La Russie a répondu aux soupçons des Etats-Unis et de l’Ukraine

Crédit : Reuters

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La Russie agit en Crimée dans le cadre de l’accord sur le stationnement de la Flotte de la mer Noire signé avec l’Ukraine, a déclaré le représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU Vitaly Tchourkine, interrogé par les journalistes sur la présence des forces armées russes sur la péninsule.

« Nous avons un accord avec l’Ukraine sur la présence de la Flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, nous agissons dans le cadre de cet accord », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la situation en Ukraine.

Contexte

La Russie loue une grande partie des quais du port de Sébastopol pour le stationnement de plus de 30 navires militaires. La ville est également la base du QG de la Flotte de la mer Noire, du centre des communications centrales, d’un hôpital de la marine, d’un régiment anti-aérien, d’un régiment d’infanterie marine, de l’arsenal et du yacht-club.

12 avions SU-24M, SU-24MR et An-26 ainsi que 10 hélicoptères Ka-27 sont stationnés sur les aérodromes de la Crimée.

Le nombre total de militaires russes en Crimée s’élève à 14 000 personnes environ.

Vendredi dernier, le président américain Barack Obama a officiellement déclaré que l’intrusion des troupes sur le territoire ukrainien est inacceptable. Un tel développement, selon Obama, pourrait menacer le Sommet du G8 à Sotchi et entraîner un ralentissement de la coopération économique.

Tchourkine a rajouté que la Russie s’oppose à une médiation imposée dans le règlement de la situation en Crimée : « Il faut demander aux autorités de la Crimée ce qu’elles pensent d’une telle médiation. Nous nous opposons à une médiation imposée ». Il a déclaré que la Russie est toujours intéressée par la stabilité et la prospérité en Ukraine. Il estime que « l’instabilité et les problèmes dans différentes parties de l’Ukraine sont liées au fait que l’accord du 21 février a été rompu dès sa signature ». Non par Moscou, mais par les nouvelles forces qui sont arrivées au pouvoir en Ukraine.

En outre, il a souligné que le gouvernement actuel de l’Ukraine, élu sous la pression du Maidan, « ne peut être considéré comme le gouvernement d’unité nationale ». « C’est un sujet d’inquiétude dans certaines parties de l’Ukraine, surtout suite à l’abrogation de la loi sur le statut officiel de la langue russe en Ukraine par la Rada. Cela a suscité une vive réaction dans différentes parties de l’Ukraine, notamment en Crimée », a expliqué Tchourkine. Il estime que le meilleur moyen de sortir de la crise est de « revenir à l’accord du 21 février et de le suivre à la lettre ».

Interrogé sur la participation éventuelle de la Russie dans la mission de médiation internationale en Ukraine, le représentant permanent a répondu que « cette idée doit être analysée ».

Vendredi dernier, des appels à dénoncer les accords entre la Russie et l’Ukraine sur le stationnement de la Flotte de la mer Noire sur le territoire ukrainien se sont multipliés à la Rada ukrainienne. Ces accords, dits accords de Kharkiv, ont été signés le 21 avril 2010 par les présidents de la Russie et de l’Ukraine à Kharkiv.

A l’époque, Viktor Ianoukovitch et Dmitri Medvedev (président russe de l’époque) ont conclu qu’à partir du 28 mai 2017, l’accord entre la Russie et l’Ukraine sur le stationnement de la Flotte de la mer Noire sur le territoire ukrainien et l’accord sur les paramètres du partage de la Flotte seraient reconduits pour 25 ans.

Sources : Rossiyskaya Gazeta et Vzgliad

 

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