« Les réseaux sociaux sont la carte de visite du XXIe siècle »

Guennadi Gatilov, le vice-directeur du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie. Crédit : Valéri Charifouline/Itar-Tass

Guennadi Gatilov, le vice-directeur du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie. Crédit : Valéri Charifouline/Itar-Tass

Guennadi Gatilov, le vice-directeur du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie, a l’un des comptes Twitter les plus populaires parmi les diplomates russes. Dans un entretien avec Elena Tchernenko, correspondante du magazine russe Kommersant-Vlast, il explique ses motivations derrière ce micro blog.

Vlast : Pourquoi avez-vous créé un compte Twitter ?

Guennadi Gatilov : J’ai ouvert un compte sur Twitter à la fin de l’année 2011 parce qu’on me l’a conseillé, même si, à ce moment là, j’y pensais déjà par moi-même. Au siècle de l’internet, les réseaux sociaux parlent à tout le monde. Regardez ce qui se passe aujourd’hui avec les réseaux sociaux : pratiquement toutes les entreprises contemporaines, les politiques et les personnalités publiques ont un compte. Beaucoup de mes amis ont expérimenté activement Twittern ce que j’ai suivi avec intérêt jusqu’à ce que je me décide finalement à essayer moi-même.

Gérez-vous votre compte vous-même ou le confiez-vous à quelqu’un d’autre ?

G.G : Je gère mon compte et je retweete moi-même. Je confie parfois à des collaborateurs des traductions de tweet en anglais (cela élargit très fortement l’audience), mais aussi pour mettre des liens ou des photos.

Que vous apporte d’être présent sur Twitter et, de votre point de vue, quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la politique actuelle ?

G.G : Twitter me donne la possibilité, dans toute une série de questions de politique mondiale, de m’exprimer quelque peu différemment qu’avec la langue d’un commentaire officiel. Les réseaux sociaux sont la carte de visite du XXIe siècle. Il est difficile de s’imaginer le monde contemporain sans eux.

Prenons des événements fondamentaux de la vie mondiale, comme le « printemps arabe » que l’on appelle parfois la « révolution Twitter ». Cela souligne leur rôle de propagateur de l’information à la vitesse de la lumière dans notre monde contemporain et l’influence de ce phénomène sur les processus globaux.

Pour moi, il y a aussi un autre aspect non négligeable : de nombreux journalistes communiquent avec l’objectif d’évaluer tel ou tel autre événement. Avec l’aide de Twitter, on peut faire un commentaire court. Ce qui est dit sur Twitter touche immédiatement tous les médias ; c’est aussi publié dans les éditions électroniques, et même dans la presse. Cela donne la possibilité de réagir en temps réel à ce qui se passe dans le monde.

Presque 2 500 personnes vous suivent sur Twitter, mais vous n’en suivez que 13. Lisez-vous les postes des autres ?

G.G : Bien sûr que je les lis. Si vous prêtez attention à la qualité de contenu de ces 13 contacts, alors vous verrez qu’ils sont liés et donnent accès à une telle masse d’informations qu’il me faut (avec les liens) constamment traiter.

A travers Twitter, je reçois l’information soit que je ne rencontre pas dans d’autres sources, soit que je trouve de manière plus concise ou énoncée plus méthodiquement. Parfois, on n’a même pas assez de temps pour lire ce que Twitter propose de manière concentrée et focalisée. Et je vois en cela une valeur inestimable.

Est-il difficile d’exprimer sa pensée en seulement 140 signes ?

G. G : Certaines difficultés apparaissent particulièrement dans les situations où il faut absolument exprimer des nuances de sens. Mais, avec l’habitude, on y arrive très bien.

En fait, tous les diplomates sont loin d’être très prolixes, je connais bien ceux qui ont la capacité d’exprimer clairement et finement leurs pensées.

En ce qui me concerne, je m’efforce de trouver un juste milieu entre le rapport à l’information et le caractère officiel, et cela en restant naturellement dans le cadre de la ligne politique actuelle du pays. Je n’oublie jamais que le following est un processus réversible et qu’il est très facile de perdre l’attention d’un follower. Tout cela force à tenir une ligne de conduite indispensable. A en juger par le nombre de mes inscrits, j’ai jusqu’à présent réussi à conserver leur intérêt.

Article raccourci. Original sur le site de Kommersant.

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