Le tribunal a rendu la sentence contre les accusés de « l'affaire Bolotnaïa »

Auparavant 12 accusés avaient comparu devant le tribunal, mais avec l'amnistie proclamée en l'honneur des 20 ans de la Constitution, quatre personnalités ont été débarrassées des poursuites pénales. Crédit : Serguaï Savostianov / RG

Auparavant 12 accusés avaient comparu devant le tribunal, mais avec l'amnistie proclamée en l'honneur des 20 ans de la Constitution, quatre personnalités ont été débarrassées des poursuites pénales. Crédit : Serguaï Savostianov / RG

Le tribunal du district de Zamoskvorietchié de Moscou a reconnu les huit accusés de « l'affaire Bolotnaïa » coupables de désordres de masse et de pratiques de violence vis-à-vis des représentants de l'autorité. Auparavant, le procureur a requis pour les accusés de cinq à six ans de d'enfermement.

Lundi 24 février, le tribunal du district de Zamoskvorietchié de Moscou a rendu la sentence contre huit personnes accusées de participation aux désordres de la place Bolotnaïa le 6 mai 2012. Auparavant, le ministère public avait demandé pour les personnalités de « l'affaire Bolotnaïa » de cinq à six ans d'enfermement, cependant, les sentences ont été en fin de compte plus clémentes. Le tribunal a reconnu les huit accusés de « l'affaire Bolotnoï » coupables de désordres de masse et de pratiques de violence vis-à-vis des représentants de l'autorité. Auparavant, le procureur a requis pour les accusés de cinq à six ans de d'enfermement.

La juge Nikichina avait déjà commencé à lire le verdict aux accusés de « l'affaire Bolotnaïa » vendredi dernier, mais elle n'avait eu le temps de lire qu'une partie de celui-ci. Selon la décision du tribunal, des participants à la « marche des millions » sur la place Bolotnaïa, qui a dégénéré en bagarre avec la police le 6 mai 2012, ont été reconnus coupables d'après les articles relatifs à la « violence sur représentants de l'ordre » et à la « participation aux désordres de masse ».

Nous rappelons qu'auparavant 12 accusés avaient comparu devant le tribunal, mais avec l'amnistie proclamée en l'honneur des 20 ans de la Constitution, quatre personnalités ont été débarrassées des poursuites pénales. Huit personnes sont restées en garde à vue, accusées entre autre d'attaques sur les policiers. Pas un d'entre eux ne s'est déclaré coupable, ils ont tous réclamé l'acquittement.

La publication du jugement a commencé lundi au tribunal du district de Zamoskvorietchié à environ 10h30, heure de Moscou. Alexandra Naoumova a eu une peine avec sursis de 3 ans et 3 mois. Une telle décision de Natalia Nikichina, la présidente du tribunal, s'expliquait par le fait que son rachat est possible même sans isolement. Les autres personnalités de l'affaire ont bien reçu des peines fermes d'incarcération : Andreï Barabanov 3 ans et 7 mois de colonie de régime général, Sergueï Krivov 4 ans de régime général, Iaroslav Beloousov 2 ans et 6 mois, Artiom Savelov 2 ans et 7 mois, Stepan Zimine, Denis Loutskevitch et Alexandre Polikhovitch pour 3 ans et 6 mois, et les préjudices matériels des actions sur la place Bolotnoï à Moscou ont été estimés à 28 millions de roubles (600 000€). Des peines plus lourdes ont été données à Zimine et Savelov parce-que le tribunal a tenu compte des circonstances particulières de l'affaire, de la personnalité, de l'état de santé etc. Chacune des 8 personnalités de « l'affaire Bolotnaïa » a déjà purgé une partie de sa peine.

Mikhaïl Fedotov, chef du Conseil du Président de la Russie pour le développement de la société civile et aux droits de l'Homme, a exprimé l'espoir que la sentence des condamnés soit réduite. Il a commenté la décision du tribunal : « Le tribunal a prononcé des condamnations beaucoup plus clémentes par rapport à celles que demandait l'accusation. Et j'espère que la sentence peut être adoucie en appel ». « Le fait que les condamnations soient différenciées, individualisées, peut témoigner du fait que la juge a jugé les actions de chacun des prévenus séparément », a également fait remarqué Mikhaïl Fedotov.

Igor Bounine, directeur du centre des technologies politiques, a dit que les peines semblaient de 3-4 ans, mais moins que les 5-7 ans qu'attendait l'opinion. « Un tel verdict peut être qualifié de laxiste, et non de civilisé. Mais il y a déjà eu des agitations massives : des gens ont été mis en détention, on a mis en place une procédure, et ensuite on les libère. Je ne prévois rien de plus important ».

Sergueï Markov, directeur de l'Institut des études politiques, est d'accord avec la décision du tribunal et a qualifié les peines de complètement adéquates, « surtout en l'absence de reconnaissance de culpabilité ». « Les personnalités de l'affaire Bolotnoï, ce sont les mêmes que ceux de Maïdan, mais seulement à une étape encore précoce, le 6 mai c'était de pures agitations de masse. Maintenant, on commencera à faire d'eux des héros, bien qu'ils ne le soient pas », a dit le politologue. Il a aussi fait remarquer qu'on ne prévoit aucune émeute massive en lien avec le jugement, mais de faibles petites protestations sont possibles.

Selon les données de la police de Moscou, pendant la lecture du verdict près de 200 personnes autour du bâtiment du tribunal ont été arrêtées et envoyées dans différents services de police. Parmi eux, les opposants Alekxeï Navalny, Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina, Piotr Verzilov, Ilia Iachine. Dans ce groupe, plus de 50 personnes ont été mises en détention vendredi.

Vassili Oleïnik, l'assistant du chef du département de la sécurité régionale de Moscou, a déclaré : « Le gouvernement de la capitale n'était pas informé du déroulement d'une quelconque manifestation, mais nous étions au courant qu'on prévoyait un rassemblement. Nous avons déjà transmis l'information aux policiers qui interrompront n'importe quelle tentative de mener une action sans les autorisations qui s'imposent ».

D'après les sources: Kommersant, Vedomosti et Itar-tass

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