La Russie et la France ont appelé à une trêve dans le Donbass

La rencontre des présidents François Hollande (à g.) et Vladimir Poutine s'est déroulée à l'aéroport gouvernemental Vnoukovo-2 de Moscou. Crédit : Alexeï Droujinine/RIA Novosti

La rencontre des présidents François Hollande (à g.) et Vladimir Poutine s'est déroulée à l'aéroport gouvernemental Vnoukovo-2 de Moscou. Crédit : Alexeï Droujinine/RIA Novosti

Le 6 décembre dernier, les présidents russe Vladimir Poutine et français François Hollande ont organisé une rencontre impromptue à l’aéroport de Moscou où le dirigeant français s’est rendu après son voyage au Kazakhstan. Au cœur des discussions – l’Ukraine où les combats entre les troupes gouvernementales et les insurgés ont repris ces derniers temps. Les dirigeants russe et français ont appelé à une désescalade rapide du conflit et au respect des accords de Minsk.

« Nous avons échangé des informations sur la situation en Ukraine », a déclaré le président russe. Il a expliqué que « la France et la Russie appellent à cesser immédiatement toute effusion de sang, à chercher des moyens de se rapprocher, notamment sur la question du rétablissement de l’espace politique unique (en Ukraine) ».

« Bien entendu, nous avons parlé de la nécessité de rétablir les liens économiques entre le sud-est de l’Ukraine et le reste du territoire, car les deux parties ont besoin l’une de l’autre. En effet, à l’origine, l’énergie ukrainienne s’appuyait en grande partie sur le charbon de l’est, il faut enfin rétablir les liens économiques, faire circuler ce combustible vers l’ouest pour le récupérer sous la forme d’énergie électrique. Il faut rétablir le fonctionnement régulier des institutions financières », a souligné Poutine.

Auparavant, le président ukrainien Petro Porochenko avait donné l’ordre d’évacuer toutes les institutions publiques, les tribunaux et les détenus de la zone de l’opération spéciale dans le Donbass et de suspendre le service des comptes bancaires. En outre, il avait chargé le gouvernement d’élaborer un système de prépaiement pour les consommateurs de l’énergie, en vigueur depuis le 1er décembre. Les autorités ukrainiennes avaient établi des mesures drastiques de blocus financier et économique dans le Donbass en réponse aux élections organisées dans les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk que Kiev a refusé de reconnaître.

À l’issue de la rencontre avec son homologue russe, annonce TASS, le président français François Hollande a déclaré aux journalistes : « il faut utiliser tous les moyens existants pour mettre fin à la crise en Ukraine… Avec le président Poutine nous partageons l’objectif important de parvenir à la désescalade. Nous estimons qu’aujourd’hui, la désescalade est possible. L’instrument dont nous disposons pour cela est la voie du respect des accords de Minsk. Je rappelle que c’est la France, avec l’Allemagne, qui a initié ce processus en Normandie » (propos retraduits du russe, ndlr).

Sur la crise ukrainienne

Poutine a souligné que la Russie et la France appellaient à un cessez-le-feu immédiat en Ukraine dans l’espoir de mettre rapidement fin à la violence.

Le dirigeant russe a reconnu que « Kiev comme Donetsk et Lougansk ne respectent pas tous les accords de Minsk ». Il a, toutefois, exprimé l’espoir de voir les parties parvenir à un compromis, sachant qu’elles se sont déjà accordées sur le retrait de l’artillerie et des lance-roquettes de la ligne de front.

« La situation (en Ukraine) est tragique, nous voyons que des gens y périssent encore, j’espère vraiment qu’une décision finale sur un cessez-le-feu sera prise très prochainement », a déclaré Poutine. Il a également souligné le besoin d’organiser un échange de prisonniers et de mettre fin au blocus du sud-est du pays.

« Je pars du principe qu’il faut rétablir la vie économique et exclure toute forme de blocus de cette région de la vie pratique, faute de quoi il est difficile d’imaginer le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays », a déclaré le président russe Vladimir Poutine.

Le 6 décembre, le président du Conseil populaire de la République populaire autoproclamée de Donetsk Andrei Pourguine a déclaré que la trêve dans le Donbass serait instaurée par étape. « Nous avons un algorithme qui fonctionnera par étape. Le retrait de l’artillerie lourde est la première étape, la plus importante. Les autres suivront », a déclaré Pourguine aux journalistes.

Officiellement, la trêve a été instaurée dans le Donbass le 5 septembre, elle est le fruit des accords de Minsk. Pourtant, en réalité, les bombardements continuent et la trêve actuelle est assez conditionnelle.

Les parties espèrent désormais une trêve réelle à partir du 9 décembre. Le chef de l’administration du président ukrainien Valeriy Chaly a, notamment, déclaré le 5 décembre que cette date pourrait être le départ du processus de paix dans le Donbass qui pourrait être suivie du retrait de l’artillerie lourde.

Pas un mot sur les Mistral

Dans ses discussions avec Hollande, Poutine n’a pas soulevé la question des livraisons des Mistral. « Nous n’avons pas parlé des Mistral, nous ne les avons même pas mentionnés », a-t-il indiqué.

Le président russe a rappelé : « il existe un contrat, c’est un document juridique ». « Nous partons du principe que ce contrat sera respecté ». « Sinon, (si la France ne respecte pas le contrat), nous n’aurons pas de griefs particuliers non plus, mais nous espérons, bien sûr, récupérer le montant que nous avons payé », a souligné Poutine.

Source : TASS , Newsru.com

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