La Russie investit dans les robots

La conférence a rassemblé des spécialistes internationaux réputés, ainsi que des groupes de recherches. Source : Skolkovo

La conférence a rassemblé des spécialistes internationaux réputés, ainsi que des groupes de recherches. Source : Skolkovo

Le samedi 9 février, les deux premiers étages de l’Hypercube, bâtiment situé au centre d’innovations de Skolkovo, faisait un peu penser à un laboratoire de film fantastique sur le prochain millénaire.

Près de 500 personnes se sont rassemblées lors de la conférence internationale Skolkovo Robotics, organisée par la fondation Skolkovo et le Ministère des Communications. L’objectif de cet événement était de soutenir la recherche et le développement de la robotique pour les personnes et les services.

En Russie, la robotique connaît actuellement une « renaissance » après une baisse considérable de son intérêt entre la fin des années 80 et les années 2000. Les élèves soviétiques rêvaient presque tous de devenir cosmonautes et lisaient beaucoup de science-fiction. Mais avec l’arrivée de l’économie de marché, ce sont les entrepreneurs et les fonctionnaires à succès qui sont devenus les symboles de l’époque. La baisse du prix des composantes techniques a toutefois ouvert de formidables perspectives dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la mécanique, favorisant ainsi un nouvel intérêt pour la robotique.

Présents au forum Skolkovo Robotics, le PDG de Mail.ru Group Dmitri Grichine et Igor Agamirzian, directeur général de la société RVK, ont indiqué que le secteur connaissait des changements fondamentaux et que le monde se trouvait à l’aube d’une grande révolution. « Aujourd’hui, une équipe de 4 ou 5 ingénieurs peut faire de la robotique. Sans le boom des smartphones et d’autres appareils électroniques, cela aurait été impossible », explique Grichine.

Parmi les nouveaux développements exposés au deuxième étage de ce bâtiment ultramoderne fait de verre et de béton, on pouvait observer, en plus d’objets conçus par les participants au forum, des accessoires conçus « avec ce qu’il y avait sous la main », à savoir un netbook et de simples appareils électroniques accessibles à tous. La majorité des produits sont conçus pour réaliser des tâches quotidiennes et on ne pouvait guère parler de « nouvelles » idées dans le domaine scientifique et technique. Un robot capable de tenir une conversation simple avec les visiteurs sans aide extérieure et de publier ses discussions sur Twitter a notamment été présenté, tout comme une machine destinée au contrôle des canalisations et pouvant, entre autres, être utilisée pour les sites dangereux comme les centrales nucléaires ou d’autres installations dont l’accès est déconseillé aux humains. Les visiteurs de l’exposition ont également pu observer un mini-hélicoptère créé en collaboration avec le ministère russe des Situations d’urgence et qui possède une autonomie de travail de 15 minutes, période durant laquelle il peut analyser en profondeur une maison ou une construction détruite située en zone dévastée. Une partie des inventions, comme les derniers développements militaires, se trouvait cependant à un niveau fermé au public.

La conférence a rassemblé des spécialistes internationaux réputés, ainsi que des groupes de recherches. Steven Dubowsky, directeur du Laboratoire de robotique spatiale et pratique de l’Institut technique du Massachussetts, et Yannis Demiris, professeur au Laboratoire de robotique bio-inspirée de l’Imperial College de Londres, ont notamment donné des conférences.

Le soutien à la robotique fera probablement partie des nombreux projets de la Fondation Skolkovo. Dès le début de la conférence, son président Viktor Vekselberg a annoncé qu’un concours de robotique nommé Skolkovo Robotics Challenge serait organisé annuellement. Une partie des fonds alloués par la fondation sera également destinée à la conception de modèles expérimentaux, souvent très coûteux pour les start-ups spécialisées dans les technologies. « Nous voulons que vous ayez la possibilité de mettre au point des modèles opérationnels », a ainsi déclaré Viktor Vekselberg aux personnes présentes.

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