Les cosaques et les prêtres bloquent la Journée du coming out

Au final, le meeting n’a pas eu lieu : ses participants n’ont pas pu s’approcher du lieu où devait se tenir la manifestation. Crédit : AP

Au final, le meeting n’a pas eu lieu : ses participants n’ont pas pu s’approcher du lieu où devait se tenir la manifestation. Crédit : AP

Le samedi 12 octobre, un meeting de défenseurs de droits de la communauté LGBT devait avoir lieu sur le champ de Mars à Saint-Pétersbourg. Le meeting qui devait coïncider avec la Journée internationale du coming out (reconnaissance ouverte et volontaire de son orientation sexuelle) célébrée la veille s’est achevée par l’interpellation de 67 personnes.

Le meeting devait réunir tous ceux qui souhaitaient protester contre la discrimination à l’égard des représentants de l’orientation sexuelle non-traditionnelle. Il a été organisé par les activistes LGBT Cyril Kalougine et Natalia Tsimbalova avec le soutien de l’association Vykhod et de l'Alliance des hétérosexuels pour l'égalité LGBT.

L’administration de la ville ne s’est pas opposée à la tenue de la manifestation: le champ de Mars est devenu, depuis peu, une sorte de Hyde Park pétersbourgeois, aussi l’autorisation officielle pour des manifestations publiques sur son territoire n’est pas requise. C’est bien cela qui a causé le mécontentement des opposants du mouvement LGBT bien avant la manifestation. Valentin Botsvine, responsable de l’Union des associations des vétérans de Saint-Pétersbourg a, notamment, adressé une lettre au métropolite de Saint-Pétersbourg et de Ladoga Vladimir (Kotliarov) faisant part de son indignation face à « ce rassemblement d’homosexuels sur le champ de Mars » et lui demandant de prendre part « à la guerre non-déclarée pour le salut des âmes frêles de nos enfants ».

Une heure avant le début de la manifestation, le champ de Mars a été bouclé par les forces spéciales. Les opposants du meeting dont des représentants des détachements cosaques, des nationalistes et des prêtres, sont également arrivés avant les manifestants, beaucoup moins nombreux.

Le commandant du détachement cosaque s’est adressé aux troupes en rappelant que la Douma avait adopté une loi interdisant la propagande de l’homosexualité « qui pervertit notre jeunesse ». Son introduction a été suivie d’interventions des religieux, un musulman et trois orthodoxes. Les représentants de l’église ont exprimé leur vif rejet des représentants de la communauté LGBT.

Au final, le meeting n’a pas eu lieu : ses participants n’ont pas pu s’approcher du lieu où devait se tenir la manifestation. Leurs opposants qui les empêchaient d’accéder au centre du champ de Mars, scandaient des prières et jetaient des pièces sur les représentants du mouvement LGBT ce qui devait symboliser leur vénalité. Par ailleurs, les religieux les ont aspergés d’eau bénite. Finalement, les membres du meeting ont tenté de percer ce bouclier humain sur le champ de Mars. La police est immédiatement intervenue pour interpeller les activistes LGBT comme leurs opposants.

La police de Saint-Pétersbourg a annoncé que le meeting programmé des activistes LGBT s’est achevé par l’arrestation de 67 personnes. La police a interpellé ceux qui ont enfreint la loi le plus activement, des représentants de la communauté LGBT comme cosaques et activistes orthodoxes. Malgré la libération de tous les activistes LGBT hier, les organisateurs du meeting comptent faire appel des actions de la police. « Personne n’a été grièvement blessé, a annoncé Natalia Tsimbalova, mais de nombreux activistes présentent des blessures ».

Rappelons que la loi interdisant la propagande de l’homosexualité et de la pédophilie en présence de mineurs est entrée en vigueur le 30 mars 2012 à Saint-Pétersbourg, elle a réuni un très grand nombre de partisans comme d’adversaires. L’infraction à cette loi est passible d’amendes allant de 5 000 à 500 000 roubles. La précédente manifestation LGBT avait eu lieu sur le champ de Mars le 6 septembre 2013. Elle avait réuni quelque 70 personnes et n’a fait l’objet d’aucune interpellation.

Sources : RIA Novosti, Moskovsky Komsomolets,  Gazeta.ru, Fontanka.ru, Rossiyskaya Gazeta

 

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