Les œillets rouges sur la place de la Bataille de Stalingrad à Paris

Des centaines de personnes se sont rassemblées le samedi 2 février à la place de la Bataille de Stalingrad à Paris pour le 70ème anniversaire de la  Bataille de Stalingrad. Crédit : Maria Tchobanov

Des centaines de personnes se sont rassemblées le samedi 2 février à la place de la Bataille de Stalingrad à Paris pour le 70ème anniversaire de la Bataille de Stalingrad. Crédit : Maria Tchobanov

Des centaines de personnes se sont rassemblées le samedi 2 février à la place de la Bataille de Stalingrad à Paris pour le 70ème anniversaire de la victoire de l’Armée Rouge dans cette bataille sanglante sur la Volga qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale.

La manifestation a été initiée et organisée par le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et a été soutenue par les représentants des mouvements communistes et ouvriers francais, italiens, espagnoles, cubaines, greques, allemands, par les representans de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR), ainsi que par les diplomates russes et d’autres pays de la CEI. Le rassemblement a également attiré tous ceux pour qui le mot Stalingrad s’associe à la libération de l’Europe du nazisme et du fascisme.

Crédit : Maria Tchobanov

« Je suis là, parce que si on oublie, on est mort. En tant que prof d’histoire, je peux vous dire que nos livres d’histoire sont absolument immondes : ils mettent sur le même plan l’Allemange nazie et l’URSS stalinien, comme si c’étaient deux monstres face à face. Si aujourd’hui on ne fait pas de cours pour expliquer à nos élèves que nous ne devons pas notre liberté uniquement aux Américains, mais aux Russes, nous ne remplissons pas notre devoir d’histoire. Les milliers d’hommes qui se sont battus à Stalingrad, à Leningrad, à Moscou, ce sont des gens comme nous et ils ont sacrifié leurs vies pour l’avenir de liberté et de paix, et aujourd’hui on en est bien loin », explique sa presence à la manifestation Gilda, enseignante en collège dans la banlieue parisienne.

En ouverture du meeting, Pierre Pranchère, ancien résistant AS et FTPF, co-fondateur du collectif Maquis de Corrèze et député honoraire a rappelé qu’il y a 5 ans le 65e anniversaire de la bataille de Stalingrad a été commémoré à la même place comme la réponse à « la marée néo-nazi et fasciste » qui déferlait depuis quelques années dans les pays Baltes et dans d’autres pays européens. « Plus déterminé que jamais à lutter contre toutes les formes de résurgence du nazisme et du fascisme, nous proclamons notre solidarité à la puissante et légitime riposte manifesté en Russie et dans les pays de la CEI pour que l’histoire soit respectée, de même que l’honneur et l’héroïsme de ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la liberté, pour la victoire contre Hitler », a déclaré Pierre Pranchère.

Au centre : Léon Landini, président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté, Médaille de la Résistance, interné de la Résistance, grand mutilé de Guerre suite aux tortures endurées pendant son internement ; officier de la Légion d’Honneur ; président du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) ; à gauche : Ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov. Crédit : Maria Tchobanov

Léon Landini, président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté, une des figures-clefs du mouvement de la Résistance en France, officier de la Légion d’Honneur s’est souvenu dans son discours, que « le 24 août 1944 dans une prison lyonnaise au moment même d’être libérés, les 950 internés parmi lesquelles je me trouvais, communistes et non communistes, chantèrent tous et d’une seul voix la Marseillaise et l’Internationnal ». « Après Stalingrad nous, les résistants en France, étions désormais certains que la libération de notre pays n’était plus une illusion qui nous avait animé pendant deux ans. Nous savions maintenant que cette libération était désormais toute proche », a ajouté le président du PRCF.

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L’ambassadeur de la Fédération de Russie en France Alexandre Orlov a transmis aux personnes rassemblées sur la place Stalingrad à Paris les mots de remerciement et de reconnaissance de la part du Conseil des anciens combattants de la ville de Volgograd-Stalingrad. « Notre peuple a payé cette victoire au prix fort. Il n’y a pas eu une famille à Stalingrad qui n’ait perdu lors de ces 200 jours de feu l’un des siens. Les habitants de Volgograd sont sensibles et reconnaissants à la France de ne pas oublier cet exploit des soldats soviétiques. 77 lieux et endroits portent en France le nom de la ville légendaire de Stalingrad et nous vous en remercions », ont écrit les anciens combattants russes dans une lettre.

Fils du Résistant Georges Poirier, interné du camp de concentration d'Oranienburg. Crédit : Maria Tchobanov

Lors du dépôt des gerbes, Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII, profitant de l’occasion, a présenté la motion adressée au maire de Paris par les participants au rassemblement pour demander à la mairie un monument plus visible et digne de l’événement. « Il nous paraît particulièrement scandaleux et humiliant que pour commémorer cette victoire qui a tant contribué à la libération de l’ensemble du continent et à l’ensemble de la victoire des alliés, nous soyons obligés de nous réunir devant cette stèle minuscule et invisible de la rue », a déclaré l’historienne tandis que sous la grêle battante, la stèle dédiée à la victoire de Stalingrad était ensevelie sous les œillets rouges.

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