Andreï Roublev, un tennisman en herbe qui vise haut

Le tennisman russe Andreï Roublev. Crédit : Vladimir Astapkovitch/RIA Novosti

Le tennisman russe Andreï Roublev. Crédit : Vladimir Astapkovitch/RIA Novosti

Le tennisman russe de 17 ans Andreï Roublev est devenu le premier Russe à remporter le tournoi junior de Rolland Garros. Le sportif a fini la saison à la première place du classement et est prêt à débarquer dans l'élite du tennis adulte.

En 2014, un tennisman russe a obtenu un fracassant succès. Ce n'est pas un adulte : depuis l'époque d’Evgueni Kafelnikov et Marat Safin, les tennismen russes n'ont rien gagné de sérieux. En revanche, le junior russe Andreï Roublev a joué de façon très solide pendant l'année écoulée : le Moscovite de 17 ans a remporté le tournoi junior de Rolland Garros. Auparavant, seuls les tennismen soviétiques avaient réussi une performance similaire : en 1966, Paris s'est offert au Moscovite Vladimir Korotkov, et en 1991 le Kiévien Andreï Medvedev s’imposait. En outre, Roublev est devenu le deuxième Russe, après Andreï Kouznetsov, champion à Wimbledon en 2009, à remporter un tournoi Grand Chelem. 

Grâce à sa victoire dans la capitale française, Andreï a pris confiance dans ses forces et a terminé la saison au sommet du classement mondial en dominant le Brésilien Orlando Luz. La Fédération internationale de Tennis (ITF) a nommé Roublev joueur de l'année chez les juniors. 

« C'est toujours agréable d'être premier. La victoire à l'Open de France est pour l'instant la plus importante de ma carrière. Oui, je suis devenu premier joueur mondial à la fin de l'année. Mais qui est-ce que cela intéresse ? L'histoire connaît beaucoup d'exemples de juniors victorieux qui ont rapidement mis un terme à leur carrière dans le tennis adulte. Je ne veux pas répéter leur trajectoire. C'est pourquoi je n'arrête pas l'entraînement même à la fin de la saison », confiait Roublev à RBTH.

La motivation de maman

C’est sa mère, Marina Marenko, qui travaillait auparavant avec Anna Kournikova, qui a amené Andreï au tennis. Quand son fils a eu trois ans, sa mère lui a offert une raquette et l'a emmené sur le court. Depuis, elle est le principal coach de son fils, malgré le fait qu'Andreï ait eu l’occasion de travailler occasionnellement avec d'autres spécialistes. Il y a quelques années, il a collaboré de façon constructive avec Philippe Weiss, et depuis 2013, c’est le Biélorusse Sergueï Tarassevitch qui entraîne Roublev.

« Moi, maman et Sergueï Tarassevitch formons une grande équipe. Nous avons fait connaissance avec lui à Minsk et ça fait déjà trois ans et demi que nous allons ensemble à tous les tournois. Tarassevitch m'a énormément appris. Ce n'est pas seulement mon entraîneur sur le court, mais une personne qui me donne des conseils de vie inestimables. Je le vois la plupart du temps dans la vie privée, j’adopte ses valeurs et ses priorités », a déclaré Roublev. 

La orange Bowl, premier pas vers la carrière adulte

Аndreï a débuté de façon précoce dans le circuit junior : à 13 ans déjà, il jouait son premier tournoi, le Luxembourg Indoor Junion Open. Et lors du second, sur l'île Maurice (Vacoas-Phoenix Junior Open), le Russe a obtenu la victoire. Un an après, Roublev atteignait régulièrement le troisième tour des tournois auxquels il participait, et en décembre 2012 il a marqué l'histoire du tennis junior russe, en devant le premier parmi ses compatriotes à remporter le tournoi junior le plus important : l’Orange Bowl (USA). Chris Evert, Bjorn Borg, John McEnroe, Ivan Lendl, Justine Henin, Roger Federer et d'autres futures stars ont par le passé remporté ce tournoi à l’histoire riche, créé en 1947. 

« J'ai gagné l’Orange Bowl à la troisième tentative seulement. Les deux échecs précédents m'ont causé beaucoup de douleur. En 2011, j'ai atteint le stade des 16èmes de finale et j'ai été tellement amer, que j'ai même songé à abandonner le tennis » raconte Roublev.

La victoire à l’Orange Bowl 2012 a propulsé Andreï au début d'une carrière professionnelle, et en 2013 le Moscovite a commencé à combiner les compétitions juniors et adultes. A la même époque, une spécificité du jeu de Roublev a également commencé à se manifester. Andreï a réalisé ses meilleurs résultats sur terre battue, et a définitivement obtenu le statut de « joueur de terre battue » suite à ses dernières victoires éclatantes.    

En novembre 2013, Andreï a lutté pour son premier titre professionnel, en surclassant tous ses concurrents en Floride (U.S.A. F31 Futures). Pendant la saison actuelle, il a réalisé une série impressionnante sur terre battue : la finale du tournoi en Espagne (Juan Carlos Ferrero International Senior Open) et les compétitions prestigieuses du « Trofeo Bonfiglio » à Milan, suivies par une victoire sensationnelle au tournoi de l'ITF à Moscou et le triomphe de Roland Garros.

La boxe comme soutien

« Je comprends que pour devenir un champion sérieux, il faut savoir jouer sur tous types de surface, comme Rafael Nadal, Roger Federer ou Novak Djokovic. Je veux aussi rétablir les traditions de victoire du tennis russe. J'ai seulement vu en vidéo les victoires de Marat Safin et d’Evgueni Kafelnikov. Je rêve de répéter leur parcours », reconnaît le joueur junior.

Pour l'instant, Roublev occupe la 443ème place dans le classement adulte de l'ATP, mais selon l'entraîneur émérite de Russie Vladimir Kamelson, il pourrait dès l'année prochaine figurer parmi les deux cents premiers.

« La vitesse de balle de Roublev correspond aujourd'hui au tennis masculin, il se sent vraiment comme un poisson dans l'eau sur terre battue. Andreï voit formidablement bien le court, il peut jouer depuis n'importe quel côté. Il est sûr et certain qu'il a les moyens de gagner chez les adultes, et qu'il peut significativement améliorer sa position dans le circuit ATP ».

Roublev considère la boxe comme un des secrets de son succès. De l'aveu du sportif, il utilise depuis déjà plus de deux ans la boxe comme un moyen d’avoir une forme physique optimale.

 

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous ou sur notre page Facebook


Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.