Traduire pour sauver des vies

Illustration : Natalia Mikhaylenko

Illustration : Natalia Mikhaylenko

L’un des plus gros bureaux de traduction sibérien, Perevodov, lance son projet social. Objectif : aider les malades enfants et adultes russes à obtenir un traitement à l’étranger en traduisant gratuitement dans toutes les langues les documents nécessaires à leur dossier : formulaires de demande, dossiers médicaux, correspondance avec les services médicaux d’accueil.

Illustration : Natalia Mikhaylenko

En temps normal, cela peut vite devenir assez coûteux. A Moscou, le tarif pour la traduction d’un texte médical peut varier de 400 à 1200 roubles (de 10 à 30 euros) la page, en fonction de la rareté de la langue. L’anglais étant considéré comme la langue la plus courante et donc la moins chère, une page traduite est tarifée entre 10 et 12 euros.

Contrairement à leurs collègues, les Volontery Perevodov (Traducteurs bénévoles) proposent leurs services à titre gratuit. Pour partir se soigner à l’étranger, il faut présenter un grand nombre de documents. Manquant souvent d’information précise sur ce qui est exigé, mieux vaut envoyer le dossier le plus complet possible, ce qui revient parfois à plus d’une quinzaine de documents par personne.

« Quand un client s’adresse à nous pour la traduction d’un document médical, nous lui proposons d’économiser son argent et l’orientons vers les bénévoles », raconte Anastassia Karamzina, directrice générale de Perevodov-Omsk et responsable marketing bénévole du projet social Volontery Perevodov. « En général, ce sont des ONG qui nous contactent ou bien directement les parents d’enfants malades nécessitant un traitement à l’étranger. Les demandes sont regroupées, puis une équipe se charge de les retransmettre aux traducteurs selon les langues ».

Nos traducteurs viennent du monde entier et travaillent à distance. Parmi eux, il y a beaucoup d’étudiants. Leurs traductions sont toujours relues par des professionnels, des médecins chargés de corriger la terminologie.

« Toutes les traductions sont ensuite mises en ligne sur notre site, ce qui permet de contrôler la qualité des textes. Bien sûr, les associations humanitaires et les parents sont prévenus du caractère bénévole du service. Mais dans l’ensemble, le niveau est très correct. Les commentaires et corrections des professionnels sont toujours pris en compte. Mais les cas sont rares. Aujourd’hui, notre projet compte 150 traducteurs bénévoles à travers le monde. L’équipe qui fait marcher le projet est également bénévole », explique Anastassia.

Le problème essentiel de l’association Volontery Perevodov est le manque de traducteurs par rapport au volume de travail. L’organisme tente de se faire connaître par les réseaux sociaux. « La seule motivation pour les bénévoles est de se perfectionner professionnellement. Trouver les volontaires n’est pas si simple », avoue Anastassia.

Les Volontery Perevodov fonctionnent selon le même système que l’ONG Traducteurs sans frontières et travaillent en partenariat avec divers organismes humanitaires.

Site officiel : www.perevodov.info

Paru sur le site de Moskovskie Novosti le 21 janvier 2013.

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