La Russie se lance dans l'Internet des objets

Crédit : Shutterstock

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L'« Internet des objets », qui prévoit des échanges d'informations et de données provenant du monde réel vers le réseau Internet, a fait son apparition en Russie. Le nouveau service informatique en nuage GO+, qui a récemment émergé dans le pays, compte occuper une part importante de ce marché naissant.

GO+ service

Le premier objet connecté à la Toile a été créé en 1990 par l'un des pères de la suite TCP/IP John Romkey, qui a relié son grille-pain à Internet. Mais ce n'est qu'en 2009, lorsque le nombre d'objets « en ligne » a dépassé celui des internautes, qu'a vraiment eu lieu la transition de l'« Internet humain » à l' « Internet des objets » (IdO). Ce concept, développé au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT) est connu en Russie depuis peu, mais il a déjà poussé les informaticiens russes à créer de nouvelles startups.

L'année dernière, un nouveau service en nuage a émergé sur le marché russe. Baptisé GO+, il permet de mettre en réseau divers dispositifs et de les programmer. Tandis qu'en Europe et aux États-Unis, il existe déjà un grand nombre de projets similaires, GO+ constitue pour la Russie l'un des premiers pas vers l'IdO.

Contrôler la cafetière à l'aide d'une montre

Tout comme d'autres initiatives similaires, GO+ est un outil qui sert à interconnecter différents dispositifs. Le service soutient toutes sortes d'appareils, des systèmes de domotique comme les détecteurs de mouvement ou les éclairages à des appareils plus sophistiqués, même s'ils utilisent des protocoles de communication différents. GO+ permet non seulement aux utilisateurs de contrôler les objets en question, mais offre en outre un environnement de développement afin de programmer des scénarios pour les appareils connectés.   

GO+ service

« Par exemple, vous voulez que la cafetière vous fasse un café au moment où vous arrivez au bureau », explique Alexandre Grankine, l'un des fondateurs du projet. « Elle va donc utiliser le GPS pour déterminer votre localisation. Et si à l'avenir vous achetez un bracelet connecté genre Jawbone, vous pourrez faire fonctionner votre cafetière grâce à un geste de la main. De nouveaux dispositifs apparaissent sur le marché tous les jours, et de nouveaux besoins et désirs émergent avec eux ».

D'après Alexandre, son projet concernait à l'origine le développement de services de géolocalisation dans le domaine de M2M, c'est-à-dire, la communication de machine à machine. Plus tard, le marché M2M a été transformé sous l'influence du concept d'« Internet des objets ».

Qui sera le leader du marché ?

GO+ utilise l'architecture d'un réseau social : l'utilisateur ajoute dans son « fil d'actualité » des dispositifs connectés, et peut permettre aux autres membres du réseau d'accéder à toutes les données. Pour autant, il n'est pas nécessaire de posséder des appareils, un usager pouvant juste « s'abonner » à des centaines d'objets présents dans son environnement social – stations météorologiques, terminaux de géolocalisation des autobus, climatiseurs, caméras et d'autres. Ainsi, l'idée est qu'une personne peut entrer dans un café, « s'abonner » au climatiseur local via son compte GO+ et le contrôler.

D'ailleurs, les réseaux sociaux (comme Twitter) et des applications mobiles surveillant votre activité physique (comme Moves) constituent, eux aussi, des éléments de l' « Internet des objets ». Par exemple, en reliant son compte Twitter avec son navigateur GPS, un utilisateur pourra réaliser une chronique de son voyage et en publier des tweets.

Toutes les grandes sociétés achètent aujourd'hui des solutions pour connecter des appareils à Internet. Notamment, Google a récemment acquis Nest Labs, compagnie de domotique. « Vraisemblablement, les grandes marques envisagent de mettre ainsi la main sur le marché, en unifiant à l'avenir toutes les petites solutions en un grand réseau », estime Alexandre Grankine. « Les grandes entreprises s'apprêtent à faire un saut afin de se positionner en leader – car pour le moment  il n'y a pas encore de leader sur le marché de l'Internet des objets. Ainsi, nous sommes actuellement comme des amateurs du surf : nous attendons une vague qui est déjà très proche ».

Vadim Tchekpetsov, directeur du Centre russe des recherches dans le domaine de l'Internet des objets, membre du conseil scientifique du mouvement Russie 2045.

Le projet GO+ représente l'une des rares solutions dans le domaine de l'Internet des objets à fort potentiel sur le marché international. Cette plateforme exploitable et, surtout, compatible à plusieurs standards et protocoles, sera un fondement de la prochaine ère, celle de l'interconnectivité totale de tous les objets du monde. En ce qui concerne les avantages de GO+, c'est premièrement son architecture conçue à l'instar d'un réseau social, ainsi que la possibilité de connecter tous types d'appareils. Il est à noter qu'une autre plate-forme IdO est actuellement développée en Russie. Il s'agit de Commandsport qui possède également plusieurs avantages. Bien que les géants de l'informatique comme Apple, Samsung et Google aient plus d'opportunités de promouvoir leurs propres projets dans le domaine, en les intégrant dans leurs produits et dispositifs, de petites plateformes sont également exigées par le marché. Ainsi, les fondateurs de GO+ trouveront sans aucun doute des clients.

 

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