Elizaveta Koulitchkova : une seconde Sharapova ?

La joueuse de tennis russe Elizaveta Koulitchkova a remporté l’Open d’Australie junior, en simple comme en double. Son talent, combiné à son allure de mannequin, pourrait faire de la jeune Sibérienne de 17 ans la nouvelle superstar du tennis mondial.

Elizaveta Koulitchkova après avoir remporté les compétitions juniors à l'Open d'Australie. Crédit : AP

Il semblerait que les immenses espaces sibériens couverts de neige huit mois par an ne soient pas seulement riches en pétrole et en gaz, mais aussi en joueurs de tennis de talent. Jugez par vous-même : la superstar russe, l’ex-première raquette du monde Maria Sharapova est originaire d’une ville de Sibérie. Aujourd’hui, la toute récente vainqueur de l’Open d’Australie Junior est issue de la même région. Elizaveta Koulitchkova, âgée de 17 ans, est originaire de Novossibirsk. Les spécialistes tout comme les simples observateurs l’affirment : son talent, combiné à son allure de mannequin font de la jeune Lisa le principal espoir du tennis féminin russe et une future Sharapova.

Une Junior avec de grands projets

Formellement, c'est encore une Junior, mais sa position au classement féminin des moins de 18 ans est relativement basse (32e). Cela signifie tout simplement que Lisa participe désormais à bien plus de tournois pour adultes. Dans le classement WTA, Koulitchkova se situe au milieu de la troisième centaine. Trois titres de l’ITF (Fédération Internationale de Tennis) se trouvent à son palmarès : une victoire à Hong-Kong en 2014 (prix doté de 25 000 dollars), à Istanbul en 2013 (25 000 dollars) et à Antalya en 2012 (10 000 dollars).

Les cours Australiens lui ont apporté une double victoire : en individuel (en battant en finale la Croate Jana Fett, 6:2, 6:1) et en double, avec l’Ukrainienne Angelina Kalinina.

Koulitchkova est ainsi devenue la troisième Russe à avoir remporté l’Open d’Australie après Anastasia Pavlioutchenkova (2006, 2007) et Ksénia Piervak (2009) et la seconde représentante de la Russie à simultanément obtenir la victoire à Melbourne dans les deux catégories (la première était également Pavlioutchenkova, en 2006).

« Les autres sports ne m’intéressent pas »

Lisa apprécie justement la manière dont se déroule la carrière de Pavlioutchenkova. « Oui, et d’ailleurs son style de jeu est proche du mien, explique Elizaveta. Je fais aussi le pari d’un tennis offensif, de ne pas rester sur la ligne de derrière ». Parmi ses idoles : la joueuse déjà retirée du circuit Anastasia Myskina. Selon les mots de Koulitchkova, elle aime son « tennis intelligent aux multiples facettes ». Elle a également certaines idoles parmi les joueurs de tennis masculins : elle apprécie le Suisse Roger Federer ainsi que le Serbe Novak Djokovic. « Les autres sports ne m’intéressent pas », affirme avec assurance Lisa.  

La transition du tennis Junior vers le tennis adulte est un moment difficile générant une certaine anxiété. Combien de fois a-t-on vu de jeunes joueuses de tennis se noyer au milieu des Grandes Dames ! « Je crois que beaucoup de gens surestiment la signification des titres Junior, explique Koulitchkova. Certains peuvent sans doute de la sorte commencer immédiatement à se considérer comme un véritable joueur. Mais je ne suis pas de cet avis. Puisque je joue à la fois en Junior et chez les adultes, je suis capable de mesurer la différence entre les deux. C’est juste que je ne peux simplement pas imaginer que tout va continuer à se passer facilement. Bien sûr, c’est formidable de gagner, c’est un souvenir pour toute la vie. J’ai d’ailleurs toujours voulu remporté la victoire dans les tournois du « Grand Chelem ». J’ai auparavant déjà été en demi-finale ».

Sibérie - Thaïlande - Australie

Lisa raconte qu’elle a commencé à jouer au tennis à l’âge de 6 ans. « C’est Papa qui m’a amené au tennis ». Dmitri Koulitchkov, entraîne toujours sa fille. « Sur ce plan rien n’a changé, explique Lisa. Papa vient toujours avec moi et maman et mon jeune frère (de 12 ans, il joue également au tennis) voyagent parfois avec nous. L’entraînement en vue des tournois se déroule principalement en Thaïlande. Depuis déjà quatre ans, ce pays est pour moi comme mon foyer. Il y a encore l’Académie de Tennis d’Istanbul. En ce qui concerne l’Australie, après le « Grand Chelem », j’y suis resté un certain temps, je m’y suis entrainée et j’ai participé à des tournois. Je dois dire que je suis aidé par mon entraîneur étranger, l’australien Gavin Hopper. Pour ce qui est des tournois futurs, je participerais peut-être à d’autres compétitions de l’ITF en Inde ».

Elizaveta Koulitchkova est toujours scolarisée dans sa ville natale de Novossibirsk. Elle y est inscrite en tant qu’élève externe. L’on confesse qu’elle se trouve rarement sur place. « Le printemps sera là dans un mois et demi, il faut que je termine l’école, explique-t-elle. Cette année j’étais en classe de terminale ».       

Au final, l’on revient toujours au sujet des classements. Ainsi qu’à ses objectifs pour l’année actuelle. « En fait, je voudrais être proche des cents premiers à la fin de la saison, prévoit Lisa. Cela serait tout simplement parfait. Mais le but général dans une carrière est de devenir numéro un mondial et de remporter le « Grand Chelem ». Mais, bien sûr, pas dans la catégorie Junior mais dans celle des vrais adultes ».

Lisa a d’ailleurs fait part de son souhait de devenir la première raquette du monde immédiatement après sa victoire en Australie, au cours d’une conférence de presse. Ses mots ont attiré l’attention de la joueuse de tennis russe et championne olympique Elena Dementieva. « Elizaveta nous a montré des résultats impressionnants, en gagnant à la fois en individuel et en double, et cela avec tant de confiance, c’est une solide prestation, indique Dementieva. Elle nous a montré un très bon tennis. C’est formidable de voir qu’il y a une nouvelle génération en laquelle nous pouvons placer nos espoirs. Et j’ai apprécié la façon dont elle a évoqué ses plans : entrer dans le top cent, puis devenir la première raquette du monde. Sans ambition il est difficile de réussir ».

 

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