Ça fonctionne mieux à deux

À la question de savoir s’ils sentent un lien invisible entre eux, les jumeaux haussent les épaules et disent qu’ils se comportent en frères avec tous les autres gars de la section. Crédit : Victor Pogontsev / RG

À la question de savoir s’ils sentent un lien invisible entre eux, les jumeaux haussent les épaules et disent qu’ils se comportent en frères avec tous les autres gars de la section. Crédit : Victor Pogontsev / RG

Une section de police quelque peu inhabituelle dans laquelle servent six jumeaux a vu le jour à Rostov-sur-le-Don. Pourquoi développer ce type de brigade ?

Une section de police quelque peu inhabituelle dans laquelle servent six jumeaux a vu le jour à Rostov-sur-le-Don. Et un autre « duo » rejoindra bientôt ce groupe. Ces derniers passent un test de résistance psychologique avec d’autres soldats. La direction a entre-temps sérieusement pensé à créer une division de police spéciale qui ne serait composée que de jumeaux.

D’où vient cette idée ? Au régiment du Kremlin, par exemple, les soldats sont choisis même en fonction de la couleur de leurs yeux, raison pour laquelle on y préfère les jumeaux. Mais dans les forces spéciales, la beauté est loin d’être le facteur le plus important. Pour déstabiliser l’opposant alors ? Imaginez sa tête si, lors d’une intervention, il voit débarquer un jumeau par la fenêtre et l’autre par la porte. Il croirait tout simplement voir double. Les policiers portent toujours des masques durant les opérations spéciales. Quel est donc l’avantage d’avoir des « clones » ?

« Au départ, le but n’était pas de former une section de jumeaux », explique Roman Vashenko, commandant adjoint chargé des opérations avec les effectifs de la police anti-émeute de Rostov. « Les frères jumeaux Alexandre et Nikolaï Matsine sont arrivés en premiers. Les garçons avaient une très bonne condition physique. Tous les deux pratiquaient le kick-boxing et ont servi comme éclaireurs dans l’armée. Ils ont été directement suivis des frères Pokidov et Sevrioukov. Ces deux « tandems » avaient en plus les mêmes prénoms : Alexandre et Pavel. Ce sont également de très bons combattants. Dès leur formation, nous avons remarqué que les jumeaux travaillaient de façon plus coordonnée. Ils ont grandi ensemble et un geste ou un regard leur suffit pour se comprendre l’un l’autre, sans un mot. »

« Chacun d’entre eux est individuellement très fort. Et en cas de force majeure, ils peuvent très bien s’en sortir seuls. Mais ensemble, les jumeaux sont de vraies machines de combat », ajoute Vashenko.

Chaque duo a sa propre spécialité. Alexandre et Pavel Pokidov sont costauds et forment un bloc de muscles. Après les formations, ils plaisantent sans cesse et demandent de garder soit la plaque du gilet pare-balles, soit le casque de 2,5 kilos. Ils aiment raconter qu’ils utilisaient leur ressemblance afin de tromper les filles et leurs professeurs. Ils entreront ensemble à l’institut de droit et s’ils se marient, ce sera le même jour.

Sacha et Kolia Matsine sont des « anguilles ». C’est ainsi que, dans les sections spéciales, on appelle ceux pouvant se faufiler de manière discrète dans les endroits où sont bloqués les criminels, les neutraliser ou couvrir leurs collègues pendant les interventions. Les Matsine sont petits, souples et mobiles. Lorsqu’il faut montrer le fonctionnement des équipements militaires pendant les événements du ministère régional de l’Intérieur, le choix tombe justement sur Alexandre et Nikolaï.

À la question de savoir s’ils sentent un lien invisible entre eux, les jumeaux haussent les épaules et disent qu’ils se comportent en frères avec tous les autres gars de la section.

« Mais inconsciemment, on s’inquiète davantage pour son frère. On est prêts à tout pour ne pas le mettre dans le pétrin. C’est normal, on partage le même sang », affirme ainsi Nikolaï Matsine.

Article original publié sur le site de Rossiyskaya Gazeta

 

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