Escalade verbale : Vladimir Poutine qualifie les bataillons ukrainiens de « légion de l’OTAN »

Crédit : AP

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Evoquant la crise en Ukraine lors de sa visite du 26 janvier à Saint-Pétersbourg, le président russe Vladimir Poutine a donné une qualification très dure aux bataillons ukrainiens de volontaires, en les traitant de « légion de l’OTAN ». RBTH a suivi l’évolution de la rhétorique du leader russe au sujet des développements en Ukraine au cours de la dernière année.

2 décembre 2013

« Pour ce qui est des développements en Ukraine, cela me rappelle moins une révolution que des pogroms. Et, à mon avis, cela n’a pratiquement aucun rapport avec les relations entre l’Ukraine et l’Union européenne. L’opposition tente de déséquilibrer le pouvoir dans le pays, le pouvoir légitime, je tiens à le souligner. »

4 mars 2014

« Il n’y a qu’une seule appellation [des événements de Kiev, ndlr] : c’est un coup d’État anticonstitutionnel et une prise de pouvoir par les armes. »

17 avril 2014

« Pour ce qui est des candidats à la présidence, vous savez comment se déroule la course présidentielle. Son développement est absolument intolérable, ses formes sont absolument inacceptables. Si les événements suivent le cours actuel, nous ne pourrons sûrement pas qualifier de légitime tout ce qui se passe, tout ce qui se passera après le 25 mai. »

6 juin 2014

« Je pense que ce doit être fait immédiatement : il faut arrêter l’opération punitive dans le sud-est de l’Ukraine. C’est seulement ainsi qu’il est possible de former des conditions pour entamer des négociations réelles avec les partisans de la fédéralisation. »

22 juin 2014

« Le fait que le président Petro Porochenko ait annoncé la trêve est sans aucun doute un point important, voire l’un des plus importants, du règlement définitif. Sans cela, il est impossible de s’entendre sur quoi que ce soit. Et il est évident que la Russie soutiendra ces intentions. »

21 juillet 2014

« Nous avons appelé à plusieurs reprises les parties au conflit à cesser immédiatement l’effusion de sang et à passer à la table des négociations. Il est certain que si les hostilités dans l’est de l’Ukraine n’avaient pas repris le 28 juin, la tragédie [du Boeing malaisien, ndlr] ne serait probablement pas arrivée. Dans le même temps, personne ne doit ni n’a le droit de mettre à profit ce drame pour atteindre des objectifs politiques égoïstes. »

12 septembre 2014

« Vous savez, il me vient dans la tête une idée mutine selon laquelle l’Ukraine n’intéresse personne, mais sert uniquement d’instrument à détraquer les relations internationales. »

14 octobre 2014

« Le plus grand drame, c’est l’isolement des peuples ukrainien et russe. C’est ça la plus grande tragédie. Et bien que les problèmes soient aujourd’hui nombreux, il est indispensable de chercher pour  trouver une issue à cette situation. »

24 octobre 2014

« Je crois que c’est Dominique [de Villepin, ex-Premier ministre français, ndlr] qui a cité la crise ukrainienne comme raison de la détérioration des relations internationales. Bien sûr, cette crise en est une raison, mais pas la raison numéro un. La crise en Ukraine est une dérivée de la rupture de l’équilibre dans les relations internationales. »

17 novembre 2014

« Je vais vous le dire franchement : nous sommes préoccupés par une éventuelle montée de l’envie d’organiser des nettoyages ethniques, nous craignons que l’Ukraine ne plonge dans le néonazisme. Que penser si certains arborent la croix gammée sur leur manche ? Ou si des insignes SS ornent les casques de certaines unités qui combattent actuellement dans les régions orientales de l’Ukraine ? Si c’est un pays civilisé, que fait le pouvoir ? »

26 janvier 2015

« Nous parlons souvent de l’armée ukrainienne. Mais en réalité, qui est-ce qui combat ? Effectivement, il s’agit en partie d’unités officielles des forces armées, mais également de bataillons nationalistes de volontaires. En réalité, ce n’est même pas une armée, c’est une légion étrangère, en l’occurrence une légion étrangère de l’OTAN, qui ne s’occupe sûrement pas des intérêts nationaux de l’Ukraine. Les objectifs sont tout autres, ce sont des objectifs géopolitiques de dissuasion de la Russie, ce qui ne coïncide en aucun point avec les intérêts nationaux du peuple ukrainien. »

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