Gros plan sur les miniatures de Palekh

Situé à seulement quatre cents kilomètres de Moscou, le village de Palekh est difficile d’accès. Le voyage en voiture pour s’y rendre prend environ dix heures ; la durée d’un vol Moscou-Pékin.

Fort d’une population de 6000 habitants, Palekh peut s’enorgueillir de compter parmi eux pas moins de six cents artistes qui se transmettent le secret de leur art de génération en génération.

Le village a été fondé au XVe siècle. Sur les berges de la pittoresque rivière Palechka, s’est progressivement développé un hameau habité par des peintres d’icônes très connus à la cour du tsar. Ils peignaient de magnifiques icônes riches d’infimes détails.

Leurs travaux peuvent être admirés dans les églises du Kremlin à Moscou et dans le monastère de la Trinité-Saint-Serge. En 1882, les Beloussov, une famille de peintres d’icônes originaire de Palekh, ont décoré le Palais à Facettes du Kremlin.

Après la révolution bolchevique de 1917, les peintres d’icônes ont été obligés d’utiliser leur talent différemment. Ils ont commencé à décorer des cuillères en bois, des poupées gigognes (matriochkas), des boîtes, des plats, etc.

Cette tradition menaçait de disparaître, mais ces artistes ont réussi à l’adapter en développant un nouveau style. Lors d’une exposition en 1923, la coopérative de Palekh a montré plusieurs de leurs petits coffrets et bois et plats décorés de motifs inspirés des chansons traditionnelles russes.

Cela a été une véritable renaissance. Le travail des maîtres de Palekh a commencé à s’exporter ce qui a permis de ramener à l’État soviétique des devises fortes. Ils ont même remporté des prix à l’Exposition universelle de Paris.

En 1928, ils ont commencé à enseigner leur art à de jeunes artistes pour que ceux-ci puissent prendre la relève. En 1935, le musée de Palekh a été créé. Il abrite aujourd’hui une collection inestimable d’icônes, de miniatures laquées, de dessins et de peintures.

Les motifs de ces miniatures sont habituellement tirés de la vie quotidienne, des classiques de la littérature, des contes, des poèmes et chansons traditionnels. En général, le dessin est réalisé en or sur un fond noir.

Tout est fait à la main. Toutes les boîtes doivent être huilées, enduites d’un apprêt, rendues étanches et peintes avec une laque noire à l’extérieur et un émail rouge à l’intérieur ; ensuite, elles sont séchées et décorées. A Palekh, on ne fait pas de copie, chaque objet est unique. Le polissage final est fait avec la paume de la main ce qu’il rend l’objet véritablement unique. Les miniatures ne peuvent pas être agrandies, ainsi, lorsqu’ils travaillent, les artistes utilisent des lunettes grossissantes.

De 80 à 90 pour cent des objets vendus sur le marché dits de Palekh sont des faux. La loi contre la contrefaçon ne fonctionne pas. Les magasins de souvenirs achètent à des artistes des objets qui, selon les spécialistes, ne passent pas la barre.

Aujourd’hui, un dixième des habitants de Palekh est diplômé de l’École des arts de Palekh ; seize étudiants en sortent diplômés chaque année. Il existe seulement deux écoles de ce type dans toute la Russie.

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