La lutte contre le dopage s'intensifie

La coureuse de 26 ans Elena Churakova a été interdite de compétition pour deux ans à cause de son cas avéré de dopage. Crédit : Syisoev/Ria Novosti

La coureuse de 26 ans Elena Churakova a été interdite de compétition pour deux ans à cause de son cas avéré de dopage. Crédit : Syisoev/Ria Novosti

Le président de la Fédération d'athlétisme de Russie Valentin Balakhnichev commente les récents scandales liés à la disqualification de sportives russes, et évoque les nouveaux outils dans la lutte contre le dopage.

Participante des Jeux Olympiques de Londres au sein de la sélection russe, la coureuse de 26 ans Elena Churakova a été interdite de compétition pour deux ans à cause de son cas avéré de dopage. L'athlète, qui a atteint les demi-finales lors de ses premiers Jeux Olympiques, ne pourra plus participer à des compétitions sportives officielles jusqu'au 27 février 2015. Le test de dopage de Churakova a révélé fin janvier 2013 la présence de substances interdites (metandion et testostérone).

Spécialement pour La Russie d'Aujourd'hui, le président de la Fédération d'athlétisme de Russie Valentin Balakhnichev a commenté la situation. Balakhnichev ne la considère pas comme critique et cite les causes de l'augmentation du nombre de cas de tests de dopage positifs chez les athlètes russes.
 
« Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes et envers le sport. Les dernières disqualifications d'athlètes russes sont liées au renforcement de la lutte contre le dopage et à l'apparition de nouveaux outils pour détecter les dernières méthodes de doping, a confié Balakhnichev à La Russie d'Aujourd'hui. L'approfondissement de la lutte contre le dopage n'est pas uniquement lié aux équipements que possède notre Fédération, mais aux règles de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme. Il faut également noter les changements dans la législation de la Fédération de Russie. Jusqu'à il y a deux ans, le dopage en Russie n'était pas considéré comme une infraction administrative. Désormais, on peut punir non seulement les athlètes mais aussi leur entourage, y compris les entraîneurs. La détection du dopage en Russie est en outre soutenue par la création en 2010 d'une organisation antidopage indépendante – RUSADA. Cette organisation a été créée avec le soutien du Ministère des Sports, qui octroie plus d'argent pour la lutte contre le dopage. Voici un exemple. Si il y a cinq ans en Russie, le nombre de contrôles antidopage ne dépassait pas 500, l'année dernière, nous avons eu 3.500 contrôles antidopage. Cette année, nous prévoyons d'en réaliser 5.000. »

Selon M. Balakhnichev, la disqualification d'Elena Churakova ne constitue pas une surprise : « A mon sens, vous ne pouvez pas lutter contre le dopage sans sanctions sévères. En raison de l'augmentation des contrôles antidopage, nous nous attendons à une augmentation des disqualifications d'athlètes russes, a poursuivi le président de la Fédération. Cela ne doit pas nous effrayer. Les statistiques internationales montrent que 1 à 2% des échantillons sont toujours positifs. D'un autre côté, je veux citer notre laboratoire anti-dopage, qui développe de nouvelles méthodes de diagnostic et entretient un dialogue régulier avec les laboratoires d'autres pays. »

Enfin, M. Balakhnichev a noté que l'introduction du passeport biologique en Russie constituera un élément clé de la lutte contre les athlètes « malhonnêtes ». « L'introduction du passeport biologique, mis au point par la Fédération internationale d'athlétisme et RUSADA, sera un outil clé de la lutte contre le dopage, a indiqué le responsable. Le passeport biologique est actuellement largement utilisé en Russie dans le cyclisme, et rend cette discipline beaucoup plus propre. Le laboratoire russe introduira le passeport biologique le 1er janvier 2014. »

Outre Elena Churakova, deux autres sportives russes ont été disqualifiées pour deux ans. Olga Kouzenkova, 42 ans, championne olympique 2004 du marteau, a été disqualifié le 27 mars 2013. L'échantillon de dopage prélevé aux championnats du monde d'Helsinki en 2005 a révélé la présence de substances interdites. Tous les résultats de l'athlète de 12 août 2005 au 11 août 2007 seront annulés. Une autre participante des JO de 2004 d'Athènes, Svetlana Kriveleva, 43 ans, qui avait remporté le bronze du lancer du poids, a également été suspendue pour deux ans à partir du 2 avril 2013.

La championne olympique de Sydney Irina Privalova a confié à La Russie d'Aujourd'hui sa vision de la situation. « Il est triste de constater que l'équipe russe a perdu un nouvel espoir olympique », a indiqué Privalova. « Churakova avait dignement représenté la Russie à Londres et aurait pu facilement prétendre à une médaille, mais je ne pense pas qu'elle soit perdue pour le sport. Elena doit continuer à s'entraîner et ne pas baisser les bras. Concernant Kouzenkova et Kriveleva, je ne peux rien dire de spécial. Elles ont depuis longtemps fini leur carrière. Il est regrettable que tant d'athlètes russes soient contrôlées positives. Notre Fédération doit tout faire pour prévenir de tels cas, mais le sport est toujours imprévisible. »

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