Kaliningrad, creuset culinaire des saveurs d’Europe

Rouslan Chamoukov
Grâce à ses liens étroits avec l’Europe, la ville d’ambre a cultivé un style culinaire particulier : une fusion originale russo-européenne qui comprend les plats traditionnels des pays voisins mélangés à une nouvelle lecture des recettes et expériences gustatives.

Les restaurants de Kaliningrad ont réuni une collection honorable de menus nationaux : les plats allemands, tchèques, polonais et lituaniens sont communs à Kaliningrad, alors que les cuisiniers habiles en ont fait l’une des principales attractions de la ville. Les gourmets, comme naguère le philosophe Emmanuel Kant, se sentent bien à Königsberg (ancien nom de Kaliningrad jusqu’en 1949) : l’expérience culinaire de l’Europe tout entière est ici à leur disposition.

Petit-déjeuner des sept rois

Crédit : Croissant Café

Le matin le plus savoureux à Kaliningrad commence au Croissant Café. Vous trouverez les confortables salons de thé de cette chaîne dans chaque quartier de la ville, alors que la carte étoffée réveille immédiatement l’esprit d’aventure culinaire.

La chaîne propose toute la panoplie des petits-déjeuners européens : le danois avec des sandwichs, pommes de terre et salade, le hollandais avec son omelette et plusieurs sortes de fromage, le norvégien avec gravlax sur baguette grillée, légumes frais et œufs de caille, l’anglais avec des œufs au plat entourés de bacon, saucisses grillées et poitrine.

Crédit : Rouslan Chamoukov / RBTH

Et ce n’est pas tout, on est parfois tenté de rester pour un deuxième, voire, un troisième petit-déjeuner ! D’autant qu’il ne coûtera pas plus de 10 dollar. Chaque petit déjeuner est servi avec du pain frais fait main.

Les salades sont également multinationales : l’italienne avec de la roquette parfumée, la scandinave et la norvégienne à base de poisson, la renion, composée de filet de poulet, avocat, bacon et fromage bleu Dorblu. Les tartes copieuses sont également délicieuses : tourtes, tartiflettes, quiches garnies de viande ou de légumes. En définitive, on ne pourra se limiter à un seul passage dans ce café. Et surtout, pensez à garder de la place pour les succulents desserts, ne serait-ce que pour deux-trois macarons qui fondent littéralement dans la bouche.

La pomme de terre – pièce maîtresse

Crédit : Brikas

Brikas (rue Teatralnaia, 30), un petit restaurant de cuisine lituanienne, s’est confortablement installé dans le centre-ville, au cœur du centre commercial Europe. Un déjeuner dans ce restaurant comprendra obligatoirement le bortsch froid lituanien et toute une gamme de plats à base de pommes de terre : les véritables zeppelins lituaniens avec différentes garnitures qui ressemblent aux dirigeables en pulpe de pomme de terre, les vederays – saucisses grillées de pommes de terre, les galettes dodues de pommes de terre, l’imposante « babka » de pommes de terre servie avec une cuisse de poulet. Quant aux boissons, les pommes de terre passent bien avec du kvas de houblon ou d’airelles, ou encore le mors (boisson à base de fruits rouges) maison. 

Crédit : Brikas

Un autre lieu de ravissement gastronomique – la taverne tchèque U Gasheka (avenue Leninsky, 1). Le menu comprend plusieurs salades nationales qui combinent, pour la plupart, du jambon et de la pomme. En entrée, vous pouvez prendre la soupe aux choux tchèque avec des saucisses maison ou une riche soupe-purée de pommes de terre ou de champignons dans un pot de pain.

Les plats principaux sont souvent à base de viande et de pommes de terre : cela peut être le goulasch de bœuf tchèque avec des knödels, le bœuf à la crème svitchkova, plusieurs sortes de gratins ou les grands knödels en plat principal garnis de viande ou de champignons.

On appréciera le vaste assortiment de bières tchèques et une multitude de snacks en accompagnement. Un déjeuner complet vous coûtera une vingtaine de dollars en moyenne. Et, pendant qu’on vous prépare votre viande, vous pouvez oublier votre faim en lisant les citations amusantes de l’écrivain tchèque Jaroslav Hašek.

Les saucisses de la tante

Dans le centre historique, à 15 minutes de l’île de Kneiphof et à proximité du château royal disparu, vous pourrez vous restaurer dans un restaurant de cuisine allemande, chez la « tante » Tetka Fischer (rue Chevtchenko, 11а). L’établissement porte le nom de la propriétaire d’une taverne de Königsberg, la Gorge du Loup, populaire au début du XIXe siècle. 

C’est un véritable paradis pour les amateurs de viande ! Vous pourrez assouvir votre faim avec du rugen nourrissant – une soupe au fromage, bacon et saucisses- et, en entrée, goûter la tarte flambée allemande traditionnelle à base de viande, poulet ou poisson, assaisonnée d’oignons et recouverte d’une croûte croustillante.

Crédit : Tetka Fischer

Les saucisses allemandes classiques faites maison sont, sans aucun doute, la pièce maîtresse de la carte : elles sont accompagnées de sauces, choucroute chaude ou pommes de terre. Le restaurant propose également des plats plus robustes : le poulet de Hambourg, le roulé bavarois à la sauce épicée et les célèbres Königsberger Klopse.

Vous pourrez accompagner ce festin avec des mors ou du kvas fait maison, des cocktails maison à base de bière ou de la bière pression fraîche. La préparation des plats chez Tetka Fischer se fait avec la minutie allemande,  aussi soyez prêt à attendre longuement avant d’être servi. Les prix de ce restaurant sont légèrement supérieurs à la moyenne dans la ville, mais les portions surprendront agréablement les estomacs les plus exigeants.

La fraîcheur de la mer et la chaleur du feu

Vous pourriez poursuivre votre voyage à travers les particularités des repas baltes dans les petites villes côtières de la région de Kaliningrad. Le restaurant Polandia (Svetlogorsk, rue Oktyabrskaia, 23) s’est installé sur la place centrale de Svetlogorsk, tout près de l’une des routes de la côte. Ici, la moitié de la carte grésille agréablement de noms polonais.

Après la fraîcheur de la mer Baltique, vous apprécierez le flaki chaud et riche – une soupe polonaise à base de ventricules de bœuf, ou encore le żurek – une soupe aux œufs, morceaux de saucisse et épices, servie dans un pot entier de pain doré aux graines.

Crédit : Natalia Makartchouk / RBTH

Les soupes polonaises sont certes souvent l’unique composante d’un déjeuner ou d’un dîner, mais nous vous conseillons tout de même d’étudier la carte des plats principaux. Parmi les plats chauds, vous trouverez toutes sortes de « befstyk » (bifteck haché) et de « karkouvki » (carbonade grillée), ainsi que le symbole de la cuisine balte, le bigos – un ragoût de choux, viande et pruneaux.

Un chapitre à part est consacré aux plats préparés au feu de bois, particulièrement appétissants à l’air frais marin. Vous y trouverez également des saucisses polonaises, servies avec de la bière polonaise ou lituanienne. La présentation familiale et modeste des plats et les intérieurs simples de cette demeure balte complètent harmonieusement l’ambiance de repas cordial. Les prix sont comparables à ceux des restaurants de Kaliningrad : 15-20$ pour un repas copieux.

Les confiseries aux amandes

Crédit : Shutterstock / Legion-Media

Les voyageurs gourmets doivent obligatoirement quitter Kaliningrad avec des cadeaux sucrés, les massepains. Au XIXe siècle, le massepain de Königsberg étaient le plus apprécié par les amateurs européens de confiseries, au même titre que le massepain de Lübeck. Le goût particulier des massepains de Königsberg vient de l’eau de rose ajoutée dans la pâte et de la croûte dorée des pâtisseries.

La chaîne Marzipan Shop (rue. A. Nevskogo, 51 B et rue Tearalnaia, 30) propose des massepains de plusieurs marques de pâtisserie allemandes : des bonbons et des plaques avec différentes garnitures, des petites figurines, des pâtes de massepain et même des boissons au massepain. L’une des boutiques se trouve à l’aéroport de Khrabrovo : vous pourrez donc remplir votre séjour à Kaliningrad de douceur d’amende même au dernier moment.

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