale en Russie, de parler avec ceux qui restent sur ces marges de leur pays, abandonnées par beaucoup de leurs proches... »

Cédric Gras s’apprête maintenant à se lancer avec une nouvelle vague d’enthousiasme dans une autre aventure. « J’ai le bonheur d’être lauréat des Missions Stendhal 2013 de l’Institut français », avoue-t-il modestement. « Ce sera une surprise ! Mais il s’agit toujours d’une région de la Russie que j’aime tant à explorer ».

Le Nord, c’est l’Est. Aux confins de la Fédération de Russie est  paru le 14 février chez Phébus à Pariset Vladivostok, neiges et moussons est réédité en poche dans la collection Libretto.

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