L'Afghanistan en crise en 2014 ?

Image par Natalia Mikhaylenko

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Les experts craignent des troubles sérieux en Afghanistan l'année prochaine. Le ton de l'ancien ambassadeur de France à Kaboul, Bernard Bajolet, est alarmiste : « Je ne parviens pas à comprendre comment la communauté internationale et le gouvernement afghan aboutissent à une situation où tout doit se régler simultanément en 2014 ».

Le retrait des troupes américaines de l'Afghanistan. Les élections présidentielles. La transition vers un nouvel ordre économique où l'Afghanistan devra plus compter sur ses propres capacités et moins sur l'aide des donateurs internationaux. « Et tout cela, ajoute l'ambassadeur, doit avoir lieu alors que le processus de paix n'a en réalité pas démarré ».

L'année 2014 s'annonce difficile pour l'Afghanistan, comme d'ailleurs pour ses voisins. Néanmoins, poursuivre sur la même voie que celle que l'on connaît en Afghanistan depuis 2001 n'est pas une solution non plus. La politique afghane nécessite un puissant bouleversement. C'est sa seule chance pour pouvoir prétendre à un avenir meilleur.

Savez-vous qu'en 1977, l'Afghanistan était l'une des destinations touristiques les plus populaires au monde ? Des paysages montagneux stupéfiants, les prix bas et la sécurité du pays attiraient des foules de touristes étrangers.

Puis, la combinaison de deux facteurs, l'aventurisme et l'incompétence du gouvernement afghan et l'impuissance des nations sur lesquelles s'appuyait ce gouvernement, a joué son rôle.

Premier acte. Avant la révolution afghane de 1978, les représentants soviétiques essayaient par tous les moyens de convaincre les marxistes locaux de ne pas organiser une révolution socialiste dans le pays. La société afghane féodale n'y était pas prête !

Les chefs du Parti démocratique populaire de l'Afghanistan ne les ont pas écoutés et n'en ont fait qu'à leur tête. Ils étaient persuadés que, mis devant le fait accompli, l'URSS n'abandonnerait pas ses frères afghans à un moment difficile. C'est exactement ce qui s'est passé.

Deuxième acte. Après la révolution de 1978, les messagers de Moscou suppliaient presque le gouvernement afghan de ne pas lancer une vague de terreur contre les représentants des « classes féodales », car cela conduirait à une guerre civile.

Une fois de plus, les chefs afghans ont décidé autrement. Ils étaient persuadés que, si besoin était, l'URSS enverrait ses troupes.

Les relations entre le leader officiel actuel de l'Afghanistan, Hamid Karzaï, et ses alliés occidentaux suivent un chemin similaire. Depuis 2001, ils enjoignent à Karzaï de compter sur ses propres forces, de lutter contre la corruption, de dépenser l'argent efficacement.

Le président afghan acquiesce à chaque fois. Et n'en fait qu'à sa tête. L'Occident le tolère et lui envoie de l'argent régulièrement, malgré le fait qu'il reçoit simultanément des fonds du pire ennemi des Américains.

Selon les traditions politiques afghanes, recevoir l'argent de deux puissances étrangères qui sont opposées, ne constitue absolument pas un fait qui compromet le président. Ce qui compromet effectivement Karzaï est son incapacité à améliorer la situation dans le pays ou, du moins, à la contrôler.

Puisqu'il en est ainsi, peut-être que la tempête annoncée est préférable au bourbier politique actuel ? En fin de compte, tous les nouveaux chefs du pays, talibans compris, auront besoin de l'aide internationale. Il ne faut pas craindre la crise politique en 2014. Il faut juste bien s'y préparer.

Source : RIA Novosti

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