Les universités russes entrent en jeu

Les joueurs de l’équipe « Vostok » (Est), Stanislav Kraïnov (à gauche) et Denis Krouglov (à droite) et le joueur de l’équipe « Zapad » (Ouest) Evaldas Rastenis (au centre) dans le match des stars de la Ligue étudiante internationale de basket-ball au

Les joueurs de l’équipe « Vostok » (Est), Stanislav Kraïnov (à gauche) et Denis Krouglov (à droite) et le joueur de l’équipe « Zapad » (Ouest) Evaldas Rastenis (au centre) dans le match des stars de la Ligue étudiante internationale de basket-ball au

Le sport étudiant russe se prépare à une réforme globale sur le modèle américain. Les universités russes vont construire des clubs sportifs étudiants russes. A leur tour, les clubs se constituent en ligues étudiantes pour disputer les championnats à tous les niveaux, jusqu’à l’échelon fédéral.

Le gouvernement russe envisage de mettre en place un système de sport universitaire dans toute la Russie. L’idée principale du projet consiste en la création de ligues étudiantes qui participeront aux championnats à tous les niveaux, jusqu’à l’échelon fédérale.

Toute la pyramide sera dirigée par l’Association des clubs sportifs étudiants (ASSK). Le conseil d’administration du mouvement sportif étudiant a déjà été dirigé par le président Vladimir Poutine.

Les développeurs du programme espèrent que les élèves iront dans les stades pour supporter leur équipe. Ils souhaitent non seulement construire un cadre pour les activités sportives de masse mais aussi des événements assez spectaculaires qui peuvent susciter l’intérêt du public et remplir les tribunes qui demeurent vides à l’heure actuelle.

 Il existe déjà en Russie plusieurs ligues sportives étudiantes, dont celles de basketball, de football et de hockey. Elles ont toutes activement soutenu la création de l’ASSK.

« Les clubs sportifs étudiants seront les cellules de base du développement du sport de masse. Avec leur aide on pourra s’occuper de la popularisation d’un type de sport défini, attirer des fonds extrabudgétaires et des sponsors, créer des fans-clubs », affirme le directeur exécutif de l’Association étudiante de basketball (ASB), Sergueï Krioukov.

Son organisation peut être considérée comme un exemple dans l’organisation de la compétition. L’ASB comprend près de 800 équipes de différents niveaux universitaires et organise même un match entre les stars du championnat.

Krioukov a créé un projet pilote pour l’ASSK visant à introduire un club de sport avec une structure définie, testé dans le domaine du basketball. L’idée de base consiste à avoir un manager dans chaque club, dont la tâche principale sera de fournir un financement, un directeur de la communication qui s’occupera de la publicité et de la promotion du club, et un entraîneur en chef.

Le président de la Ligue étudiante Nationale de Football (NSFL), Andreï Stoukalov est convaincu que la création de l’ASSK peut permettre de résoudre la question des financements des clubs sportifs en général, et de leurs équipes membres en particulier. Pour l’instant, Stoukalov reconnaît que l’argent transféré par l’Union russe de football est tout juste suffisant pour aider à l’organisation de la compétition. 

Le mode de financement du projet global n’est pas encore bien défini. On s’attend à ce que la création de clubs sportifs étudiants se fasse grâce à leurs propres fonds qui permettront également l’embauche de managers qui chercheront des financements supplémentaires. Il s’agit de sommes importantes pour les universités.

Le budget d’une modeste équipe de basketball au niveau régional est de 7 378 euros. Cet argent finance les déplacements, l’hébergement et les repas. Les salaires des entraîneurs et des managers constituent un coût distinct. En les prenant en compte, une équipe moyenne peut organiser un club universitaire pour quelques millions de roubles.

Il est également possible de recevoir des bourses supplémentaires pour des étudiants athlètes. On n’exclue pas ce genre d’aides dans les ligues étudiantes, mais seulement en augmentant les sources extrabudgétaires. 

« Aujourd’hui nous sommes totalement dépendants de la volonté des recteurs. Si le président de l’université aime le football, l’équipe peut participer à des compétitions. S’il aime le volleyball nous entendons que les équipes, les gars qui sont prêts à jouer, n’ont pas d’endroits, d’infrastructures, ni d’argent pour pouvoir effectuer des tournées dans des villes voisines. Avec la création de l’ASSK, les clubs sportifs seront soutenus par l’État », a déclaré le président de la NSFL, Andreï Stoukalov.

En outre, les ligues étudiantes espèrent devenir une plate-forme du sport professionnel. « Je crois à 100% que les éclaireurs de toutes les équipes de première ligue suivront avec attention le championnat étudiant. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’ils « scrutent » actuellement le marché étudiant chinois à la recherche de talents ? », dit Stoukalov.

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Les avis des représentants des universités

Guennady Davydov, le directeur des activités parascolaires de l’Université d’État d’économie de statistiques et d’informatique de Moscou (MESI)

Lors de la réunion avec le président, il a été déclaré que les universités devraient consacrer au développement du sport au moins deux fois le montant de son fonds de bourses d’études générales. Notre université utilise des sources extrabudgétaires.

C’est l’argent que l’université gagne grâce aux étudiants payant leur scolarité, pour l’activité scientifique, l’activité de recherche, différentes bourses etc.

Dmitri Khorvat, le chef de la direction de la culture et de la politique de jeunesse de L’Université Nationale technique de recherche (MISiS)

Pour toute université, le développement du sport est très couteux et dépend grandement de la présence d’infrastructures minimales. Le plus important est le salaire des entraîneurs qui sont intéressés par le fait que les élèves s’entraînent.

En ce qui concerne le montant minimum requis pour former une équipe de football, il n’est pas en mesure de répondre, mais en général il faut 3 à 4 millions de roubles à une université chaque année pour le sport.

Konstantine Firsanov, le directeur sportif du complexe de l’Université nationale de recherche (MIET)

Rien ne change fondamentalement, il y a une équipe de football, de basketball, de volleyball, de hockey, d’échecs, de rugby, d’athlétisme…  Pour créer une équipe à partir de zéro, il faut un entraîneur, du matériel, un endroit pour s’entraîner, et ce en fonction de la forme dans laquelle se réunit l’équipe, à quels concours ils s’apprêtent à participer et à quel moment.

Aussi, vont-elles concourir librement ou sous une forme spéciale avec un logo de l’université .

Article original (en russe) disponible sur le site de Moskovskie Novosti.

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