Bombardement de Marioupol : revue de la presse russe du 26 janvier

Crédit : PhotoXPress

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Samedi, des quartiers résidentiels de la ville ukrainienne de Marioupol ont été la cible de bombardements menés au lance-roquettes multiples Grad. Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est empressé d’imputer la responsabilité de ce pilonnage, qui a fait trente victimes, aux insurgés et d’accuser Moscou de soutenir ces derniers. Les autorités américaines ont promis d’accroître les pressions sur la Russie en élargissant les sanctions décrétées contre le pays. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réuniront en urgence cette semaine pour examiner la question. De leur côté, les forces d’autodéfense populaire parlent d’une nouvelle provocation de Kiev.

Selon le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, la tragédie de Marioupol a modifié la situation dans le Donbass. Avant samedi dernier, cette agglomération pro-Kiev située sur la côte de la mer d’Azov était épargnée par les combats.

La Rada suprême (parlement ukrainien) se prépare à tenir une réunion d’urgence au cours de laquelle les députés pourraient décider d’introduire la loi martiale dans cette région du sud-est de l’Ukraine. La décision dépend des résultats de la réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine (SNBO) tenue dimanche soir et des consultations avec l’Otan prévues lundi à l’initiative de la partie ukrainienne.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavel Klimkine s’est dit indigné par l’absence de toute réaction de la part de Moscou. « Pourquoi Moscou ne se prononce pas sur les crimes perpétrés par des terroristes à Marioupol ? Ni déclaration officielle, ni condamnations, ni condoléances n’ont suivi », a-t-il déclaré.   

Le quotidien Vedomosti confirme que la tragédie de Marioupol pourrait constituer un tournant décisif dans l’évolution de la situation dans le Donbass. La communauté internationale continue à appeler Moscou à cesser son soutien aux « séparatistes ». La Russie risque de devenir, aux yeux de cette dernière, un des principaux « sponsors du terrorisme ».

Les insurgés du Donbass nient de leur côté toute implication dans le pilonnage et déclarent ne pas disposer d’armements capables de lancer une attaque d’une telle envergure, rapporte le quotidien RBC Daily.

Cependant, le journal souligne que le chef de la République autoproclamée de Donetsk (DNR), Alexandre Zakhartchenko, a déclaré vendredi soir que la DNR renonçait à toutes les négociations avec Kiev et entamait une offensive. Par la suite, une source au sein du ministère de la Défense de la république autoproclamée a annoncé à l’agence Interfax que les premières troupes insurgées étaient entrées dans la ville.

Rossiyskaya Gazeta parle pour sa part d’une nouvelle provocation de Kiev, à qui la communauté internationale garantit la présomption d’innocence. Les informations concernant des tirs perpétrés dimanche contre la 28ème brigade motorisée des Forces armées ukrainiennes, que les troupes de Kiev ont prise pour des insurgés, sont passées inaperçues. Et pourtant, ce tir venait précisément de la direction depuis laquelle, selon Kiev et l’OSCE, les insurgés auraient pilonné la ville.

Cité par le quotidien, le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, a souligné que le bombardement de la ville de Marioupol était survenu à la veille d’une réunion de l’APCE et que la situation « serait très délicate » pour la Russie. 

Les experts cités par le quotidien Kommersant indiquent que les relations entre la Russie et l’Occident sont une nouvelle fois mises à l’épreuve. Si encore récemment, l’UE évoquait la possibilité d’alléger en mars les sanctions décrétées à l’encontre de Moscou, cette question ne devrait plus se poser après le pilonnage de Marioupol. Des sources du quotidien au sein de Département d’État n’excluent pas la déconnection de la Russie du réseau bancaire international SWIFT. 

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