La kamikaze n'est pas parvenue jusqu'à Moscou

Crédit photo : RIA Novosti

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L'acte terroriste à Volgograd, ville du sud de la Russie, a été commis par une terroriste surveillée depuis longtemps par les services de renseignement. Selon ses proches, la jeune fille souffrait d'une maladie grave et était très religieuse. Les représentants des forces de l'ordre disent que les terroristes d'aujourd'hui sont de jeunes gens recrutés via Internet qui ne ressemblent en rien aux bandits.

Des collaborateurs du Comité d'enquête de la Fédération de Russie et des agents opérationnels des forces de l'ordre ont poursuivi mardi l'enquête sur l'explosion du bus de transport en commun à Volgograd.

Selon le porte-parole du Comité d'enquête Vladimir Markine, en date du 22 octobre, plus de 50 témoins de l'attentat ont été intérrogés. Il a été établi que la terroriste présumée Naïda Assiïalova est arrivée à Volgograd à bord d'un car effectuant le trajet Makhatchkala-Moscou.

Elle en est descendue, pour des raisons inconnues, à côté de l'Académie du Ministère de l'Intérieur de Volgograd, environ une heure avant l'explosion.

Selon les données provisoires disponibles, la puissance de l'explosion s'est avérée moins forte qu'annoncée dans les médias. Elle était de 500-600 grammes d'équivalent TNT, et l'engin explosif a été bourré de chevilles métalliques.

Les enquêteurs ont découvert qu'Assiïalova avait acheté un billet jusqu'à Moscou pour un car qui passait par Volgograd.  Pratiquement à la sortie de la ville, elle a quitté le car pour retourner au centre-ville de Volgograd. Les enquêteurs cherchent à déterminer si cela a été prémédité ou bien Assiïalova a modifié son plan initial.  

Selon les sources des services de renseignement, il est probable que des complices aient transmis la bombe à Naïda Assiïalova à Volgograd puisqu'il était trop risqué de le faire à Makhatchkala.  

L'explosif aurait pu être découvert avant la montée dans le car lors de fouilles corporelles. Ce type de contrôle des autocars est devenu habituel à Makhatchkala depuis longtemps.

Selon nos données, Assiïalova et son entourage sont surveillés par des services de renseignement russes depuis longtemps. Selon certaines sources, son arrestation et, dans le pire des cas, sa liquidation avaient été prévues.

Source : www.youtube.com

Ce n'était qu'une question de jours, voire d'heures. Et Assiïalova savait qu'elle était recherchée c'est pourquoi elle ne restait jamais longtemps au même endroit.

Selon les services de renseignement, des réseaux  terroristes clandestins manquent cruellement de recrues. Certains bandits ont déjà été liquidés, d'autres sont en prison. C'est pourquoi les « combattants pour la foi » d'aujourd'hui sont des étudiants et même des élèves ayant à peine terminé leurs études. La plupart sont recrutés via Internet.

Le fait que la kamikaze à l'origine de l'explosion d'un bus à Volgograd vienne de leur village, a profondément choqué les habitants du petit village daghestanais de Gounib (2 500 habitants) du sud de la Russie.

« Je connais bien cette famille, raconte la voisine des Assiïalov, Patimat Najmoudinova, rédacteur du journal local. Leur maison n'est pas grande. Ravzat Assiïalova, mère de la kamikaze, habite actuellement seule après que ses filles aient quitté la maison. Elle travaille comme factrice. Naïda a vécu ses 5 premières années dans un orphelinat. Personne n'était au courant de sa naissance et du fait que sa mère l'avait abandonnée. Au milieu des années 80, quand l'orphelinat fermait ses portes, son grand-père a reçu une lettre disant que sa petite-fille s'y trouvait. Il a récupéré la fillette ».

Naïda a quitté son village natal il y a longtemps. A l'époque, elle n'était pas pratiquante, cela a commencé il y a trois ans.

« Dans des villages du Daguestan, la plupart des habitants sont croyants. Mais ils ne font pas de recrutement, n'apprennent pas aux aînés à qui et de quelle façon ces derniers doivent croire. Mais Naïda le faisait. Finalement, son père a publiquement renoncé à elle. Puis sa mère s'est rendue à Moscou pour assister à son mariage. Elle se vantait que Naïda avait un bon mari, un Turc, racontent les voisins. Naïda avait des soucis de santé. Son mari turc a payé tous ses soins dentaires qui coûtaient cher ».  

Pourtant, soit à cause d'une infection contractée au cabinet dentaire, soit pour une autre raison, les nouvelles dents faisaient de nouveau mal. Il a fallu enlever les couronnes à cause d'une inflammation importante. Certains ont mentionné un « sarcome » qui atteint et détruit les os. Son mari turc a donc insisté pour avoir le divorce.

Elle n'avait plus d'argent ni pour se faire soigner, ni pour subsister. Elle a essayé de collecter une somme nécessaire pour se faire opérer via les réseaux sociaux. Les voisins n'excluent pas que, probablement, c'étaient des bandits qui ont répondu à son appel à l'aide, lui ont fourni des médicaments en la rendant dépendante.

Au sein des rebelles, Assiïalova a pris un deuxième prénom musulman : Amatourakhmane. Et son deuxième mari russe qui, lui aussi, faisait partie des bandits portait comme surnom « Girafe ».

La jeune fille a rencontré son nouveau mari Dmitri Sokolov à Moscou où ils fréquentaient ensemble les cours d'arabe. Dmitri s'est converti à l'islam et est devenu un membre actif d'un groupe terroriste de Makhatchkala, spécialiste de la fabrication d'explosifs.

Selon les forces de l'ordre, c'est lui qui avait fabriqué les engins explosifs utilisés lors des attentats dans les magasins à Makhatchkala.

« Sokolov, qui a pris comme nom de guerre Abdoul Djabbar, est membre d'un groupe terroriste de Makhatchkala. C'est lui qui a préparé « une ceinture de kamikaze » activée par la terroriste Madina Aliïeva au centre-ville de Makhatchkala. Cet attentat a provoqué la mort d'une personne et en a blessé plus de 15 », raconte un représentant des forces de l'ordre du Daguestan.  

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