Théâtre Gérard Philipe : Tout passe

D'après Tout passe de Vassili Grossman ; mise en scène et scénographie Patrick Haggiag

Ivan Grigorievitch est libéré au lendemain de la mort de Staline. Après avoir passé trente ans dans les prisons, les camps et en relégation, témoin de l’extermination des koulaks ukrainiens et de la grande terreur stalinienne, il tente de comprendre l’âme de ce peuple esclave et bourreau qui a survécu aux deux grandes tragédies du XXe siècle. Tout passe est un long récit d'une vitalité saisissante, sans presque aucune péripétie. Son ressort essentiel se résume en une méditation âpre et prophétique sur la société soviétique. Prophétique parce que c'est aujourd'hui que résonnent et se comprennent, plus encore qu'hier, les paroles de l'auteur.

Comme le souligne l’écrivain Daniel Rondeau : « Vassili Grossman, romancier russe né en 1905 dans l'une des capitales juives de l'Ukraine et mort à Moscou en 1964, aimait son peuple et sa mère. Son oeuvre rend compte du chant secret de ceux qui, dans la Russie stalinienne, croyaient encore que la liberté, la tendresse, la bonté étaient “le pain et l'eau de la vie” ».

Patrick Haggiag et Jean Varela portent à la scène les réflexions de l’auteur qui, d'abord consacré par le régime soviétique, prendra ses distances avec celui-ci et sera interdit de publication. Ce texte, achevé juste avant sa mort, est l’occasion pour le metteur en scène et l’acteur de suspendre grâce au théâtre le cours ordinaire de la vie et de prendre le temps de regarder ce qui demeure.

Le temps n’aime que ceux qu’il a enfantés, ses enfants, ses héros, ses travailleurs. Jamais, jamais il n’aimera les enfants du temps passé et les femmes n’aiment pas les héros du temps passé et les mères n’aiment pas les enfants des autres. Tel est le temps ; tout passe et il reste. 

Vassili Grossman, Vie et Destin

Du lundi au samedi à 20h30 – dimanche à 16h – relâche le mardi
Durée : 1h30 – salle Jean-Marie Serreau


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