La presse russe du 21 juillet sur les évènements en Ukraine

Crédit : Andreï Stenine/RIA Novosti

Crédit : Andreï Stenine/RIA Novosti

La presse russe continue à analyser les conséquences du crash du Boeing sur le territoire ukrainien.

Kommersant

Le quotidien Kommersant écrit que la tragédie de l’avion de ligne malaisien n’a pas mis fin aux combats dans l’est du pays : seule une petite zone où s’est produit le crash fait l’objet d’un accord de cessez-le-feu entre les troupes ukrainiennes et les insurgés locaux.

Par ailleurs, les parties ne sont pas parvenues à s’accorder sur un cessez-le-feu complet, précise le quotidien. Les experts de Kommersant estiment que l’opération militaire de l’armée ukrainienne « n’affiche pas le succès que rapporte son commandement ». Les principaux problèmes, d’après le quotidien, se concentrent précisément dans le secteur sud « où Kiev espère remporter la victoire finale ».

Suite aux opérations des insurgés, le groupement armé ukrainien qui avait tenté de couper les républiques autoproclamées de la frontière russe s’est retrouvé lui-même encerclé, explique Kommersant à ses lecteurs. Le groupe encerclé pourrait être sauvé par un cessez-le-feu dans toutes les zones de combat, estime le quotidien, mais les commandants des insurgés le comprennent également. « Visiblement, c’est pour cela qu’ils ont jusqu’ici toujours rejeté les appels de la partie ukrainienne et des médiateurs étrangers à instaurer une trêve durable », suggère le quotidien.

kommersant.ru

Nezavissimaïa Gazeta

« Le monde est au seuil de la plus importante aggravation de la situation politique de ces dernières décennies », écrit Nezavissimaïa Gazeta. L’auteur de l’article estime que l’avion de ligne malaisien abattu « est déjà devenu le prélude d’une nouvelle guerre froide ».

Selon Nezavissimaïa Gazeta, les faits dont nous disposons à ce jour indiquent que les parties disposent de systèmes Bouk des deux côtés de la frontière russo-ukrainienne dans la région en guerre. Le quotidien précise que ces équipements ne peuvent abattre des cibles aériennes qu’à une distance de moins de 50 km. « Comme le Boeing abattu est tombé à 50 km de la frontière russo-ukrainienne, nous pouvons exclure que la cible ait été abattue depuis le territoire russe », conclut le quotidien.

Le quotidien rappelle que Kiev ne nie pas la présence de systèmes Bouk à la frontière russo-ukrainienne : les systèmes ukrainiens de défense anti-missile visaient probablement à empêcher la Russie d’effectuer des vols de reconnaissance aérienne. C’est pourquoi le Boeing malaisien aurait pu être confondu avec un avion de l’Armée de l’air russe, estime Nezavissimaïa Gazeta.

En outre, le quotidien estime que l’utilisation du système Bouk par les séparatistes est peu probable, car seuls des professionnels qualifiés sont capables de manipuler de telles armes. La plupart des experts de Nezavissimaïa Gazeta s’accordent à dire que l’avion civil a probablement été abattu accidentellement. « Il s’agit, sans doute, d’une attaque non coordonnée avec le commandement suprême, très angoissé à l’idée que la vérité soit établie. Le soutien aux assassins de civils ne laisse aucune chance politique de conserver sa réputation à l’échelle internationale », estime le quotidien.

ng.ru

Expert

Le journal Expert fournit un récit détaillé des opérations de recherche dans la zone du crash de l’avion malaisien. Le quotidien annonce également que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer, dans les tout prochains jours, sur un projet de résolution condamnant la destruction du Boeing 777. Le projet de résolution n’appelle pas seulement à « une enquête internationale complète, minutieuse et indépendante conforme aux normes de l’aviation civile », mais énumère également ses conditions à l’égard des insurgés, les appelant à « s’abstenir de toute opération qui pourrait mettre en péril la zone du crash ». Le quotidien précise qu’à leur tour, les insurgés de la république populaire de Donetsk protègent, depuis trois jours, la zone du crash aérien et assurent la sécurité des observateurs de l’OSCE qui travaillent sur place.

expert.ru

Vzgliad

Les experts interrogés par le journal Vzgliad ont expliqué que « les dirigeants ukrainiens et occidentaux s'appuient sur des fausses informations concernant le crash du Boeing malaisien ». L’enquête sur le drame de l’avion malaisien abattu dans le ciel ukrainien n’est pas terminée, écrit le quotidien, mais les dirigeants de l’Ukraine et d’autres pays s'empressent d'accuser les insurgés et la Russie sur la base de vidéos publiées sur Internet et de conversations entre les insurgés qui auraient été interceptées. 

Les experts précisent que les auteurs de ces déclarations « se basent sur des faits non-vérifiés, voire grossièrement falsifiés ». « La tragédie du Boeing abattu en Ukraine a poussé les allégations infondées des officiels à un niveau inédit. Sans la moindre enquête ou expertise, les autorités ukrainiennes ont empilé de nombreuses preuves de l’implication des insurgés du sud-est dans l’accident », explique le quotidien à ses lecteurs. En outre, Vzgliad souligne que Kiev assure que le système sol-air Bouk qui aurait servi à abattre l’avion a été transmis aux insurgés par la Russie et rendu à cette dernière après le drame.

vz.ru

Moskovski Komsomolets

Le quotidien Moskovski Komsomolets cite la déclaration spéciale de Vladimir Poutine au sujet de l’avion malaisien. Le quotidien écrit que le président russe a appelé tous les belligérants à cesser l’effusion de sang et à se mettre à la table de négociations. Il estime que le crash de l’avion avec 298 passagers à son bord ne se serait pas produit si les opérations militaires n’avaient pas repris dans l’est de l’Ukraine. « Nous pouvons dire avec certitude que si les opérations militaires n’avaient pas redémarré dans l’est de l’Ukraine le 28 juin, cette tragédie n’aurait sans doute pas eu lieu. Toutefois, personne ne doit utiliser cette tragédie pour parvenir à ses fins politiques égoïstes. De tels événements doivent unir les gens et non les diviser », déclare Vladimir Poutine cité par Moskovski Komsomolets.

mk.ru

 

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