La chasse aux photos d'aurores boréales

On imagine souvent que Salekhard est une ville lointaine et enneigée et qu'il pratiquement impossible d'y aller en venant de Moscou. Mais ce n'est qu'une impression : seulement deux heures et demie d'avion et vous voilà déjà dans la ville polaire de Salekhard.

Un peu d'histoire : Salekhard est née au confluent des fleuves Poluï et Ob au des XVIe siècle. La forteresse-ostrog (construction militaire) d'Obdorsk fut érigée par des cosaques russes et devint un avant-poste de l’État russe.

En 1635, l'ostrog (construction militaire du Moyen Âge) fut renommé zastava (garde-frontière), puis le zastava devint le village d'Obdorsk. Ses habitants pêchaient, chassaient et faisaient du commerce, sans compter les habitants de la toundra qui vivent jusqu'à présent de l'élevage de rennes. En 1933, Obdorsk fut renommé Salekhard ce qui, traduit du nénetse, signifie « pays en hauteur » et devint la capitale de la région nationale Iamalo-nénetse et en 1983 obtint le statut de ville.

Aurore boréale : où la chercher

Nous pouvons observer des aurores boréales sur le cercle polaire et au-delà, plus on s'éloigne vers le  Nord, plus on a de chances d'en voir. Mais une aurore boréale ne peut pas constamment gagner de grands territoires au-delà du cercle polaire, cela dépend du caractère et de la puissance du scintillement du soleil.

Il est maintenant devenu bien plus simple de prédire l'apparition d'une aurore boréale, il existe plusieurs sites qui publient les prévisions plus ou moins précises de l'activité du soleil. À Salekhard, il y a une règle : quand il fait nuit, si il n'y a pas de nuages dans le ciel, il faut être particulièrement attentif, elle peut apparaître d'une minute à l'autre.

Hormis à Salekhard, les aurores boréales les plus fréquentes peuvent être observées sur la péninsule de Kola (Mourmansk, Kirovsk, Khibiny). De plus, elles ne sont pas rares à Arkhangelsk, en Yakoutie, à Taïmyr. Sur le territoire russe, on peut même observer une aurore boréale dans les régions situées plus au sud : en Carélie, à Valdaï, à Saint-Pétersbourg et à Ekaterinbourg !

Même lors d'une grande activité solaire, vous serez loin de pouvoir voir le ciel coloré toute la nuit. Une aurore polaire peut durer 5 minutes, ou bien 10, elle peut même apparaître pour une demi-heure, on ne peut jamais être sûr.

Les couleurs les plus répandues des aurores boréales sont le vert pâle (les atomes d'oxygène entre en contact avec les électrons) et violet (les molécules d'azote sont dans les couches supérieures de la ionosphère), mais il arrive qu'il y ait des aurores rouges (quand l'azote se trouve dans les couches inférieures). 

Comment les photographier

Pour photographier une aurore polaire, il faut un appareil photo qui puisse prendre des photos avec un long temps de pose et qui ait une fonction de prise automatique avec possibilité de régler le temps de prise. Il faut garder l'appareil photo à l'abri dans un coffre chauffé à l'aide d'une bouillotte ou bien sous ses habits. Il vous faudra également un trépied, sans lequel il sera difficile d'atteindre le résultat désiré puisqu'à cause des mouvements de l'appareil lors d'une prise , la photo risque d'être  floue.

Enfin, il faut obligatoirement un thermos, des valenki et de l'envie puisque, en effet, tout le monde n'accepterait pas de passer la nuit dans le froid, et le ciel nocturne et le gel n'en ont rien à faire que vous soyez venu pour faire des chefs-d’œuvre.

À votre arrivée sur le lieu de prise, observez, installez votre trépied, essayez de faire une reconstitution à l'avance, surtout si dans le cadre il y aura les lumières de la ville par exemple. Le temps de pose doit être long, puisqu'une aurore ne brille pas si fort que ça, mais gardez en tête que la photo doit montrer qu'il fait nuit.

Si vous pouvez, augmentez la sensibilité, mais faites attention à ce que cela ne réduise à néant vos efforts. N'oubliez pas d'indiquer le temps de déclenchement de l'obturateur, par exemple après 2 secondes.

Dès que vous remarquez des lumières, sortez votre appareil, installez-le sur le trépied, faites la mise au point sur l'infini, retirez le cache de l'objectif (s'il y en a un), dirigez le vers l'aurore et photographiez selon les indications données plus haut. Par ailleurs, les dernières indications peuvent et doivent être modifiées lors de la prise photo parce que la lumière provoque aussi des changements dans l'exposition (fermez le diaphragme de ½-1 ou bien diminuez la sensibilité de la matrice ou réduisez le temps de pose).

Faites attention à ce que votre main ne se trouve pas trop près des lentilles de l'objectif, sinon elles vont être recouvertes de buée et la session photo prendra fin puisque la condensation d'humidité gèlera aussi et il sera impossible de l'enlever tant que les lentilles ne se réchaufferont pas.

Quand photographier

On entend souvent dire qu'il faut aller photographier les aurores boréales en décembre, janvier, février, pendant les moins les plus sombres. Effectivement, il y a plus de chances d'attraper un oiseau de nuit à cette époque mais seulement parce que la nuit est plus longue. Il y a des cas réussis de photographie en avril quand le jour vient de s'éteindre ou de se lever.  Les aurores boréales les plus intenses peuvent même être vues à l'aube.

Mais bien sûr, quand commence le jour polaire, à partir du mois de mai, le ciel devient si clair que, nous aurions beau essayer, il serait impossible de voir une aurore boréale.

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