Projets spatiaux de la Russie : coloniser la Lune et lancer des vols vers Mars

Dmitri Rogozine (à droite) Crédit : Itar-Tass

Dmitri Rogozine (à droite) Crédit : Itar-Tass

La Russie a défini les grandes lignes de sa politique en matière d’étude et de conquête de l’espace. Les principaux points concernent l’élargissement de sa présence sur l’orbite terrestre basse, l’occupation et la colonisation de la Lune, ainsi que le lancement de voyages vers Mars et d’autres objets du Système solaire. Ces projets ont été exposés par Dmitri Rogozine, vice-premier ministre russe, dans un article publié dans le quotidien Rossiyskaya Gazeta.

Selon lui, la mise en place d’un marché de services aéronautiques et la création d’un organisme de pointe pour l’étude et la conquête des ressources de l’espace lointain devraient être les prochains objectifs du secteur aérospatial russe.

« Le projet national « Étude de l’espace lointain » pourrait également jouer un rôle important », souligne Rogozine. L’Agence spatiale fédérale russe sera désormais chargée, en collaboration avec plusieurs ministères, et l’Académie des sciences de Russie et Rosatom (agence fédérale russe pour l'énergie atomique) de développer et formuler des propositions pour sa réalisation.

La Lune comme laboratoire d’étude de l’univers

« Dans le cadre de ce projet national, les secteurs de développement clés seront la création d’installations de production d’énergie atomique et de technologies plasma pour la transformation de l’énergie, le développement de biotechnologies, la robotique et les nouveaux matériaux », précise le vice-premier ministre russe.

« Des travaux visant à déterminer le profil technique d’un complexe habité avec un lanceur extra-lourd pour les vols vers la Lune, et plus tard vers Mars, seront menés parallèlement », ajoute Rogozine, tout en abordant « la construction de remorqueurs spatiaux puissants sans lesquels la conquête de la Lune et l’exploration des planètes du Système solaire seraient impossibles ».

Pour Rogozine, la Lune est très importante pour les recherches scientifiques fondamentales car elle constitue la source de matières extraterrestres la plus proche de la Terre. De plus, le satellite naturel de notre planète pourrait devenir une plateforme pour les études et expériences technologiques utilisant les nouveautés dans le domaine aéronautique.

Dans son article, Dmitri Rogozine parle également d’autres aspects prometteurs comme la construction sur la Lune d’un premier laboratoire extraterrestre pouvant accueillir « du matériel pour l’étude des profondeurs de l’univers, (…) des minéraux lunaires, des météorites, des expériences sur des matières intéressantes, des gaz et de l’eau provenant du régolite ». Les premiers envois d’humains sur la Lune sont prévus pour 2030, avant le déploiement d’une base lunaire habitable et, plus tard, des vols vers des astéroïdes et Mars.

La Russie renforcera aussi sa présence sur les orbites basses

Le pilote et cosmonaute Sergueï Krikalev ne voit rien d’irréalisable dans les projets de la Russie de conquérir l’espace lointain. Selon lui, un système de « camps de base » sur la Lune et dans ses alentours offrant des possibilités de relais est indispensable. « Nous disposerons au final d’une base tournant autour de la Terre et qui fera office de point de départ pour d’autres vols », pense-t-il. « Nous ne devrions pas non plus perdre de vue les recherches sur les orbites basses, un domaine dans lequel la Russie doit bénéficier de sa propre base stratégique. Il s’agirait non seulement d’une station scientifique, mais également d’un point de départ et d’expérimentations pour les vols lointains, ainsi que d’un atelier pour l’assemblage des nouveaux vaisseaux, l’entretien et le réglage des satellites. Sur l’orbite terrestre basse, il sera possible de s’assurer que tout fonctionne afin de poursuivre le travail », indique Krikalev.

Malgré les plans ambitieux du gouvernement, le développement de l’aéronautique russe présente plusieurs points faibles. Selon le vice-premier ministre russe, l’un d’eux concerne la production dans le pays de technologies électroniques de pointe, et plus précisément d’une base de composantes électroniques.

« Les émetteurs présents à bord des satellites de relais sont entièrement fabriqués par des firmes étrangères ou par des entreprises nationales grâce à des pièces confectionnées hors de nos frontières », explique Rogozine. « C’est d’ailleurs pour cette raison que la Commission de l’industrie militaire russe a chargé l’Agence spatiale fédérale de passer ses commandes auprès de l’industrie nationale des technologies électroniques résistant aux radiations ».

Rogozine n’a également pas éludé la question de l’arrêt de la collaboration de la NASA avec la Russie. D’après lui, en cas de sanctions, il est toujours possible de former une stratégie de développement de l’aéronautique nationale indépendante des partenaires internationaux incertains.

Article basé sur des sources de Lenta.ru, Itar-Tass, Aif.ru et Rossiyskaya Gazeta

 

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