« Soft power » : la Russie dans le top-30 des pays les plus influents

De g. à dr.: Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le président russe Vladimir Poutine et le secrétaire d'État américain John Kerry.

De g. à dr.: Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le président russe Vladimir Poutine et le secrétaire d'État américain John Kerry.

Mikhail Klimentyev / TASS
Une agence britannique salue l’implication de la Russie dans la résolution des problèmes mondiaux, sa culture et son influence dans le monde des médias.

La Russie a pour la première fois fait irruption dans le Top-30 des pays les plus influents en termes de « soft power », établi par l’agence britannique des relations publiques Portland Communications. La position des Etats dans le classement est déterminée par leur capacité à influencer les autres pays par la culture et les valeurs de la société civile. La Russie n’arrive qu’en 27e position dans l’indice The Soft Power 30, mais c’est une percée par rapport au classement de 2015, dans lequel la Russie ne figurait pas du tout.

Point fort : la diplomatie

Le classement de Portland Communications est composé de plusieurs indicateurs, tels que le développement des technologies de l’information, la culture, le climat d’affaires, l’éducation, l’administration publique et l’implication des Etats dans la résolution des problèmes mondiaux. Il prend également en compte des sondages réalisés à travers le monde.

La note la plus élevée de la Russie correspond au critère « implication » (8e place sur 30), qui désigne surtout la diplomatie et l’influence sur la scène internationale. Les auteurs du rapport précisent que la Russie joue un rôle central dans les efforts visant à parvenir à un règlement pacifique en Syrie, au même titre que les Etats-Unis.

Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique globale, estime que la puissance diplomatique de la Russie a été démontrée tant par les négociations sur la Syrie que par son opération militaire. « La Russie a démontré sa capacité à mener des pourparlers, mais également à changer la donne « sur le terrain » grâce à des actions rapides et plutôt décisives », explique  M. Loukianov. « Paradoxalement, dans ce cas, la puissance militaire de la Russie a constitué un outil de son « soft power ».

La politique prime sur la culture

Parmi les autres points forts de la Russie, les auteurs de l’étude soulignent l’ampleur de l’auditoire international de ses médias nationaux et la conservation d’une partie de sa puissance économique, en dépit de la crise. Portland Communications place un accent particulier sur la riche culture russe : « L’attrait culturel mondial de la Russie se traduit par 29 millions de touristes par an. Qu’il s’agisse de l’histoire, de l’art ou de la littérature, la culture russe est largement appréciée et étudiée ».

Pour Fiodor Loukianov, c’est bien la politique, et non la culture, qui a joué le rôle central dans l’élaboration du classement. « La culture est, évidemment, toujours importante et la Russie dispose d’un immense arsenal culturel », explique l’expert. « Mais quand il s’agit de changements rapides, de comparaison entre l’année en cours et l’année précédente, la position dans le classement ne s’explique pas par des valeurs éternelles, mais par des actions politiques concrètes ». 

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.