Dix déclarations de Sergueï Lavrov à Munich

Crédit : Edouard Pessov/MFA Russia

Crédit : Edouard Pessov/MFA Russia

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré samedi lors de la 51ème édition de la conférence de Munich sur la sécurité que le système mondial de sécurité était torpillé depuis longtemps par les démarches des États-Unis, et que la Russie prônait l’unité du peuple ukrainien sur la base d’un dialogue national.

À propos de l’ingérence des États-Unis

La sécurité européenne est torpillée depuis longtemps par les actions des États-Unis et de leurs alliés. (…) À chaque étape de la crise en Ukraine, les États-Unis ont entrepris des démarches qui ne faisaient qu’accroître l’escalade (…). Dans chaque situation complexe, nos collègues américains tentent de rejeter la responsabilité sur la Russie.

À propos du bouclier antimissile en Europe 

Si le projet de la construction d’une « maison commune européenne » a échoué, c’est parce que les partenaires occidentaux n’ont pas été guidés par la volonté de mettre en place une architecture de sécurité transparente ou par le respect des intérêts mutuels, mais par les illusions et la conviction des vainqueurs de la « guerre froide ».

À propos de la Russie et l’Union européenne

Le partenariat entre la Russie et l’Union européenne n’a pas résisté à l’épreuve du temps, (…) l’UE ayant préféré la voie de la confrontation à celle du développement des mécanismes d’un partenariat utile.  

À propos de la prétention des États-Unis à la domination mondiale 

Nous considérons que la course au maintien par tous les moyens possibles de la domination dans les affaires internationales et à la conquête de l’espace géopolitique de l’Europe, menée par nos collègues occidentaux depuis un quart de siècle, a atteint son apogée.

À propos des doubles standards 

Nous ne comprenons pas pourquoi dans le cas de l’Afghanistan, du Yémen ou du Mali, l’Occident exhorte les gouvernements à s’entendre avec l’opposition, et dans certains cas même avec les extrémistes. Cependant, il fait l’inverse à l’égard de la crise ukrainienne et encourage de facto l’opération militaire menée par Kiev, allant même jusqu’à justifier ou à tenter de justifier le recours aux armes à sous-munitions.

À propos de la situation dans le Donbass 

Je ne pense pas que la crise ukrainienne puisse être résolue par la force. Ceci s’est confirmé l’été dernier lorsque la situation sur le champ de bataille a forcé [les parties en conflit, ndlr] à signer les ententes de Minsk. Ceci se confirme aujourd’hui, alors qu’une nouvelle tentative d’arracher une victoire militaire s’enlise.

(…)

La Russie continuera à œuvrer pour que la paix s'instaure en Ukraine. Nous nous prononçons sans relâche pour l'arrêt des hostilités, le retrait des armements lourds et le lancement de négociations directes entre Kiev et [les représentants] de Donetsk et de Lougansk sur les voies concrètes visant à restaurer l’espace politique, économique et social commun dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

(…)

Nous aspirons à ce que le peuple ukrainien restaure son unité, mais ceci doit se faire sur la base d’un dialogue national réel.

À propos de la sécurité commune 

Nous cherchons à comprendre si nos partenaires (États-Unis et UE, ndlr) partagent ce point de vue (sur la « Grande Europe », ndlr) ou s’ils vont poursuivre la politique ciblée sur l’approfondissement du schisme au sein de l’espace européen et sur l’opposition de ses composants. [Nous volons comprendre] s’ils souhaitent mettre en place l’architecture de sécurité avec, sans ou contre la Russie. 

À propos des négociations entre Poutine, Hollande et Merkel 

J’espère très sincèrement que les efforts déployés hier par les présidents russe et français et par la chancelière allemande aboutiront à des résultats qui soient soutenus par toutes les parties en conflit et qui permettent d’apaiser réellement la situation et d’amorcer un dialogue national sur les voies du règlement.

À propos du respect des ententes entre Kiev et les insurgés 

Lorsque les principaux acteurs du processus de Minsk – les autorités de Kiev et les représentants des républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk – parviendront à un accord sur tous les aspects de la mise en place des ententes de Minsk, la Russie, j’en suis persuadé, sera parmi ceux qui se porteront garants ces ententes, que ce soit à l’OSCE ou au Conseil de sécurité de l’Onu. L’Allemagne, la France et d’autres pays seront prêts à fournir de telles garanties.

À propos de l’activité des forces aériennes 

Nous disposons de statistiques montrant que cette activité a augmenté du côté de l'Otan dans une mesure nettement plus importante que du côté de la Russie.

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