Les musées des écrivains russes lancent les « confitures littéraires »

Oleg Kolesnikov / RG
Durant tout l’été, les musées-domaines de grands écrivains situés dans les régions centrales de Russie accueilleront des spécialistes en « confitures littéraires », qui seront préparées selon d’anciennes recettes – familiales ou décrites dans des œuvres.

Les « confitures littéraires », c’est un projet de la filiale de Rossiyskaya Gazeta à Voronej (environ 450 km au sud de Moscou) consacré au 25ème anniversaire du journal et à l’Année de la Littérature en Russie.

Les 4,5 premiers kilos de cette confiserie ont été réalisés le 27 juin dans la région d’Orel, à Spasskoïe-Loutovinovo, dans la propriété d’Ivan Tourgueniev. La recette a été retrouvée dans les réserves du musée : la mère du grand écrivain préparait de l’eau de rose à partir de fleurs locales et y faisait cuire des fraises sauvages.

Voici la recette datant de 1827 : « Prendre une livre de sucre et l’étendre de la même quantité d’eau, mettre sur le feu et cuire un sirop. Dès que le sirop aura atteint la densité nécessaire, y verser une livre de fraises et faire bouillir à petit feu. Veiller à ce que les baies restent entières. »

« Les confitures symbolisent les traditions familiales reliant les générations, qui les préparent ensemble et qui se réunissent au thé du soir pour écouter les histoires de grand-mère », a confié l’auteur de l’idée, Svetlana Kolesnikova. D’ailleurs, les Russes disent souvent non pas « bon anniversaire », mais « bonne confiture », les deux mots se ressemblant d’après leur prononciation en russe et leur charge en émotions positives.

« Les familles nobles (y compris littéraires), les nids familiaux ont toujours été forts de leurs traditions. Cela étant, nous avons décidé en cette Année de la Littérature de préparer de la confiture dans les maisons d’écrivains ou d’artistes », a expliqué Svetlana Kolesnikova.

Après la première expérience à Spasskoïe-Loutovinovo, il s’est avéré que les « confitures littéraires » sont également un moyen d’attirer les touristes dans les propriétés reconverties en musées. Les employés organisent durant les journées de la confiture une fête avec visites et jeux et trouvent pour l’occasion des recettes venant tout droit des archives du XIXe siècle.

Toutes les confitures seront conservées dans des bocaux arborant les symboles de l’Année de la Littérature. L’argent récolté de leur vente sera consacré à des activités caritatives.

Horairesdesgourmandiseslittéraires

Le 25 juillet, une rencontre autour d’un pot de confiture sera organisée à Chtchelykovo (près de Kostroma), où se trouve la maison du dramaturge Alexandre Ostrovski. Ce sera une confiture de groseilles à maquereau au citron à base d’eau de cerise d’après une recette de 1809.

Le 16 août, une confiture sera cuite à partir de pommes poussant dans le jardin des princes Tenichev à Flionovo (région de Smolensk). Au milieu du siècle dernier, le village a vu s’ouvrir un centre historique d’architecture typiquement russe, Teremok, qui présente des toiles de Nicolas Roerich, Mikhaïl Vroubel, Ilya Repine et d’autres grands peintres russes.

Le 19 août, cette bibliothèque comestible se complètera d’une autre confiture de pommes. Les visiteurs du domaine du Prix Nobel Ivan Pavlov, physiologiste russe qui était ami avec nombre d’écrivains, pourront également jouer dans la cour du domaine au croquet et aux gorodki (jeu traditionnel russe qui consiste à envoyer avec une batte des petits cylindres en bois hors du terrain).

Le 22 août, ce sera au tour de la propriété de Léon Tolstoï, Iasnaïa Poliana (région de Toula), d’accueillir une grande fête de la confiture avec la participation de blogueurs culinaires et de descendants du grand écrivain. La confiture sera tirée du roman Anna Karénine.

Au mois de septembre, des confitures seront cuites dans les régions de Voronej et de Lipetsk : dans les propriétés de Samuel Marchak et d’Ivan Bounine, ainsi qu’à la station Astapovo où Léon Tolstoï a passé les derniers jours de sa vie.

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