Disqualification des paralympiens russe : et après ?

Équipe paralympique russe à Londres.

Équipe paralympique russe à Londres.

Anton Denisov / RIA Novosti
La sélection paralympique russe n’ira pas à Rio, manquera les JO d’hiver de Pyeongchang et d’autres compétitions internationales. Pour l’instant, les experts ne parlent pas de catastrophe. Certains voient même des avantages dans cette situation.

Le Comité international paralympique (CIP) a annoncé la suspension du Comité paralympique russe (CPR) à la suite du scandale de dopage, ce qui signifie que les sportifs handicapés russes ne pourront participer ni aux Jeux de Rio, ni à d’autres tournois internationaux. Est-ce un coup mortel pour le mouvement paralympique russe ?

Rima Batalova, vice-présidente du CPR, treize fois championne paralympique et députée à la Douma (chambre basse du parlement russe), appelle à ne pas dramatiser la situation. Selon elle, il est encore trop tôt pour envisager des conséquences sérieuses pour le sport paralympique russe, étant donné que le Comité fera tout son possible afin de rétablir son statut. « J’ai parlé au chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, qui a commenté la situation et m’a dit que le ministère ne resterait pas les bras croisés », a déclaré Rima Batalova à RBTH.

Le biathl&egrave;te russe Sergei Shilov.nArtur Lebedev / TASS<p>Le biathl&egrave;te russe Sergei Shilov.</p>n
Les athl&egrave;tes russes Ivan Goncharov et Margarita Goncharova.nMikhail Mokrushin / RIA Novosti<p>Les athl&egrave;tes russes Ivan Goncharov et Margarita Goncharova.</p>n
La Russe Anastasiya Diodorova lors du 50m papillon, aux Jeux de Londres.nIliya Pitalev / RIA Novosti<p>La Russe Anastasiya Diodorova lors du 50m papillon, aux Jeux de Londres.</p>n
Vladimir Balynets, m&eacute;daill&eacute; d&#39;argent des Jeux de 2012 &agrave; Londres.nAlexander Ryumin / TASS<p>Vladimir Balynets, m&eacute;daill&eacute; d&#39;argent des Jeux de 2012 &agrave; Londres.</p>n
 
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Sergueï Chilov, six fois champion paralympique de course à skis et membre du comité exécutif du CPR, n’est pas enclin lui non plus à faire une croix sur le sport paralympique en Russie. « Je ne pense pas que notre sport va disparaître. Les paralympiens s’entraîneront et participeront à des compétitions. Cette situation ne devrait pas durer longtemps, a-t-il indiqué à RBTH. Dans tous les cas, il faudra chercher des points de jonction avec le Comité international paralympique. Il faut l’informer de notre système, de nos sportifs, ne rien cacher, car nombreux sont ceux qui ne savent pas ce que nous faisons ».

L’interdiction rend plus populaire le sport paralympique

Le président de l’Union du para-taekwondo d’Europe, Alexandre Chlytchkov, explique pour sa part que le sport est le meilleur moyen de réhabilitation et d’adaptation sociale non seulement pour les sportifs professionnels, mais également pour ceux qui s’entraînent en amateurs.

« Il serait superflu de parler encore une fois des épreuves vécues par chaque sportif handicapé ces derniers mois, a-t-il dit à RBTH. Pour ce qui est de la participation aux Jeux paralympiques de 2018 à Pyeongchang, la question reste ouverte. Il est nécessaire aujourd’hui d’établir un dialogue avec le CIP et de réagir dûment aux accusations formulées contre le CPR. Nous voyons d’ailleurs que les sportifs et les responsables du Comité travaillent afin de résoudre le problème ».

Toujours d’après Alexandre Chlytchkov, la situation actuelle n’a fait que renforcer l’intérêt pour les sports paralympiques en Russie, au point qu’il n’est plus opportun de parler de problèmes dans son développement ou son financement. « Toutefois, des discussions et scandales semblables volent aux sportifs les forces et le temps qu’ils auraient pu consacrer aux entraînements. Il se peut que certains cèdent aux émotions et quittent le mouvement paralympique et on ne pourrait leur en vouloir », a-t-il souligné.

Le Russe Alexei Bychenok lors des Jeux de Sotchi.nAlexey Filippov / RIA Novosti<p>Le Russe Alexei Bychenok lors des Jeux de Sotchi.</p>n
Le champion des Jeux paralympiques de Londres Alexey Ashapatov.nIliya Pitalev / RIA Novosti<p>Le champion des Jeux paralympiques de Londres Alexey Ashapatov.</p>n
 
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Certains fonctionnaires et hommes d’affaires ont annoncé leur intention d’investir dans les compétitions de sportifs handicapés, tandis que l’équipe olympique féminine de handball a offert une partie de sa prime à la sélection paralympique de Russie. La situation n’est pas sans issue, mais il faut du temps, affirment les experts.

Repère 1 : les disqualifications

Outre les Jeux de 2016 à Rio et les Jeux de 2018 à Pyeongchang, l’équipe russe doit faire une croix sur d’autres compétitions, comme la Coupe du monde de danse en fauteuil roulant de Saint-Pétersbourg ou les championnats d’Europe de para-taekwondo à Varsovie en septembre, aux championnats d’Europe de goalball à Maia (Portugal) ou de parabadminton à Beek (Pays-Bas) en octobre, ainsi qu’à la Coupe du monde d’escrime en fauteuil à Pise en novembre. Leur sort dépendra de l’examen de la demande du Comité paralympique russe. La décision doit être prise dans le courant des six ou sept prochains mois.

Pour le moment, le Tribunal arbitral du sport (TAS) et la Cour fédérale de Suisse ont rejeté l’appel déposé par le Comité paralympique russe. Plus de 200 membres de la sélection paralympique de Russie ont présenté au CIP des demandes personnelles de participation aux Jeux paralympiques. 34 d’entre eux ont été d’ores et déjà déboutés par la justice, ce qui ne permet pas d’espérer une décision positive pour les autres.

Repère 2 : la Russie organisera ses propres compétitions paralympiques

Lors d’une rencontre avec les membres de la sélection olympique de Russie au Kremlin, le 25 août dernier, le président russe Vladimir Poutine a promis que des compétitions seraient organisées pour les sportifs handicapés à la place des Jeux paralympiques. Les succès des sportifs seront récompensés par des primes identiques à celles qui leur auraient été versées pour leurs victoires à Rio. Ces compétitions auront lieu les 7 et le 8 septembre dans la région de Moscou.

« Je ne veux pas placer ces compétitions sur le même plan que les Jeux paralympiques en raison de conditions différentes, a indiqué Sergueï Chilov. Si lors des Jeux on engage une véritable lutte pour le résultat, ici on entrera en compétition entre nous et le résultat ne sera pas le même. C’est un championnat tout autre et la valeur des victoires sera différente ».

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