Evgeni Plushenko : « Je ne peux plus faire subir à mon corps toutes ces expérimentations »

Evgeni Plushenko a renoncé à patiner son programme court à la dernière minute. Crédit : AP

Evgeni Plushenko a renoncé à patiner son programme court à la dernière minute. Crédit : AP

Après sa victoire à l'épreuve en équipe en patinage artistique aux Jeux Olympiques de Sotchi, le patineur vedette russe Evgeni Plushenko a renoncé à patiner son programme court. Opéré du dos il y a un an, le patineur de 31 ans a dû déclarer forfait à la toute dernière minute devant un public incrédule. À la veille de l'épreuve, Evgeni Plushenko a raconté aux médias russes comment s'étaient passés ces derniers mois avant les Jeux, après son opération. Comment a-t-il appris à marcher de nouveau ? Comment a-t-il décidé de partir et de tout abandonner à plusieurs reprises ? Pourquoi est-il finalement resté et comment est-il devenu de nouveau champion olympique ?

À propos de son mal de dos et l'opération 

Mon cycle olympique a commencé par une opération de la colonne vertébrale. C'était l'opération la plus compliquée de toute ma carrière et de toute ma vie. J'ai appris de nouveau à marcher, à me relever du lit. J'ai mis beaucoup de temps à me remettre de l'anesthésie... c'était une catastrophe, cette anesthésie. 

Quand je suis sorti de nouveau sur la glace, je patinais non pas comme un professionnel mais comme un débutant. J'essayais de faire des sauts simples mais je ne les sentais pas du tout. À vrai dire, je ne pouvais pas imaginer qu'un jour je patinerais comme je l'ai fait ici, à Sotchi.

Avant l'opération, je souffrais depuis longtemps de maux de dos. La crise la plus grave a eu lieu lors du championnat d'Europe (en janvier 2013, Plushenko a dû annuler sa participation au championnat d'Europe à Zagreb, à cause de maux de dos, en février 2013, il a été opéré de la colonne vertébrale, ndlr). Je ne voulais pas y aller, je sentais que je ne pourrais pas patiner car j'avais mal au dos, des tiraillements dans la jambe, je ne pouvais pas rouler plus de dix minutes en voiture, je ne pouvais pas faire l'impulsion pour un saut puisque mon dos ne fonctionnait pas. Je ne pouvais pas dormir, je prenais un bain de 20 minutes avec de l'eau bouillante cinq fois par jour. Aucun analgésique ne me soulageait.

Mes amis connaissaient le docteur Pekarski, en Israël, l'un des trois plus grands spécialistes au monde de la colonne vertébrale. Ils m'ont persuadé de venir le consulter. Quand j'y suis allé, je ne pensais pas que tout allait se terminer par une opération. Mais Pekarski a dit que mon dos ne pouvait être réparé que par la chirurgie. Il a dit : « Si tu veux continuer ta carrière, tu as besoin d'une opération ». J'ai tout de suite répondu : « D'accord ». 

À propos de la rééducation après le traumatisme  

Après l'opération, j'ai mis dix jours rien que pour refaire surface. On m'apprenait à me relever. En fait, si tu te lèves brusquement, tu peux déplacer le disque, ou plutôt son substitut, un polymère à vis. Ensuite, j'ai commencé à essayer de sortir sur la glace...

J'ai toujours mal. Je sais que je vais traîner cela encore longtemps. Je récupérerai véritablement quand je quitterai le sport après les Jeux Olympiques, j'entraînerai les enfants, j'ouvrirai mon école de sport... Mais pour le moment, avant le programme court de l'épreuve par équipes, j'ai dû de nouveau prendre trois bains d'eau bouillante, et cinq bains avant le programme libre. 

À propos du premier tournoi officiel après le traumatisme 

Nous arrivons à Riga (en novembre 2013, Plushenko a gagné à Riga le tournoi VolvoCup, ndlr), et je vois que mon organisme change plusieurs fois par jour. Un coup j'ai mal là, puis dans un autre endroit. Un coup ce sont des ligaments, puis des muscles, puis le dos... Je rate tous mes triples et je pense : c'est tout, cette fois c'est sûr que j'arrête tout. Je ne peux plus faire subir à mon corps toutes ces expérimentations. Et le lendemain, je sors sur la glace et je réussis tout. Et cela veut dire que tout continue.

À propos de sa vie après Sotchi

Parfois, quand je me sens bien, je pense continuer ma carrière. J'aurai 35 ans aux prochains Jeux Olympiques. Cela commence à faire, mais si tu es plein de forces, cet âge n'est pas critique non plus. Vous voulez que je batte des records ? Mais aujourd'hui, lors d'un saut, j'ai de nouveau eu une douleur. 

J'espère, que ce n'est pas grave. Avant 2018, il faut que je me repose, que je passe du temps avec ma famille, et ensuite nous allons décider en équipe. 

À propos de sa prestation lors de l'épreuve par équipes aux Jeux Olympiques 

À Sotchi, c'était assez facile de patiner. Je me suis progressivement habitué à la salle, aux cris, aux encouragements du public. La musique m'inspire beaucoup aussi. Oui, c'est vrai, j'ai simplifié mon programme. Mais il s'agit d'une tactique. Le matin à l'entraînement, j'ai vu que ni Chan, ni Hanyu n'étaient présents. Pourquoi donc prendre des risques ? Il fallait gagner une médaille, assurer l'avance de l'équipe. Nous nous sommes mis d'accord avec l'entraîneur sur ce point.

D'après Kommersant et Rossiyskaya Gazeta 

 

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