Kazan 2013 : compte rendu de la plus grande Universiade de l’histoire

Crédit photo : Sergueï Kouksine / RG

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La cérémonie de clôture est achevée et les derniers athlètes quittent le village de l'Universiade 2013 ; la vie reprend son cours dans la ville-hôte des Jeux universitaires d'été 2013. Il est temps de se demander de quoi il s’agit.

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La meilleure Universiade de l’histoire

« On ne peut pas dire ‘c’est peut-être la meilleure Universiade de tous les temps’, car c’est effectivement la meilleure Universiade jamais organisée », a déclaré dans un de ses nombreux discours dans le cadre de l’Universiade 2013 le président de la Fédération internationale du sport universitaire (FISU) Claude-Louis Gallien.

Même les athlètes, habituellement beaucoup moins discrets dans leurs commentaires, ne se sont pas permis de tenir des propos aussi catégoriques.

Néanmoins, M.Gallien avait ses raisons pour laisser de côté le « politiquement correct ». On envisageait bien avant le début de l’Universiade de Kazan, que cette édition soit la plus grande de l’histoire : 162 pays participants, plus de 10.000 athlètes, plus de 350 lots de médailles.

L’État russe a débloqué pour l’Universiade de Kazan près de 5,34 milliards d’euros et a construit 64 installations sportives. A titre de comparaison, le budget de la Coupe du monde de football de 2018, qui se tiendra en Russie, se chiffre à 15,58 milliards d’euros.

La cérémonie d’ouverture de l’Universiade 2013 a vraiment donné la note de l’événement : on avait l'impression d'assister à l’inauguration des Jeux olympiques.

La couverture des jeux de Kazan, elle aussi, était d'envergure olympique : d’après la chaîne Eurosport, partenaire officiel de la FISU, durant les premiers jours déjà, l’Universiade de Kazan a réalisé un record d’audience, le nombre de téléspectateurs étant deux fois supérieur à celui de l’Universiade précédente, tenue en Chine.

En outre, les jeux de Kazan ont été les plus suivis aux États-Unis : le célèbre réseau de télévision américain ESPN a diffusé aux USA 115 heures de l’Universiade. Au total, près de 110 pays ont racheté les droits de diffusion de l’Universiade.

« Ruée vers l’or »

La sélection russe a réalisé à l’Universiade 2013 un résultat sans précédent qui semble dorénavant inatteignable. Effectivement, après la première moitié des jeux, la Russie avait déjà surpassé le record précédent de médailles d’or (75), établi par la Chine il y a deux ans.

Au total, le pays-hôte a raflé 155 médailles d’or, ce qui plus que le total des médailles gagnées par les Chinois en 2011 (145). Avec un total de 292 médailles (dont 155 d’or, 75 d’argent et 62 de bronze), la Russie est le leader incontestable de cette édition des Jeux universitaires, devançant la Chine avec ses 77 médailles (dont seulement 26 d’or) par un écart gigantesque.

Toutefois, il ne serait pas honnête de dire que les Russes ont gagné uniquement parce qu’ils étaient chez eux : la sélection russe comprenait plusieurs champions olympiques et du monde. En outre, le programme de l’Universiade prévoyait des sports nationaux dans lesquels les Russes dominent.

Les athlètes russes avaient bien une motivation : la prime pour une victoire se chiffrait à près de 3.750 euros, outre les bonus fournis par les administrations régionales. Quant aux étudiants étrangers, ils sont venus en Russie non seulement pour gagner, mais aussi pour se reposer. Du matin au soir, les jeunes athlètes se promenaient au centre de Kazan – et il n’y avait presque pas de Russes parmi eux.

« Nous n’avons pas eu le temps pour le tourisme, nous ne faisions que s'entraîner », a indiqué à La Russie d’Aujourd’hui la nageuse Alla Shishkina. Juste après avoir décroché une médaille d’or à l’Universiade, elle a quitté Kazan pour assister à la préparation de l’équipe russe aux championnats du monde, qui va commencer à Barcelone.

Par ailleurs, l’hébergement des athlètes était l’un des points forts de l’Universiade de 2013. Ceux d’entre eux qui avaient pris part aux JO de 2012 à Londres ont déclaré que Kazan surpassait sans aucun doute la capitale britannique en termes de logement et, particulièrement, d’alimentation. La cuisine était si délicieuse et si variée que les athlètes n'oubliaient pas de le mentionner dans presque chaque interview.

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Heure de gloire de Kazan

« La manière dont l'Universiade a changé la ville de Kazan mérite votre attention. Il y a encore dix ans, c'était une cité ordinaire, tandis qu'aujourd'hui c'est l'une des plus belles villes d'Europe », a indiqué M. Poutine lors d'une rencontre avec les athlètes.

Nier le fait que la ville s'est rafraichie serait absurde. Les routes ont été réparées, plusieurs voies de raccordement ont été édifiées. Mêmes les chauffeurs de taxi éternellement mécontents ont reconnu que le résultat valait les embouteillages et toute une série d'autres incommodités liées aux préparatifs de cet événement d'envergure.

Cependant, les autorités n'ont pas su tout mettre au point. Par exemple, un quai inachevé a dû être masqué à l'aide d'affiches. Comme le rappellent les habitants, 22 rames de fabrication biélorusse ont été commandées pour le tramway à grande vitesse au lieu des 66 rames italiennes initialement promises. D'ailleurs, le tramway en question a déraillé au moins deux fois pendant la ténue des compétitions.

Quant à l'Universiade, elle a trouvé un écho parmi les habitants de Kazan. Tous comme les Moscovites, les habitants de cette ville se sont rassasiés de toute sorte d'événements sportifs : d’ordinaire, les matchs de foot, de hockey et de basketball ne remplissent pas les tribunes.

Cependant, les Jeux universitaires ont créé un véritable boom auquel même les organisateurs ne s’étaient pas attendus. Une situation paradoxale s'est créée au cours des premiers jours des Jeux : les tribunes n'étaient pas remplies, mais les billets étaient déjà tous vendus.

L'afflux des spectateurs était si important qu'un bon nombre de guichetiers ont présenté leur démission – les fans ne les laissaient même pas prendre leur pause déjeuner. « Il faut l'avouer, notre système n'était pas efficace », a déclaré lors des Jeux le président de la république du Tatarstan [dont Kazan est la capitale - ndlr] Roustam Minnikhanov.

Et après?

L'Universiade d'été 2013 ouvre une série de grands événements sportifs prévus à Kazan pour les prochaines années. La capitale du Tatarstan accueillera les Championnats du monde de natation en 2015, et des matchs de la Coupe du monde de football en 2018.

« En analysant les jeux précédent, on peut dire que les villes ayant accueilli des Jeux universitaires accueillent dans les cinq ans qui suivent des Championnats du monde dans toutes les disciplines représentées. Nous sommes déjà entrés dans une phase active de négociations et le tournoi le plus proche est celui des Championnats du monde de natation qui surpassera les Jeux universitaires en termes de durée et de participants », a déclaré le maire de la ville de Kazan, Ilsour Metchine. 

À plus long terme, Kazan compte déposer sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024. « Kazan pourra déposer une requête, et ses chances sont bonnes », a indiqué Marat Bariev, secrétaire général du Comité olympique de Russie. Le succès de l'Universiade montre que ses propos ne sont point une bravade.

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