Deux organisations éducatives classées « agents de l’étranger »

La fondation d’investissements sociaux à but non lucratif Dynasty a été mise en place en 2002 par Dmitri Zimine (sur la photo). Crédit : Valeri Levitine/RIA Novosti

La fondation d’investissements sociaux à but non lucratif Dynasty a été mise en place en 2002 par Dmitri Zimine (sur la photo). Crédit : Valeri Levitine/RIA Novosti

Le ministère russe de la Justice a inscrit lundi sur la liste des organisations agents de l’étranger la fondation Dynasty de Dmitri Zimine – qui soutient le développement de la recherche scientifique fondamentale et de l’éducation en Russie – et la fondation éducative Mission libérale d’Evgueni Yassine, directeur de la recherche scientifique de la Haute école d'économie.

Dynasty a été intégrée à la liste des organisations qualifiées d’agents de l’étranger à l’issue d’un contrôle planifié, annonce le ministère de la Justice dans un communiqué officiel. Mission libérale, fondation d’études théoriques et appliquées mise en place par le directeur de recherche scientifique de la Haute école d'économie, s’est retrouvée elle aussi sur ce même registre.

Evgueni Yassine a déclaré que « la fondation n’a jamais touché d’argent depuis l’étranger ». D’après lui, la direction de Mission libérale « luttera pour ses droits afin de prouver que nous sommes de vrais patriotes et en aucun cas des agents étrangers ».

Dynasty n’a pas encore fait connaître sa réaction, mais a fixé au 8 juin une réunion du conseil de la fondation qui prendra une décision.

La fondation d’investissements sociaux à but non lucratif Dynasty a été mise en place en 2002 par Dmitri Zimine, créateur de la société de télécommunications VimpelCom. Elle a pour objectif de promouvoir la recherche scientifique fondamentale et l’éducation, de financer la mobilité des chercheurs et de jouer le rôle de porte-parole de la science et de l’éducation. Dynasty gère plus de vingt programmes et projets de soutien aux jeunes physiciens et mathématiciens, enseignants et élèves talentueux, assure la formation de futurs scientifiques. En outre, elle organise des festivals de vulgarisation de la science et des conférences de grands noms de la science. Elle met en place chaque année quinze concours avec des prix et des bourses à la clé.

Les travaux de la fondation sont dirigés par un conseil présidé par Sergueï Petrov, député à la Douma (chambre basse du parlement russe).

La communauté scientifique critique vivement la décision du ministère de la Justice. « Les activités de la fondation sont cruciales pour les secteurs les plus différents de la recherche scientifique et de l’éducation russes, a souligné l’astrophysicien Sergueï Popov. Les projets de la fondation contribuent au développement des études. Pour ma part, je suis resté travailler en Russie parce que j’avais bénéficié du soutien de Dynasty. » Selon lui, le statut d’agent de l’étranger compliquera sérieusement la coopération de la fondation avec les organisations publiques. Dynasty assure son soutien à de nombreux « instituts de physique dont plusieurs travaillent directement dans le secteur de la défense et l’aéronautique ».

« C’est une erreur, une grave erreur », a renchéri le physicien Valéry Roubakov, membre de la présidence de l’Académie des sciences de Russie et l’un des scientifiques russes les plus cités dans la presse et les milieux de chercheurs. D’après lui, le fait que Dynasty ait été inscrite sur la liste des organisations agents de l’étranger risque « d’avoir de tristes conséquences pour les jeunes scientifiques qui bénéficient d’une grande aide de la part de la fondation ».

Le ministère de la Justice n’a pas été en mesure de répondre aux questions concernant les sources étrangères qui ont financé les activités de Dynasty, le montant précis des sommes et les projets concrets.

La liste des agents de l’étranger compte désormais 61 organisations à but non lucratif.

Texte original (en russe) disponible sur le site de Kommersant

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