Sergueï Korolev, l’homme qui a ouvert les portes de l’espace à l’humanité

Libéré sur ordre de Staline en 1944, Sergueï Korolev est désigné deux ans plus tard constructeur en chef de missiles balistiques de longue portée à Kaliningrad (aujourd’hui rebaptisée Korolev en son honneur), dans la région de Moscou. Sur la photo : Sergueï Korolev le jour du premier vol spatial habité.

Libéré sur ordre de Staline en 1944, Sergueï Korolev est désigné deux ans plus tard constructeur en chef de missiles balistiques de longue portée à Kaliningrad (aujourd’hui rebaptisée Korolev en son honneur), dans la région de Moscou. Sur la photo : Sergueï Korolev le jour du premier vol spatial habité.

RIA Novosti
Le 12 janvier 2017 a marqué le 110e anniversaire de la naissance de Sergueï Korolev, homme qui a permis à l’humanité à réaliser le rêve spatial. C’est à cet ingénieur soviétique, qui a failli périr dans un camp stalinien, que l’on doit la conception des premiers vaisseaux spatiaux pilotés et fusées porteuses.
C’est ainsi que Sergueï Korolev s’engage sur la voie qui le conduira des années plus tard à devenir le constructeur en chef des premiers appareils spatiaux. En 1924, il entre à l’Institut polytechnique de Kiev, puis poursuit ses études à l’École technique d'État de Moscou Bauman, où il rédige sa thèse sous la direction du légendaire concepteur et constructeur aéronautique Andreï Tupolev.  Sur la photo : Sergueï Korolev et le constructeur Boris Tcheranovsky, 1929.
Sergueï Korolev conjugue ses études avec un travail dans un bureau de construction et s’impose rapidement comme un constructeur aéronautique et inventeur de talent. De 1927 à 1930, il participe à des compétitions de planeursen Crimée, présentant ses appareils sans moteurs, dont le SK-1 Koktebel et le SK-3 Etoile rouge, destiné aux acrobaties aériennes. Sur la photo : Sergueï Korolev et sa première épouse, Xenia Vincentini.
Au cours de l’année 1930, M. Korolev commence à s'intéresser à l'utilisation de carburant liquide pour la propulsion par moteur-fusée, technologie qu’il souhaite appliquer à la propulsion des avions. Afin d’éveiller dans le pays l’intérêt pour les technologies réactives, il crée en 1931 avec l’inventeur Friedrich Zander le GIRD, premier institut de recherche soviétique à effectuer un travail de pionnier sur les fusées. Korolev travaille sur un missile de croisière avant d'en prendre la direction. En 1933, le GIRD fusionne avec un laboratoire de recherche militaire, donnant naissance à l’Institut de recherche scientifique sur les moteurs à réaction RNNI. Korolev y travaille sur le projet de « missile de croisière » et d'avion-fusée RP-318-1. Sur la photo : Membres de l'Académie des sicènces d'URSS Sergueï Korolev, Igor Kourtchatov, Mstislav Keldych et  Vassili Michine.
Il développe la série de missiles R à partir du V2 allemand. Les versions se succèdent pour voir apparaître le R-5M, premier missile à avoir la capacité de lancer une arme nucléaire, et le R-7, missile balistique intercontinental. Le 4 octobre 1957, ce même R-7 place le premier satellite artificiel en orbite autour de la Terre et l’humanité entre dans l’ère de l’astronautique appliquée. Sur la photo : avec un chien qu'il enverra dans l'espace, août 1960.
D’abord, les fusées conçues par le constructeur acheminent dans l’espace des animaux, dont les célèbres chiennes Belka et Strelka. Le 12 avril 1961, à bord du vaisseau Vostok-1 mis au point par l’équipe de Sergueï Korolev, Iouri Gagarine effectue le premier voyage dans l’espace. Après ce succès, il pense à la conception d’une station orbitale et planche sur un programme d’expédition lunaire habitée. Mais son décès en 1966 met un point final à la réalisation de ce projet par l’URSS. Sur la photo : avec Iouri Gagarine, 1961.
Sergueï Korolev, Iouri Gagarine et leurs épouses Nina Koroleva et Valentina Gagarina, mai 1961.
L’homme qui entrera dans l’histoire comme le fondateur du programme spatial soviétique est né le 12 décembre 1907 à Jitomir (Empire russe, aujourd’hui territoire de l’Ukraine) dans une famille russo-ukrainienne. Sergueï n’avait que trois ans lorsque ses parents ont divorcé. Ce drame familial a joué un rôle important dans la future carrière du garçon. C’est son beau-père, lui-même ingénieur, qui a distingué chez le petit Sergueï un penchant pour l’aéromodélisme. Pour développer ce talent, il ne tarde pas à l’inscrire dans un atelier spécialisé. Sur la photo : Sergueï en 1912.
Les purges staliniennes n’épargnent pas les membres du RNII. Suite à une fausse dénonciation, Sergueï Korolev est condamné à 10 ans de détention pour appartenance à une « organisation de nuisance trotskiste ». Korolev est envoyé au goulag dans la Kolyma (Extrême-Orient russe). Il faudra attendre deux ans avant qu’il ne soit transféré, non sans l’insistance deTupolev, lui aussi prisonnier, dans un laboratoire-prison où il poursuivra son travail et prendra une part active à la conception des bombardiers Tu-2 et Pe-2. Toujours pendant sa détention, il travaille sur un nouvel appareil, une fusée destinée à des vols dans la stratosphère. Sur la photo : Sergueï Korolev après l'arrestation.
On dit que c’est la rencontre avec Konstantin Tsiolkovsky, père fondateur de l'astronautique, qui a pousséle jeune constructeur à porter son regard au-delà des limites de notre planète. En 1929, il se serait rendu chez le théoricien pour le consulter au sujet de ses planeurs, mais ce dernier lui aurait conseillé de se focaliser plutôt sur le problème du vol spatial. Si l’existence de cette rencontre n’a jamaisété confirmée, nous savons toutefois que les œuvres de Tsiolkovsky sur les vols vers d’autres planètes ont profondément impressionné Sergueï Korolev.  Sur la photo : dans le cockpit du planeur Koktebel.