Sotchi : des jeux faits pour durer

Crédit photo : Mikhaïl Mordassov

Crédit photo : Mikhaïl Mordassov

Les accusations pleuvent sur « les JO les plus chers de l’histoire ». Mais la préparation des Jeux d’hiver 2014 pave la voie de l'indispensable développement régional.

Les critiques sont nombreuses et parfois justifiées. Avant d’évoquer les bienfaits des Jeux, il faut bien rappeler que oui, les dépenses de 36 milliards d’euros pour l’infrastructure olympique peuvent sembler démesurées, au regard du budget initial de 10 milliards d’euros et des autres éditions - à Pékin, qui détenait jusque là le record, les Jeux d’été de 2008 avaient coûté 26 milliards.

D’autres critiques soulignent que certains habitants auraient été délogés sans dédommagement et la population de cette station balnéaire témoigne devant les journalistes de son ras-le-bol après six ans de travaux ininterrompus, qui ont causé notamment de nombreux problèmes aux automobilistes.

Mais les Jeux olympiques ne sont pas qu’un gouffre à critiques. Car au-delà de la qualité sportive attendue des compétitions en février et mars 2014, Sotchi et sa région bénéficient aujourd’hui d’un niveau de développement qu’ils auraient difficilement pu espérer sans le passage de la vague olympique.

Il y a d’abord l’aéroport de Sotchi, dont le chantier était en suspens depuis 1989. Dans sa candidature olympique, la cité caucasienne en avait promis la rénovation et la mise en service : dès 2007, le terminal B a commencé à accueillir des compagnies aériennes pour les vols intérieurs en phase de test.

En février 2010, l’aéroport était inauguré officiellement et, à l’automne de la même année, le terminal C commençait à desservir des destinations internationales. Le 19 novembre 2013 enfin, l’inauguration du terminal A permettait d’augmenter la capacité totale de l'aéroport.

Au sujet du développement de Sotchi et de sa région, les investissements olympiques dans l’énergie et les télécommunications sont loin d’avoir été vains : 193 installations électriques ont été construites ou sont en voie d'achèvement, pour permettre au réseau de la ville de passer d’une puissance totale de 440 MW à 1000 MW (un peu moins que la consommation de Paris intramuros).

Du côté des télécommunications, les entreprises Rostelecom et Megafon ont notamment installé un réseau 3G qui couvre l’ensemble du territoire de la ville et des sites olympiques.

Sans oublier que Sotchi sera une ville exemplaire en Russie en matière d’accessibilité aux personnes handicapées, puisque 1801 sites de la zone d’accueil internationale répondront aux normes d’accessibilité d’ici février 2014, en plus des 300 rues, arrêts de bus et zones piétonnes de la station balnéaire.

« Des pavés tactiles ont été installés sur les trottoirs pour le confort des malvoyants, la hauteur des trottoirs a été abaissée par endroits afin de faciliter le déplacement des personnes en fauteuil roulant. De nouveaux abribus ont également été installés en ville, équipés de panneaux d'affichage spéciaux et conçus pour le confort des personnes à mobilité réduite », précise Janna Grigorieva, directrice du département olympique de la mairie de Sotchi.

Ce développement profitera directement aux habitants et aux visiteurs de la station balnéaire. Mais quid des installations sportives après les JO ? Sotchi va-t-elle ressembler aux nombreuses villes-fantômes qui ont connu leur heure de gloire et sont tombées en ruine après les compétitions ?

Ce n’est pas au programme. Le stade « Fisht » par exemple, qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO, servira également pour la Coupe du monde de football 2018.

L’arène de glace « Shaïba », qui abritera les compétitions de hockey sur glace, sera reconvertie en centre d’éducation sportive pour les enfants. Et la liste est longue : l’arène « Adler » deviendra un parc des expositions.

Le complexe « Laura » un centre d’entraînement national de ski nordique, tout comme le centre « Sanki » et « Rosa Khoutor » le seront pour le bobsleigh et le snowboard.

En parallèle de ces réalisations olympiques, il faut noter enfin qu’une université sportive a opéré sa première rentrée à Sotchi en septembre 2013. Elle forme des spécialistes de l’industrie sportive avec des cours de diplomatie, d’administration ou encore de droit du sport.

Lors de son inauguration, le gouverneur de la région de Krasnodar Alexandre Tkatchev avait souligné que grâce à l’université, Sotchi deviendrait un centre mondial de l’enseignement, du business et du sport.

« C’est très important pour notre région. L’université va former des professionnels de classe olympique et ces diplômés vont créer une vraie base pour développer le sport dans notre pays ».

Alors oui, ces Jeux ont coûté cher. Mais sûrement pas pour rien !

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