Russie, Belgique : les chefs de la diplomatie évoquent les dossiers internationaux et les liens bilatéraux

Crédit : EPA

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Les ministres des Affaires étrangères russe et belge, Sergueï Lavrov et Didier Reynders, se sont entretenus jeudi dans la capitale russe sur les questions d’ordre international et bilatéral.

Relations internationales

Passant en revue la situation sur la scène internationale, les ministres ont confirmé leur inquiétude commune face à la dégradation de la situation dans une série de pays arabes.

« Tout comme la Belgique, nous sommes préoccupés par la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord - en Irak, en Libye, en Syrie et au Yémen – notamment dans le contexte de l’activité des groupes terroristes dans la région », a déclaré le chef de la diplomatie russe lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la rencontre.

Les parties ont en outre abordé l'accord sur le nucléaire iranien conclu récemment à Lausanne, en Suisse, et ont espéré que cette entente entre Téhéran et les Six médiateurs internationaux (Russie, États-Unis, France, Chine, Grande-Bretagne et Allemagne) aboutirait à une solution définitive.

Le conflit ukrainien a occupé une place à part lors des négociations entre les chefs de la diplomatie des deux États. Didier Reynders, également président du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la rencontre au « format normand » (Russie, France, Ukraine, Allemagne) prévue le 13 avril prochain au niveau des chefs de la diplomatie, débouche sur des démarches concrètes susceptibles de favoriser la réalisation des ententes de Minsk.

Selon l’homme politique belge, un rôle devrait être réservé au Conseil de l’Europe qui souhaite garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine.

« On voudrait par ailleurs voir comment nous pouvons du point de vue pratique favoriser des reformes en Ukraine, et ici la Commission de Venise du CE pourrait jouer un rôle actif, car il s’agit de la décentralisation du pouvoir et de réformes constitutionnelles », a déclaré M.Reynders, dont les propos ont été retraduits du russe.

Et d’ajouter que le Conseil de l’Europe pouvait contribuer à l’échange de prisonniers de guerre entre les parties en conflit dans le Donbass.

En évoquant le partenariat international, le ministre russe Sergueï Lavrov a indiqué que 25 programmes de coopération entre la Russie et le CE allaient être prochainement approuvés.

Il s’agit notamment de la ratification d’une Convention du Conseil de l’Europe relative à la lutte contre les médicaments contrefaits et de la signature d’un protocole sur la lutte contre le problème des terroristes étrangers.

Sergueï Lavrov a rappelé que la Russie n’était pas l’initiatrice de la dégradation des relations avec le CE, mais était prête à œuvrer sur leur amélioration.

Relations bilatérales

La réunion de la commission intergouvernementale russo-belge a été reportée, mais Bruxelles espère la tenir en février prochain, a déclaré Didier Reynders, soulignant l'intérêt des milieux d'affaires belges pour la coopération avec les entrepreneurs russes.

M.Lavrov a confirmé que le développement de ces relations servait les intérêts des deux pays, tout en constatant que le partenariat économique bilatéral reculait en raison des problèmes entre la Russie et l'Occident apparus sur fond de la crise en Ukraine.

« Les milieux d'affaires manifestent un intérêt direct pour le développement des relations économiques et commerciales. Pour le moment, nos relations commerciales sont affectées ; le volume des échanges commerciaux diminue pour la deuxième année consécutive », a expliqué le chef de la diplomatie russe.

M. Lavrov a par ailleurs espéré que les milieux d’affaires belges participeraient au Forum économique de Saint-Pétersbourg, prévu en juin prochain. 

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