Cap sur le renouveau agricole russe

Dmitri Divine / Aliona Repkina
Nommé en 2015 à la tête du ministère de l’Agriculture, Alexandre Tkatchev estime qu’il faudra entre deux et trois ans pour atteindre un niveau d’autosuffisance de 90% en produits russes. La substitution aux importations reste l’une des priorités stratégiques fixées par les autorités du pays.

Crédit : Dmitri Divine / Aliona Repkina. Source : Service fédéral des Douanes, centre analytique SoveconCrédit : Dmitri Divine / Aliona Repkina. Source : Service fédéral des Douanes, centre analytique SoveconCertains experts du marché notent que les délais annoncés par le ministre paraissent ambitieux, sachant qu’il est impossible, par exemple, de rendre un nouveau verger exploitable en trois ans. Certes, des progrès ont déjà été observés et les importations de certains produits alimentaires, notamment des viandes, ont considérablement diminué. Mais indépendamment de l’augmentation de la production locale, la diminution de la consommation provoquée par la crise joue aussi un rôle, selon le centre analytique Sovecon.

L’industrie alimentaire attire de nombreux entrepreneurs. Toutefois, le lancement de nouveaux projets est encore freiné par le manque d’emprunts à long terme. Les taux d’intérêts bancaires étant élevés, , les financements sont trop onéreux. L’élargissement de la marge des agriculteurs sera absorbé par le renchérissement des équipements importés, estime Daria Snitko, analyste chez Gazprombank.

Selon elle, dans le contexte actuel, la production de légumes est le segment le plus attractif, car son cycle de rentabilité est court et les financements sont plus faciles à obtenir. Parmi les autres domaines prometteurs, on relève la production de fromages (les investissements sont rentabilisés en 3-4 ans), de graines, l’élevage et la transformation de poissons.

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