Les expats moscovites aident les réfugiés ukrainiens

Crédit photo : Oxana Tchebotareva

Crédit photo : Oxana Tchebotareva

Beaucoup d'ukrainiens des zones en guerre du Sud-Est du pays fuient dans les régions limitrophes de Russie où ils espèrent trouver un travail et un logement. Tandis que les fonctionnaires des services russes d'immigration facilitent les procédures, des douzaines d'organisations volontaires font leur apparition pour venir en aide aux réfugiés.

Parmi les régions les plus attractives pour les réfugiés apparaissent la région de Rostov, la Crimée et Moscou. Cette dernière possède le réseau le plus large d'organisations non-gouvernementales et associatives qui viennent en aide aux milliers de personnes qui fuient leur pays en conflit.

Stephen Wilson, écossais de 53 ans qui vit à Moscou depuis plus de vingt ans avec sa femme russe et sa famille, est un des meilleurs exemples de volontaire sans frontière. Il enseigne l'anglais comme lange étrangère et écrit des articles pour soutenir un journal prônant une union douanière radicale aux États-Unis.

Ensemble avec un groupe de quatre activistes pour les Droits de l'Homme russes, il a mis en place une organisation de volontaires qui se concentre non seulement sur les dons mais aussi sur le parrainage et le soutien psychologique des réfugiés.

« Nous n'avons pas de bureaux cossus, pas de secrétaire payé, ni de structure bureaucratique », explique Wilson, ajoutant qu'ils fournissent quelques vêtements, jouets pour enfants, des couches, de la soupe et du dentifrice.

« Ce que nous avons rapidement découvert c'est que les réfugiés veulent de l'aide pour demander un statut de réfugié, trouver du travail et bien sûr, un endroit où vivre s'ils ne sont pas dans une datcha ou un hôtel. Ce que je pense que nous devrions offrir aux réfugiés c'est un soutien moral et spirituel, leur consacrer du temps. Je pense qu'il est important de leur offrir de l'amitié. Certains volontaires sont orthodoxes et demandent à ce que l'on prie pour eux ».

Selon Wilson, même si un volontaire n'a pas d'argent il pourrait jouer avec les enfants ou leurs apprendre quelque chose d'utile, rendant de fait l'organisation basée sur l'action intensive plutôt que sur le capital intensif, en se contentant de mettre de l'argent sur un compte bancaire).

« Nous travaillons dans l'idée qu'un volontaire peut être assigné à l'aide aux besoins d'une famille tandis qu'un autre s'occupe d'une autre famille », explique Wilson à RBTHL'idée ressemble à celle des « Big Brothers, Big Sisters », un programme international de parrainage d'enfants dans le besoin qui a su créer des liens d'amitié avec des enfants du monde entier depuis 1904.

Les volontaires déclarent que l'afflux de réfugiés en Crimée, à Rostov-sur-le-Don et à Moscou a créé un réel chaos dans la documentation et les permis de travail pour les nouveaux arrivants.

« Les services d'immigrations ne peuvent gérer la totalité des demandes à Moscou et encouragent donc les réfugiés à se rendre dans d'autres régions de Russie. Certains réfugiés se voient actuellement refuser le statut par certains officiers locaux et dire qu'ils n'ont pas le droit de travailler sans « propiska » (permis). Il y a un grand désordre qui doit être résolu », a expliqué Wilson, ajoutant que leur organisation travaille activement à la résolution de ces problèmes.

Il a également souligné que les problèmes des réfugiés sont actuellement largement sous-estimés.

« Le problème des réfugiés est une crise réelle. Les russes en Ukraine sont réellement terrorisés par le fascisme. Ce qui est arrivé à Odessa le 02 mai est plus qu'une preuve que les russes ne sont pas paranoïaques ou qu'ils n'exagèrent pas », rappelle Wilson en référence au massacre du bâtiment de l'Union douanière d'Odessa où 46 personnes ont été brulées vives par des activistes pro-Ukraine.  

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.