« Il est aujourd’hui rentable d’investir en Russie »

Image par Alexei Ïorch

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La mondialisation a permis aux entreprises de partir vers d’autres régions à la conquête de nouveaux marchés dans le but d’optimiser leur activité. Chaque pays ayant son secteur porteur, la Russie est surtout connue pour sa richesse en matière premières, avec ses colossales réserves de pétrole et de gaz. Pourtant, d’autres secteurs pourraient intéresser les investisseurs.

Notamment, les grosses chaînes de magasins qui se développent très vite en Russie. Si dans le villes de plus d’un million d’habitants, ce secteur est suffisamment concurrentiel, les autres agglomérations représentent un fort potentiel.

Un autre secteur porteur : l’agriculture et l’industrie agroalimentaire dans son ensemble. Aujourd’hui, on a affaire à un forte croissance de la demande de produits alimentaires, du fait de la hausse du revenu dans les grands pays en voie de développement, comme la Chine ou l’Inde. La Russie possède d’immenses surfaces de terres agricoles qui sont loin d’être entièrement exploitées. Il en est de même pour la production de viande, de céréales et même de fruits.

Ainsi, le fabricant de confitures italien ZUEGG a, en 2008, investi 35 millions d’euros dans une société installée dans l’oblast de Kalouga. Aujourd’hui, son entreprises emploie 70 personnes, génère 10-12 millions d’euros de chiffre d’affaire et vend ses produits en Russie mais aussi au Kazakhstan.

La réussite d’une telle affaire dépend beaucoup des autorités locales. Dans le cas précis de Kalouga, l’administration a montré un réel effort et a aménagé des zones industrielles attractives avec une bonne infrastructure (gaz, électricité, eau et accès au transport). L’investisseur peut ainsi louer ou acheter un espace pour son activité sans dépense supplémentaire. D’autres régions, comme l’oblast d’Oulianovsk ont emboîté le pas au modèle de Kalouga.

Investir en Russie est rentable car la conjoncture actuelle est favorable. Tandis que les pays développés stagnent, la Russie est toujours en croissance. Prenons le Japon, pays développé avec un taux de croissance qui oscille autour des 1% par an. Les entreprises présentes dans ce pays ne pourront pas se développer plus, sur un marché intérieur déjà saturé. En Russie, le taux de croissance prévu pour 2013 est de 3-4%. Bien qu’ayant diminué après la crise, il reste supérieur à celui des pays de l’UE.

Par ailleurs, la Russie représente un marché immense et possède de nombreuses niches qui offrent un perspective de croissance à deux chiffres pour les années viennent. Ce marché va forcément être rentable et assurer des  consommateurs potentiels. Bien sûr, il existe le revers de la médaille : les risques liés au mauvais fonctionnement des institutions publiques et de la législation.

Ainsi, pour entrer sur le marché russe, il faut être attentif non seulement aux critères matériels (possibilité de trouver des cadres qualifiés, accès aux transports, demande du marché), mais aussi vérifier le bon fonctionnement des autorités administratives et le climat des affaires de la région.

À cette fin, le gouvernement russe a mis en place en 2011 l’Agence des initiatives stratégiques, un organisme spécial pour améliorer les conditions de travail en Russie et rendre le marché attractif pour les investisseurs étrangers.

Andreï Iakovlev, recteur de la Haute Ecole d’économie, directeur de l’Institut d’analyse des entreprises et des marchés.

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