Les Russes de plus en plus indifférents aux critiques de l’Occident (sondage)

Source photo : Flickr/andrey.mindryukov

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Selon un sondage du centre russe d’étude de l’opinion publique Levada, le nombre de Russes estimant que l'Occident est hostile à l'égard de leur pays est en nette augmentation.

Seuls 27% des Russes considèrent que leur pays doit prendre au sérieux les critiques émanant de l’Occident, contre 46% il y a 8 ans (voir l'infographie en bas de l'article), écrit le quotidien Vedomosti, se référant à une étude réalisée par le centre Levada.

43% des personnes sceptiques face aux critiques estiment que l’Occident est hostile à l’égard de la Russie, 40% sont persuadés que ce dernier cherche à affaiblir la Russie en tant que concurrent.

L’idée que l’Occident mène une politique hostile vis-à-vis de la Russie est partagée, d’une façon ou d’une autre, par 87% des personnes interrogées. Près de la moitié – 46% - estiment que l’Occident cherche à s’approprier les ressources naturelles russes. 43% considèrent que l’Occident craint la Russie.

La réunification avec la Crimée a consolidé la société russe. Selon le directeur du centre Levada Lev Goudkov les citoyens russes réalisent d’un côté que le droit international a été violé, mais refusent de l’autre de le reconnaître. « L’héritage de la conscience soviétique et l’esprit de forteresse assiégée jouent un rôle dans l’affaire : les personnes éprouvent une nostalgie envers le statut de grande puissance mondiale ».

Les fonctionnaires et les personnes âgées figurent parmi ceux qui tolèrent le moins les critiques occidentales. Les jeunes sont plus flexibles, estime le sociologue. 

Selon 47% des Russes, Moscou devrait dans le contexte actuel privilégier l’approfondissement des relations avec la Chine, seules 12% des personnes interrogées prônant le rapprochement avec les pays de la Communauté des États indépendants (CEI). D’après M. Goudkov, les Russes sont devenus plus sceptiques faces aux perspectives du succès de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Quant à la Chine, elle apparaît comme un substitut à l’Occident. 

Le fait que notre ennemi soit si puissant signifie que notre pays est une puissance, résume le psychologue Alexeï Markine. « La Géorgie et les pays Baltes ne suscitent pas autant d’inspiration que les États-Unis. Jusqu’à une date, les Russes ne ressentaient pas les conséquences des sanctions et croyaient que l’« ennemi » était incapable de faire quoi que ce soit : d’un côté il existe, mais de l’autre, son existence n’est pas une catastrophe »

 

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